Festivals d'été: Rien n’a changé vraiment !

Les rideaux s’apprêtent à baisser sur les festivals d’été. Cette deuxième version post-révolution, beaucoup de gens l'attendaient avec impatience et surtout celle de Carthage. Vu que le ministre de la Culture, par ses déclarations tonitruantes, avait créé un tollé énorme, après avoir manifesté son désir de nettoyer ce festival. Et de redorer le blason de cette manifestation qui

ne cessait, au temps de l’ancien régime, de se départir de sa ligne de conduite et de ses objectifs fondamentaux.

Seulement voilà, le changement tant attendu n’a été que de la poudre aux yeux. Le festival international de Carthage version 2012, et les autres festivals internationaux  ont presque été les mêmes que les précédentes, à quelques détails près. Du point de vue de l’organisation, de la programmation mais aussi des mentalités qui n’ont pas évolué.

Ceux qui, sous l’ancien régime, accaparaient l’organisation des festivals avec tous les avantages et les passe-droits, semblent revenus à la charge. On a l’impression que les anciennes méthodes sont toujours de mise.

Ces imprésarios véreux proches ou associés des Trabelsi, qui faisaient venir les artistes étrangers à coups de liasses d’euros ou de dollars n’ont pas quitté la scène. Pire encore, certains d’entre eux qui avaient pris leurs cliques et claques pour aller à l’étranger dans l’espoir d’échapper aux poursuites sont revenus de force. Et ont repris leurs activités douteuses dans l’impunité la plus totale.

Pire encore, pour ne pas attirer l’attention des observateurs et des médias, ces « dealers » n’ont pas hésité à se servir d’autres imprésarios en mal de reconnaissance ou en faillite, comme prête-noms.

Même au niveau du ministère de la Culture, certaines pratiques continuent à avoir la peau dure. Les responsables qui organisaient chaque année à grands frais les festivités du 7 novembre  sont toujours là en train de faire la pluie et le beau temps.

Et comme à l’accoutumée, le favoritisme que l’on croyait à jamais banni du vocabulaire refait surface. Les vieux réflexes autoritaristes commencent à nous rattraper.

Il suffit de faire un tour du côté des festivals, rares  parmi les personnes haut placées surtout parmi les responsables de la sûreté qui ont la conscience de prendre leur ticket. Bénéficiant d’une gratuité tacite, ils font entrer tous les membres de la famille et même les voisins, attitude qui grève sérieusement le budget des festivals qui se retrouvent avec des manques à gagner préjudiciables à leur bon fonctionnement. Une attitude mesquine en cette période de vaches maigres où l’Etat ne sait plus où donner de la tête !

Côté artistes, le constat est pratiquement le même. Nombre d’artistes tunisiens qui ont dormi sur leurs lauriers, des mois durant, remuent ciel et terre pour être programmés quitte à ce que leur prestation soit des plus médiocres.

En clair, les critères de sélection restent toujours discutables. Il en est de même pour la transparence. Rien n’a changé en attendant une réelle volonté de la part du ministère de la Culture pour assainir ce milieu d’une mafia qui l’a pris en otage durant de nombreuses années.

E.O.D.

Commentaires 

#1 Léa Christophines 17-08-2012 17:38
Tant de sacrifices humains au nom de la liberté du peuple Tunisien et rien ne change.... Mais que fait l'Etat? Car n'oublions pas qu'ils ont été choisis par le peuple.
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