Accueil
Chroniques
La peur...pour mieux contrôler !
Chroniques
La peur...pour mieux contrôler ! | La peur...pour mieux contrôler ! |
| 13-04-2008 | |
La peur, avec tout son sens et son non-sens, avec ses fables et ses histoires, occupe une place démesurée dans notre vécu
. Dans notre quotidien ! Ce phénomène psychologique acquis à la naissance était quasiment pathologique durant la période de notre enfance, voire de notre adolescence ! Il l’a été même au-delà de cette période, tant la peur avait été miroitée comme une arme atomique par nos parents, par tous nos aïeuls à dessein de nous imposer un comportement conformiste sous sa menace. Une menace perpétuelle d’un danger réel ou imaginaire prêt à tomber comme un couperet sur nos têtes et à nous frapper sans pitié ni discernement. La peur, par ses fabulations illimitées, s'impose à nous par l’ampleur de ses variétés diverses et ses hiérarchies à géométries variées, qui vont de l’inquiétude à l’anxiété, voire à l’angoisse. Elle est, ce faisant, manipulation continue de notre instinct de conservation ou grégaire, de nos attitudes et comportements. Elle demeure exubérante et largement contagieuse ! La peur peut aussi se transformer en panique par la rapidité de sa communication et l’amplification de ses dévastations rapportées par monsieur tout le monde ! Du fait de sa frayeur ou de sa terreur, véhiculée ou charriée, abstraite ou concrète, elle devient, à force, valeur certaine et pouvoir dictatorial inébranlable ! Nous entendons alors les noms de ces ogres méchants, ces monstres fantomatiques qui nous veulent du mal et nous terrifient par leur pouvoir pernicieux ! Nous nous efforçons dés lors à vouloir mettre, en vain, un visage sur ces figures indéfinissables qui nous hantent de jour comme de nuit en tourbillonnant autour de nos têtes, mais ne ressemblent guère à nos amis illustrés de nos contes ou fables classiques ! Les Ghouls ou Ghoulas (Goules), Dodoma (l’ogresse), Sellab Elkloubs (l’arracheur des cœurs), Azouzet Esttoute (la vielle sorcière), Azouzet El Kaîla (La vielle sorcière de la sieste), se décrivent ainsi pour nous comme étant des monstres avec des images d’avaleur, se caractérisant par la dévoration pure et simple d’enfants ou leur mise dans les gueules effroyables des démons ou des bêtes sauvages à l'affût ! En tous cas ils nous enlèveraient volontiers pour nous emporter loin, très loin dans leurs plus secrètes et effroyables alcôves ! Ces spectres possèdent donc des caractéristiques du mystère, de l’informe, du chaotique, du ténébreux et de l’abyssal ! Ils incarnent la peur et représentent en définitive la menace extérieure ou le péril intérieur participant ainsi l’inhibition craintive de toutes nos propensions juvéniles à la découverte émancipée du monde ! Le nôtre. Ces personnages abscons et inclassables, s’apparenteraient-ils bien aujourd’hui, dans le monde adulte, aux puissants gendarmes et miliciens, aux patrons intraitables, au fameux « On », aux actionnaires exigeants, aux impôts, aux manipulateurs des masses populaires, aux prévisionnistes éhontés qui exacerbent la crainte auprès des sans-emploi, des jeunes et moins jeunes ; des martyrs de la mondialisation décidée en grandes pompes par les seigneurs de la terre ; à foulen (untel) aux pouvoirs absolus et au fameux « bras très long » invisible… Ces spectres d’un genre nouveau, bien installés dans notre cognition nous donnent encore maintenant -par transmission d’idées- les jetons, la « pétoche », le trac, la trouille, les pires frissons, les pires paniques collectives, voire communautaires… Toutes ces images ainsi perverties par nos soins, ne seraient-elles pas, en réalité, celles des pères ou de leurs équivalents qui s’érigent contre nous en épouvantails pour mieux nous contrôler, nous amadouer ou encore nous dicter une conduite standardisée et normalisée ? L’enfant, comme l’adulte lorsqu’ils sont tous les deux acculés, inquiétés et apeurés ne peuvent-ils pas être mieux maîtrisés ou manipulés par leurs tutélaires ou mentors ? Les exemples abondent dans ce sens et leur extrapolation pourrait même atteindre des tribus, des États ou des Nations entières aux prises avec l’immédiateté de la peur ; cet épiphénomène extraordinaire qui a traversé les siècles et les âges sans connaître ni flétrissure ni ternissure ! Hichem Kacem écrivain
|
Rechercher sur EspaceManager
Actualité internationale
Dernières interviews
Le Top 5 des 30 derniers jours
- Feuilleton tunisien: Casting pour une société...
- Tunisie: Cyrine Ben Ali autorisée à lancer la radio Shems FM
- Décès de M. Moncef Kchouk : la Tunisie perd un grand homme
- Présidentielle 2014 en Tunisie: Ben Ali sollicité pour se représenter
- « Tunis Business School », une nouvelle école privée de haut niveau
La peur, avec tout son sens et son non-sens, avec ses fables et ses histoires, occupe une place démesurée dans notre vécu
. 


