Le racisme en Tunisie: entre réalité et déni !
Samedi, 02 Juin 2012 09:59
Les Tunisiens sont-ils racistes ?! C’est la question jusque-là taboue qu’a osé aborder, il y a quelque temps, la chaîne Ettounissya TV à travers un reportage inédit. Le journaliste est parti au fin fond du sud (dans les oasis de Gabès, El Hamma, Jerba…) pour interroger des victimes et tenter de mettre à nu un fléau jusque-là passé sous silence. Les témoignages sont effarants !
De la même manière que Le Pen ne vous dira jamais: « Si si je suis raciste », il est presque difficile, pour ne pas dire utopique, de trouver un citoyen tunisien « blanc » qui vous dira qu’il l’est. Beaucoup de nos concitoyens, par ignorance ou hypocrisie, se contentent d’affirmer le contraire en balayant d’un revers de main ces accusations. Et pourtant !
Et pourtant, il suffit de recenser les attributs réducteurs dont on affuble les Noirs en Tunisie (Guiraguira, kahlouche, abid, guird, oussif, lasmar…) pour se rendre compte de l’évidence. Dans les rues de Tunis, il n’est pas rare d’entendre ces sobriquets jetés dans l’indifférence générale à la figure de tous ceux qui n’auraient pas… le bon teint ! Et ce, sans le moindre complexe, ni la moindre fausse pudeur !
Comme il n’y a pas mieux que la victime pour parler d’un phénomène, Ettounissya est allée rapporter leurs témoignages. C’est sidérant d’entendre ces Tunisiens noirs à part entière dénoncer cette blessure qui les atteint jusqu’au tréfonds de leur âme. Ainsi, chacun, allant de son anecdote et de son vécu, n’hésitait pas à mettre à nu ce racisme primaire, doublé d’une discrimination criarde, dont ils sont l’objet. Quand ce n’est pas dans la violence du verbe, le racisme est ici dans l’attitude, le regard, la petite réflexion…
Mais, depuis la révolution, les langues semblent se délier ! Les sujets tabous d’hier sont désormais étalés sur la voie publique. Il est temps aussi que les Noirs de Tunisie prennent leur destin pour sortir de l'ombre et de l'anonymat socio-politique et ne pas se complaire et accepter cette situation. D’ ailleurs les premières associations et forums contre le racisme et la discrimination commencent même à éclore. Après le groupe « Assurance de la citoyenneté sans discrimination de couleur » sur Facebook, c’est « Adam » qui est maintenant en gestation. C’est donc sur les épaules des intellectuels, en premier, que repose cette lourde tâche, à savoir changer cette image négative du Noir.
Un malaise palpable
Rarement métissée, repliée socialement sur elle-même, la minorité noire de Tunisie est victime de racisme et de discriminations. Presque absents des quartiers chic de Tunis ou de la Marsa, invisibles à la télé, dans l’administration ou dans les hautes sphères de l’Etat, les Noirs souffrent aussi d’un manque de visibilité criard. Dans la plupart du temps, l’intérêt porté aux Noirs en Tunisie est, pour l’essentiel, de l’ordre du folklore: quand ils ne sont pas éboueurs, serviteurs, garçons de café, footballeurs, ils sont souvent exhibés comme des «choses» dans les cérémonies de mariage.
« As-tu déjà vu un Noir ministre, directeur ou responsable important ? », lance cyniquement un des interviewés issus de la minorité noire. La réalité est que dans l’inconscient de nombre de Tunisiens, le noir tunisien (pour ne pas dire le Noir tout court) demeure congénitalement un subalterne. Si ce n’est pas du racisme, qu’on nous dise ce que c’est !?
Par ailleurs, tous ceux qui sont férus du Net et de Facebook ont dû constater la campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux dont a été victime récemment Néjiba Hamrouni, la secrétaire générale du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT).Certaines pages multiplient même les injures ouvertement racistes à l’encontre de la journaliste noire traitée de tous les noms d’oiseaux. On en compte même une avocate «voilée» qui s’est permis de publier des caricatures racistes sur son mur.
Le documentaire, somme toute assez riche, a néanmoins péché par une occultation. En l’occurrence le racisme vis-à-vis des étudiants subsahariens et des employés de la BAD. Si vous saviez ce que subissent ces gens-là dans notre bled, vous en auriez honte ! Vraiment !
Et les Subsahariens dans tout ça !?
Le racisme contre les «Africains» (c’est la dénomination répandue ici, c’est à croire que la Tunisie qui a donné son nom au continent semble se renier) ne cesse de prendre des proportions inquiétantes. Dans le documentaire cité plus haut, un Tunisien « blanc » en parle d’ailleurs sans ambages : « Le racisme entre Tunisiens noirs et blancs n’existe pas, mais existe bel et bien vis-à-vis des noirs venus d’ailleurs », martèle-t-il.
De plus en plus d’employés de la Banque Africaine de Développement et d’étudiants noirs africains sont victimes d’injures racistes chez nous. Dans certains quartiers populaires, dans la rue ou les moyens de transport, quand ils ne sont pas victimes de jets de pierres de la part de nos mômes, il n’est pas rare de les voir assaillis de sobriquets méprisants, du genre guira guira et ghird.
Pour mieux connaître le malaise que vivent les Noirs d’Afrique subsaharienne chez nous, nous avons recueilli certains de leurs témoignages. Il faut dire que certains vous fendent le cœur.
«Ils (les Tunisiens) regardent les Noirs comme des bêtes de foire. Des enfants m’appellent "guira guira". J’ai l’impression que leurs parents ne les éduquent pas. Les gens croient que si nous sommes ici, c’est qu’il n’y a rien chez nous. Ils ont des préjugés sur les Noirs. On m’a déjà lancé à la figure "Rawah lil bledek", rentre chez toi. Dans la rue, les enfants nous jettent souvent des cailloux et nous traitent de "abid", de "kahlouche", ou de "guira guira". Les taxis refusent de s’arrêter et vont prendre quelques mètres plus loin des Tunisiens. C’est très démoralisant. En plus, beaucoup de Tunisiens sont racistes mais le cachent. On le sent partout, en classe, au resto universitaire, dans le métro. C’est une société très hermétique. Il y a plus d’hypocrites que de gens sincères. », assène M.Z, 23 ans, étudiant mauritanien en informatique. Il ajoute : « J’étais major de ma formation, et mon pays m’a offert une bourse à l’étranger. J’avais le choix entre la France, le Canada et la Tunisie. J’ai opté pour ce pays, car nous avions une très bonne image de la Tunisie. Mais j’ai dû déchanter dès les premiers jours. Aujourd’hui, je n’ai qu’une seule envie: finir vite et dégager de ce bled».
Certains pensent que le racisme est dû à la méconnaissance et au manque de culture générale. C’est l’avis de F.M.D, étudiante gabonaise de 24 ans: «Les difficultés d’intégration résident parfois dans la méconnaissance de l’autre. Je trouve que les Tunisiens connaissent mal l’Afrique noire. Mon prof de fac ne savait même pas la capitale du Mali et croyait que c’est toujours Moussa Traoré qui était au pouvoir. En réalité l’Afrique est assimilée ici à la misère, la famine etc. De ce fait, nous avons du mal à nous faire accepter sur un pied d’égalité. Cela peut étonner les Tunisiens, mais les Noirs Africains ont beaucoup plus de difficultés en Tunisie que les immigrés n’en ont en France. Quand on est Tunisien, on ne peut pas comprendre certaines choses. Il faut vivre l’humiliation au quotidien pour comprendre le calvaire qu’on vit ici.».
B. N. 27 ans, Ivoirien, s’étonne : « Quand nous étions gamins, nous regardions les rares blancs qui s’aventuraient chez nous avec une certaine curiosité. Mais jamais, il nous est arrivé à l’esprit de leur jeter des pierres. »
En Tunisie, les injures racistes ne sont pas encore considérées comme un délit. Il est temps de passer la vitesse supérieure et mettre en place une législation dans ce sens. Arrêter la politique de l’autruche en reconnaissant ce « cancer » dans nos murs serait déjà le début d’une bonne thérapie. Sans vouloir tomber dans la généralisation hâtive, il y a lieu quand même de reconnaitre que beaucoup de Tunisiens en sont malades. D’autres le sont, mais n’en sont même pas conscients. C’est dire si le chemin est encore long et parsemé d’embûches, car les mentalités «miskin» doublées de ce complexe malsain de supériorité ont encore la… peau dure. (Photo CFJ /Y.V.)
O. D.
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Commentaires
Les tunisiens sont racistes et très fumistes en majorité c'est pas une réalité a cachée. Dans mon pays le Congo il y a toute sorte de race ( les arabes, les blancs, les chinois,...) j'ai jamais vu un petit africain noir jeter une pierre ou traiter de sale porc un blanc ou un arabe jamais les injures des grandes personnes moi personnellement me touchent pas mais venant d'un enfant de 6; 7 ans c'est écœurant
A Oran des noirs du Sahel fuyant la misère, et qui ne font pourtant que traverser notre pays pour l'Europe,sont kidnappés par les autorités et transporté dans des camions à bestiaux, pour être refoulés à partir de nos frontières sud. d’après le journal, une mère noire, qui venait d' accoucher dans un hôpital de la ville, a été séparée de son bébé, pour être jeté sans ménagement à l’arrière d'un camion. Durant les milliers de km qui séparent Oran de la frontière sud, les "noirs" n'ont droit qu'a une Baguette de pain et un sachet de lait pour toute nourriture, aucune escale, d’après des témoins, n'est prévue. les femme faisaient leur besoins naturels devant les hommes, la Gestapo elle même n'a pas fait pires. contre les non aryens.
Les kahlouches, les refus de service dans les restaurants, les crachats des enfants sur leur passage, les sobriquets de "Sida ambulant" sont le quotidien de ses pauvres subsahariens, qui pourtant ne cherchent qu'à survivre.
ou sont les préceptes que nous dictent l'islam pour aider les plus faibles, les plus démunis?
Je connais des tunisiens et des marocains qui vivent depuis longtemps chez nous, et qui n'ont aucun problèmes d' intégration , cela prouve que le maghrébin est raciste envers les les seuls noirs, même les natifs noirs du pays, ne sont pas épargnés par le phénomène,c'est rare qu'un algérien noir soit appelé par son nom, il est toujours affublé de kahouche, babaye, et autre sobriquets..
Alors qui dit mieux?
1) Raison culturelle due a un complexe d'inferiorite vis a vis de l homme eur
opeen et donc blanc qui a colonise le pays depuis les turcs aux francais. Les
blancs etaient les maitres et le pauvre tunisien le serviteur.L'obcession de ressembler au maitre rend le tunisien raciste sans se rendre compte.
2) L'ignorance de la majorite de la societe rend le tunisien raciste sans le savoir.
" NOS NEGROS DE Tunisiens sont nous mêmes, sont en nous, à nous et nous sommes tous noirs tunisiens ou tunisiens noirs". Que ceux qui veulent parler ne soient pas empêchés d' écrire, mais SVP, pas pour nous casser. on a assez de merde comme ça pour venir nos parler de kahlouch ou de babbouche. J' ai un de mes amis, de couleur noir de peau, par opposition NATRELLE, à la mienne, quand, je l' appelle, je lui dis comment va mon OUSSIF. Et on s' embrasse comme des amoureux.
quote name="afkunite"]J'espère que mon commentaire sera posté car j'ai un message pour les arabes en général.
En tant que noir , quand je vois le sort subi par mes semblables en Libye, quand je sais que les noirs réduits en esclavage pendant la traite arabo-musulmane étaient systématiquemen t castrés d'où la très faible présence des noirs au moyen orient, quand je sais que les arables se sont installés massivement en Afrique à partir du 7ème siècle par la violence. Je me dis que les arabes sont des racistes congénitaux. Même si je sais qu'il y a une minorité qui ne l'est pas.
Alors chers faux cousins continués sur cette voie. L'Afrique noire se réveille et ça risque de faire très très mal si vous ne changer pas votre attitude envers les noirs.
Vous êtes notre tête de pond avec l'Europe, votre positionnement géographique est stratégique, rien que pour cela, nous les noirs conscients nous sommes conciliants avec les arables racistes, mais nous sommes pas dupes ou faibles, mais des hommes raisonnables.
Toutefois, si vous ne changez pas, ce sera votre perte et l'union de l'Afrique se fera sans vous et nous reprendrons possession de nos terres tôt ou tard. L'Histoire est un cycle...Nous avons été les civilisateurs de l'humanité et nous le seront à nouveaux.
Bien à vous!
Je suis un homme européen, converti en islam, et après 20 ans de mariage et 3 enfants.
Je n'ai pas encore le droit de travailler,
ni avoir la résidence en Tunisie.
Toutes mes investissement j'étais obliger de mettre sur le nom d'un Tunisien, terrain agricole, tracteur avec tout le matériel, 2voitures, bétail.
2 maisons sur le terrain, saintage, pépinière,etc
maintenant, ma femme a décider la divorce et rester vivre en Europe. Résultat, tous nos bien en Belgique sont la moitié pour elle dit le tribunal en Belgique. Et tout les biens en Tunisie sont pour elle dit la loi Tunisienne.
Parce qu'on a des enfants elle peut rester habiter dans la maison en Belgique, ensemble avec son nouveau ami. Les 2 maisons en Tunisie son pour elle aussi. En total a son 3 maisons.
En Tunisie elle ne veut pas venir pour la divorce.
Moi je voudrais commencer une nouvelle société en Tunisie, la loi me dit maintenant que je dois le mettre sur le nom d'un Tunisien associé.
Impossible, la loi Tunisienne est trop raciste et ne protège pas mes droits.
Un tunisien divorcé en Europe peut rester habiter en Europe, travailler, avoir une compte bancaire etc
Moi je n'ai aucun droit de rester ici.
Une chose j'ai compris bien, ce n'est pas la religion qui est raciste ce sont les tunisiens et leur lois qui sont raciste. Pour dieu il n'y a pas de différence.