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01/03/2010 | Mise à jour : 08:16

Statut avancé avec l’UE: L'autocensure porte préjudice à la Tunisie

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Le 21 janvier 2010, un débat du Parlement Européen, tenu à Strasbourg, sur l'éventualité d'un rehaussement des

relations de la Tunisie avec l'union Européenne, a fait l'objet de plusieurs commentaires dans les journaux occidentaux.

Lors de cette réunion, les Parlementaires européens se sont montrés divisés sur l'opportunité d'accorder à la Tunisie "le statut avancé". Certains se sont montrés favorables à la poursuite du dialogue avec la Tunisie alors que d'autres ont été plus critiques.

Etant allergique à la critique, la presse tunisienne a préféré se focaliser sur les déboires de l'équipe tunisienne de foot d'une part et le génie du personnage Habib Migalo d'autre part.
En effet, il est beaucoup plus simple de critiquer Faouzi Benzarti voire même le président de la fédération que de couvrir un événement politique où certains critiquent la politique tunisienne.

Le résultat, c'est que la Tunisie a payé cash l'autocensure à laquelle se sont livrées nos médias.  En effet, le silence de la presse nationale a porté préjudice à la Tunisie qui a été plus ou moins malmenée par certains journaux qui ont surtout rapporté les points négatifs évoqués par quelques parlementaires hostiles à l'octroie de la Tunisie du statut avancé.

Nombre d'européens ont critiqué le déficit démocratique de la Tunisie et c'est sur ce point que  plusieurs journaux ont concentré leur analyse pour nous attaquer.

Avec un minimum d'honnêteté intellectuelle, nous nous devons de reconnaître qu'en matière de démocratie nous sommes encore loin des standards Européens certes, cependant nos politiques en sont conscients et ont promis d'agir en conséquence.

Si certains ont été très critiques envers le premier pays à conclure l'accord d'association avec l'UE, d'autres nous ont tout simplement encensés par la critique.
En effet, certains euro députés représentants la France, l'Italie, La Pologne, la Suède, l'Espagne et le Royaume Uni n'ont pas manqué de parler des progrès substantiels réalisés par la Tunisie et qui se sont traduits par un bon niveau de développement économique (avec des preuves chiffrées), social (niveau de vie, égalité homme-femme, sécurité, espérance de vie etc) et politique où le système électoral limite le nombre de sièges occupés par un seul parti.
Sur ce dernier point, Gerrard Batten, euro député du Royaume Uni, avait même lancé "peut-être que les tunisiens ont quelques choses à nous apprendre (faisant allusion au système électoral proposé au Royaume Uni) et ajoutant "plus j'apprends sur la Tunisie et plus j'ai une impression positive".

Tout ceci pour dire que la presse locale s'est abstenue de parler de cette réunion alors que jusqu'à preuve du contraire aucun politique tunisien n'a sous-entendu que la Tunisie était un modèle irréprochable en matière de démocratie et de droit de l'homme. Nous sommes une démocratie jeune qui fait son chemin et qui essaye d'avancer et ce n'est pas le programme électoral 2009-2014 du président Ben Ali qui me contredira.

Indépendant depuis seulement 54 ans, la Tunisie a fait beaucoup de progrès dans tous les domaines y compris dans le processus démocratique, mais une chose est sûre il reste beaucoup à faire et notamment en matière d'autocensure qui nuit à l'image du pays et se trouve être le plus beau cadeau que l'on pourrait offrir à nos détracteurs.

Bref, c'est l'éternelle histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein que j'ai préféré voir à moitié plein dans l'espoir de remplir l'ensemble sous peu.

Par Mohamed-Hamza Lakhoua

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