Monsieur (ou madame) tout le monde met le stress dans toutes les sauces ! Du coiffeur au chauffeur de taxi
, en passant par les cadres énergiques, le vocable stress revient dans toutes bouches pour expliquer tous les maux de la société : érosion du pouvoir d’achat, flambée des prix du pétrole, irruption cutanée rebelle, chute de cheveux, essoufflement, tapage nocturne, ronflement du conjoint, malaise du cœur (dans tous les sens), enfants surexcités, etc. Ce maudit stress qui nous tue, grands et petits, à feux doux, semble être la seule cause de nos incendies psychologiques professionnels, personnels et communautaires…
Des leitmotive reviennent souvent dans nos quotidiens, genre : « Ton père est déjà trop stressé ainsi, n’en rajoute pas, sinon il va te faire la fête et nous punir tous, dirais une jeune maman à son fils, trop stressée par les tâches ménagères, le vrombissement de la Clim ou par le souffle de son four à cuisson, crachant du feu d’enfer ! »…
Épouse ordinaire, comme il en existe par paquets, qui est déjà angoissée à cause de ses diplômes placardés pour la bonne cause familiale (sacrifice ou dilemme) pour avoir été elle-même placardée par sa « bonne à tout faire » qui dut la quitter pour une autre planque moins besogneuse, donc moins stressante !
Autre genre, autre facteur de stress, autre scène devenue hilarante, à force : « Devant le braillement d’un Boss en manque d’autorité naturelle (car le statut seul ne confère pas forcément un pouvoir légitime), qui tançait ses collaborateurs directs pour un « oui » ou pour un « non », son assistante ne manquera de marmonner, à qui voulait l’entendre, qu’il est trop stressé ces derniers temps à cause de ses bobos familiaux, de ses incartades avec le grand Boss (la chaîne de boss apostrophe une étrange verticalité hiérarchique où le plus gradé enfonce son subalterne par abus de pouvoir (ou excès de serviabilité) »; lequel, compte tenu de ses prérogatives, n’hésite jamais à en abuser à son tour par respect inconscient de cette maudite chaîne amplificatrice du stress ! »
La panoplie d’algarades en entreprise est pour le moins surprenante parce que récurrente, en réalité.
Plus l’entreprise est traitée comme un cas disjoint de la société civile, plus ses acteurs sont victimes des retombées du fameux stress (cultivé à tout bout de champ) qu’ils véhiculent inconsciemment partout où ils vont !
La science comportementale (et non les techniques de mimétismes adoptés par des généralistes aux abois) se doit de se pencher davantage sur l’évolution de l’individu dans son milieu « intra » et « extra » professionnel, plutôt que de le contenir au forceps dans des limites étouffantes…
Le dédoublement de personnalité est une pathologie grave qui pourrait déboucher, à terme, sur une rupture de contact avec le monde extérieur (schizophrénie).
Avoir un comportement en entreprise (l’employé programme son comportement à l’entrée), un autre en société (le même individu portera la casquette d’un citoyen stéréotypé), une conduite totalement différente avec ses enfants, amis, conjoint et parents (nécessitant un autre switch de son comportement au gré des situations) participerait à enfoncer l’acteur social dans une grande « Bulle » à étages emplie de bon et de mauvais stress, qui finira, en raison du « principe d’ascenseur », par le rendre vulnérable, fragile et victime de ses propres errements.
« L’arroseur sera arrosé à son tour, mais n’hésitera pas à s’arroser lui-même à défaut d’arroseur potentiel » Cette situation, hélas courante pourrait être qualifiée par l’expression « idiomatique » suivante : nous sommes tous prisonniers de nos propres jeux malingres qui rappellent cet état d’énervement extrême « d’enfants » enfermés depuis longtemps dans un chalet dont ils ne peuvent sortir (ni être secourus) à cause de la neige et des avalanches… Imaginons la panique à l’intérieur comme à externe du chalet ?
Imaginons dés lors les séquelles indélébiles que laisserait une telle situation sur ces pauvres enfants, futurs employés ou employeurs déjà candidats à la méfiance, à la peur et parfaitement conditionnés à jamais par le « sauve-qui-peut ! » en société ou en entreprise, communément bien connu de chez-nous par « évite ma tête et cogne l’autre »
Hichem Kacem



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