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Tunisie-JICA: nos politiques rectifient le tir avec les japonais
22-06-2009

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Le mégaprojet consistant à relier les banlieues nord et sud de Tunis est un rêve qui devient réalité. Ce projet dont l'étude

de faisabilité technico-économique a été faite entre 1988 et 1991 vient enfin de voir le jour 20 ans après.

Pour rendre à César ce qui est à César, rappelons que cet ouvrage majestueux est le fruit d'un échange fructueux et réussi d'expertises et de savoir-faire d'entreprises et de bureaux  d'études spécialisés de Tunisie, de France, d'Egypte et surtout du Japon.

A l'inauguration de ce monument, les médias, pour exprimer leur fierté, ont manifesté une admiration exagérée pour cet acquis usant de termes élogieux quant à cette réalisation "tunisienne".

Le problème c'est que ce pont est loin d'être une réalisation Tuniso-tunisienne puisque le  pont la Goulette-Rades, dont le coût s'élève à 141 millions de dinars, a été co-financé par l'Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA ex-JBIC) à hauteur de 8,4 millions de yens japonais (soit l'équivalent de 120 millions de dinars).

La contribution Japonaise ne s'est pas arrêtée dans le financement mais a également touché le volet études de faisabilité  et savoir-faire à  travers la participation de trois entreprises nippones dans l'élaboration du pont à savoir "Taisei corporation", "Kajima corporation" et "Nippon Koei" aux côtés de la société Egyptienne "Arab Contractors", chargée de la réalisation de la 2ème tranche de ce projet.

Cet "oubli", qui pourrait être associé à du chauvinisme, a été mal interprété par la partie japonaise qui pensait (à tort) que cet acte relevait d'une sorte d'ingratitude.

Et c’est dans un contexte caractérisé par une amnésie frappant nos médias que les japonais, via un communiqué signé par M. Satoshi Machida, directeur général de la JICA en Tunisie, ont réclamé  de la part des Tunisiens, gratitude et reconnaissance.

En tout état de cause, si l'on doit faire le constat de l'omission de part des médias locaux nous devons toutefois reconnaître que ces derniers ont bien essayé de se rattraper par la suite.
suite à ce communiqué, l'agence officielle tunisienne TAP a sorti un papier, en date du 30 mars 2009, soit une semaine après l'inauguration du pont, intitulé "Pont Radès-La Goulette : Monument à la gloire de la coopération Tuniso-japonaise".

La semaine dernière ce fut le tour de nos politiques de relayer les médias et de rectifier le tir en rendant hommage à la JICA démontrant leur gratitude et leur considération aux efforts entrepris, depuis plus de 30 ans, par l'agence japonaise en faveur du développement de notre pays.

En effet, la visite de Mme Sadako Ogata, présidente de l'Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA), la semaine dernière, n'est pas passée inaperçue.  

La présidente de la deuxième plus importante organisation d'aide au développement dans le  monde après la Banque Mondiale a été accueillie en grande pompe lors de son passage en Tunisie.

Tel un chef d'Etat, Mme Sadako a été reçue non seulement par des ministres tunisiens mais aussi par le chef du gouvernement et surtout par le président de la République qui lui a accordé une audience mardi dernier au palais de Carthage.

Enfin, grâce à nos politiques, voilà que cet incident (si on peut appeler ça comme ça) est définitivement clos et on peut désormais reprendre cette expression tautologique  « tout est bien qui finit bien ».

Place, maintenant, au travail et à une meilleure collaboration entre la Tunisie et son partenaire JICA dans le but de conforter la mise à niveau de notre industrie, soutenir les efforts en matière d'environnement, de développement régional et social etc.

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