Page Fan Facebook | Fermer
 
Accueil arrow Chroniques arrow Tunisie: le retour d’exil de feu Habib Bourguiba, 54 ans après !
Tunisie: le retour d’exil de feu Habib Bourguiba, 54 ans après !
01-06-2009

Image

L'avènement du « combattant suprême » en grande pompe il y a 54 ans est passé inaperçu ou presque, en cette

année d’élection présidentielle qui devrait se tenir en octobre 2009.
A chacun son règne et ses souvenances républicaines, à la Tunisie ses réminiscences, aussi lointaines que le temps ou le spectre des empires déliquescents…

La mémoire d’un pays n’est « effaçable » ni par les hagiographes ni par les hérauts de circonstance… Au contraire, l’histoire « petite ou grande » finira toujours par rejaillir sur les générations présentes et futures, en rupture forcée avec leurs ancrages archétypaux… Un pays se doit d’assumer son passé ne serait-ce que pour éviter les troubles et erreurs commis par nos légataires, dans la seule perspective de regarder le futur avec attrait et appétence sans exclusivisme ni suzeraineté outranciers !

Par cet extrait du journal inédit de feu mon père, Rachid Kacem, j’ai voulu faire renaître ces moments historiques tels que vécus, en direct, par ces jeunes intellectuels Tunisiens, alors déchirés entre l’euphorie et la consternation… Entre le leader Bourguiba et le Leader Ben Youssef… Entre une monarchie constitutionnelle post coloniale et une république de personnification inévitable, eu égard au profil irrésistible et irascible du futur « père » consubstantiel de la nation ; dont le présent ne l’a pas retenu comme étant l'indéboulonnable « grand-père » posthume de cette même nation, au même titre que la famille beylicale qui, malgré ses 252 années de règne, fut quasiment effacée de la mémoire collective des Tunisiens, enfants de la patrie indépendante !   


« 1er juin 1955

    La ville a pavoisé depuis la veille... Des autocars, des voitures de louage ne cessaient depuis quelques jours d'apporter des convois de Tunisiens de toutes les villes de l'intérieur, des patelins les plus éloignés, les plus reculés... C'est que Bourguiba avait été libéré et autorisé à retourner ce jour dans son pays d'origine... Une foule indescriptible avait déjà envahi le port de la Goulette, depuis la nuit c'était un défilé interminable de compatriotes qui venant à pied, qui par des moyens de locomotion les plus divers, qui par les trains qui n'avaient nullement cessé leur trafic pendant cette veillée solennelle, déferlaient tous dans un calme remarquable sur le lieu de pèlerinage.

    Le matin au réveil toute la ville de la Marsa était pavoisée aux couleurs tunisiennes... Le drapeau rouge avec le croissant et l'étoile bat pavillon partout... Les voitures seront également enveloppées dans des grands drapeaux nationaux. Pleins à craquer, les trains bondés au retour de Tunis, presque vides pour l'aller vers la capitale. De mon train de 9h15, je voyais les essaims de patriotes remontant la grande route Tunis-Marsa par tous les moyens possibles et imaginables de déplacement... La Porte de France, le Passage, sont presque vides, la ville européenne a en général fermé ses magasins et l'activité y est morte... A la ligne de démarcation entre elle et la ville dite arabe, les trottoirs s'emplissent d'une foule en liesse, attendant dans la joie et l'allégresse, le retour du leader... Une police formée de jeunes destouriens avec brassards aux couleurs nationales, endigue avec une égale courtoisie ces flots d'êtres humains dont la densité croit à chaque minute... Aux points stratégiques, des camions militaires se tiennent un peu en retrait dans les passages pour faire sentir la pérennité de la présence française ici-bas !

    Les trains pleins à craquer d'une jeunesse déchaînée dans un élan d'enthousiasme indescriptible, circulent sans cesse derrière les klaxons des autos pavoisées, battent la cadence avec l'hymne chanté en chœur par tous les voyageurs permanents de cette mémorable journée il est arrivé Bourguiba.

    Sur les toits, les femmes voilées ou non lancent sans cesse leurs youyous qui sortent franchement d'un cœur unanimement ouvert pour se mêler à la symphonie générale... De jeunes gamins ont déjà gagné les toitures des trains, et s'exhibent dans des danses joyeuses défiant la mort que la perche électrique offre gracieusement à quelques centimètres à côté...

    Deux heures de l'après-midi, sur la grande avenue dite encore Gambetta, un jeune homme accroché à un énorme poteau annonce l'arrivée du leader.

    L'auto découverte passe dans la grande place, un foulard rouge jeté sur les épaules, un sourire doux et majestueux sur les lèvres, Bourguiba debout entre ses meilleurs lieutenants, répond aux frénétiques applaudissements et cris de joie du peuple.

    Les larmes coulent d'elles-mêmes des yeux de cette foule qui ne vit que dans l'image d'un être humain symbole de vingt années de lutte, de déchirements, de deuils, de tortures. Tout le monde pendant cette période a plus ou moins apporté dans le combat, sa contribution de sacrifices, de privations, de résistance latente ou déclarée. Chacun croit dans cette ultime seconde de correspondance, récolter les premiers fruits d'une œuvre ingrate et sacrée : celle de son indépendance. Les mélaouistes, en grand apparat ferment les haies, et les réjouissances continueront encore quelques jours...

20 juin 1955

    Les journées passent, le pauvre leader commence à sentir peser sur ses épaules les lourdes responsabilités qu'il avait spontanément acceptées au nom de notre peuple malheureux.

    Les cris d'enthousiasme, les banquets de circonstance, les fanfares improvisés, les ivresses des nuits d'orgie et des soirées de gala, ne pouvaient durer indéfiniment... Les âmes et les personnes n'étaient rassasiées que pour un certain temps. Toutes les attentions étaient concentrées sur les apports éventuels de l'avenir ! ... Et rien ne semble encore pointer à l'horizon de ce coté. Rien qui laisse prévoir dans la texture des conventions, sur lesquelles le voile se lève déjà, une amélioration consistante dans le sort réel de notre peuple... Le leader continue à occuper le temps de la clique d'optimistes qui s'était groupée autour de lui, en s'exhibant dans toutes sortes de manifestations... Et jusqu'au jour où on aurait épuisé tout le programme des réceptions données par les habitants des contrées les plus éloignée de notre pauvre pays, il y aurait des bouches à nourrir et des penchants à satisfaire sans arriver à la mise en application des réformes issues de la promesse d'autonomie interne.
    
Le peuple se sent las pour ne pas parler encore de déception ouverte ou caractérisée, les gens se sentent sortir doucement d'un rêve, et cet état d'expectative assez brutale est mis à profit par la clique dominante et sous-dominée du pauvre leader pour assouvir leur amour d'hégémonie par n'importe quels moyens. Tout le monde semble devoir se maintenir dans ses privilèges où ce qu'il croit tels !

Le leader est amené à faire des visites inopinées au contrôle civil et à faire des discours enflammés sur la nécessité de la coexistence des deux peuples français et tunisiens. Beau thème de propagande pour nos occupants qui ne trouveraient pas meilleur homme pour une fervente et laborieuse diffusion.

Et voilà comment à chaque occasion, nous devons perdre la face et l'honneur... »

Hichem Kacem
Ecrivain et Créateur du Ruban de la Paix




Wikio !Facebook!Twitter!
ayadi sadok  - vive le leader universel   27-11-2009 21:35:49
on le comprendra peut etre un jour, que le RCD héritage de bourguiba se réveille et vive l'esprit tunisien le vrai
Ecrire un commentaire
Nom:
Email:
 
Titre:
BBCode:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img] 
 
 
:D:):(:0:shock::confused:8):lol::x:P:oops::cry:
:evil::twisted::roll::wink::!::?::idea::arrow:
 
 

Rechercher sur EspaceManager