Tunisie: Le doyen de la Manouba, ce jeudi devant la justice

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Le doyen de la Faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba, Habib Kazdaghli doit comparaître demain, jeudi 5 juillet 2012, en justice pour l'agression présumée d'une étudiante portant le niqab.


Dans une déclaration à l’AFP, M. Kazdaghli a réitéré son étonnement. "Je comparais devant le tribunal de première instance de la Manouba suite à la plainte d'une étudiante prétendant que je l'ai giflée", a dit M. Kazdaghli, évoquant un "nouvel épisode" du bras de fer qui oppose depuis novembre sa faculté de 13.000 étudiants aux salafistes. "C'est quand même étonnant que je sois jugé, alors que c'est moi qui avais porté plainte pour la mise à sac de mon bureau par deux étudiantes" en niqab, a-t-il ajouté, rappelant des faits remontant au mois de mars. "L'une de ces étudiantes, Imen Berrouha, est allée porter plainte à l'heure où je me trouvais au poste de la Garde nationale pour faire constater la mise à sac de mon bureau", a indiqué M. Kazdaghli.


Selon lui, son accusatrice avait été renvoyée pour six mois de la faculté en raison de son obstination à garder le niqab en cours en violation d'une décision du Conseil scientifique de la faculté. "Au-delà de ma personne, ce procès vise les défenseurs des libertés académiques et le respect des règles pédagogiques", a poursuivi M. Kazdaghli, en allusion à la mobilisation des enseignants de la faculté de la Manouba contre le port du voile intégral en salle de cours.


Ce procès est contesté par le corps enseignant et la société civile. Un comité de défense des valeurs universitaires, de l’autonomie institutionnelle et des libertés académiques a exprimé son "refus de la mise en examen du doyen". M. Kazdaghli "est non pas le coupable mais la victime dune agression", a-t-il indiqué dans un communiqué.


L'Union générale tunisienne du travail (UGTT), principale centrale dans le pays et la Ligue de défense des droits l’Homme ont mandaté des avocats au procès du doyen qui risque jusqu'à 15 jours de prison.

Habib Kazdaghli sera défendu par une pléiade d’avocats… Et non des moindres.



Commentaires 

#1 observator 05-07-2012 07:31
De toutes les façons c'est à la justice de juger de sa culpabilité et il faut respecter les decisions judiciaires si nous voulons construire un Etat de droit.
Nous savons tous avec le recul que ce doyen a utilisé sa fonction et l'institution dont il a la charge pour regler des comptes politiques. Alors que le contribuable tunisien le paye pour gerer une institution educative pour les enfants de ce pays. Pour une histoire de 2 filles en niquab, il a bloqué le fonctionnement de cette faculté pendant des semaines alors que le probleme aurait pu etre resolu beaucoup plus facilement. Il s'est comporté comme le propriétaire de cette faculté et jamais il n'a pensé à l'interet des 13 000 milles etudiants. Son ancien professeur de philo qui le connait trés bien et qui est de gauche me disait recement qu'il etait de notoriété publique que le parti politique auquel appartient ce doyen travaillait avec le ministere de l'interieur au temps de ben ali.
Cela etant, encore une fois, laissons les juges apprecier son dossier et respectons leur verdict. Ce n'est pas une bonne chose de mettre la pression sur ceux -ci
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