Tunisie : Moncef Marzouki a-t-il le droit de limoger le gouverneur de la Banque centrale ?


La polémique se poursuit autour du gouverneur de la Banque centrale, qui vient de répliquer aux propos tenus par le président provisoire de la République, Moncef Marzouki, ce dernier ayant annoncé son prochain limogeage.



Mustapha Kamel Nabli est, depuis des semaines déjà, l’objet d’une mystérieuse cabale. Ne passe plus un jour sans qu’on annonce son remplacement avant qu’un démenti vienne remettre les choses en place !

Mais le président provisoire de la République est allé plus loin, jeudi 7 juin 2012, lorsqu’il déclare sur Hannibal TV qu’il a (personnellement) décidé de limoger le gouverneur de la Banque centrale. «Il sera changé, je l’ai décidé depuis des mois». C’est en ces termes que Moncef Marzouki a fait connaître sa position, celle de  se "débarrasser" de Mustapha Kamel Nabli, pourtant reconnu et réputé dans les milieux internationaux de la finance.

Quelle mouche a donc piqué le président pour se laisser aller à une telle déclaration ? Mustapha Kamel Nabli était depuis quelque temps déjà dans le collimateur du nouveau pouvoir.


Soupçonné d’être soumis à des influences étrangères pour certains, ayant des liens trop étroits avec le bouillonnant Kamel Letaief dont il est également un proche parent, Mustapha Kamel Nabli vient de répliquer en déclarant, vendredi 8 juin que l’organisation provisoire des pouvoirs ne permet pas au président de démettre le gouverneur de la BCT, en précisant que seule l’Assemblée Nationale Constituante est habilitée à le faire.

Il a surtout fait savoir que la Banque centrale est toujours restée soucieuse de l’intérêt du pays et que toutes les décisions prises l’ont toujours été sans parti pris et sans aucune interférence extérieure, comme l’aurait laissé entendre le président Moncef Marzouki.


Dans sa déclaration aux médias, Mustapha Kamel Nabli a insisté sur le fait que, selon l’organisation provisoire des pouvoirs, le président de la république n’a pas le droit de démettre le gouverneur de la Banque centrale, parlant là d’un empiètement sur les prérogatives de l’assemblée.

Il a également précisé que cette déclaration du président est en opposition avec la décision de l’Assemblée nationale constituante concernant l’indépendance de la Banque centrale, pour la préserver des tiraillements politiques.

Commentaires 

#5 Mansour Lahyani 10-06-2012 10:15
Mais bien sûr qu'il n'en a pas le droit ! Au plan moral, il faudrait qu'il soit un peu clair et loquace que son lapidaire "je l'ai décidé il y a des mois !" Et puis quoi encore ? Nous sommes en juin 2012, pas en 2010, et celui qui parle ne s'appelle pas Ben Ali !
Ensuite, juridiquement, la loi de répartition des compétences nationales ne lui en donne pas le droit.
D'autre part, ce serait une trop grave faute politique de virer une compétence nationale reconnue sans édicter les griefs retenus contre elle.
Enfin, M. Marzouqui ne peut vraiment pas être fier de la façon dont il a procédé, en donnant lieu à un débat de cette nature et importance qui fait la une des journaux : il a ainsi porté atteinte au crédit de la Présidence de la République et à celui de la BCT !
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#4 Dr. Jamel Tazarki 09-06-2012 17:28
@Samia,
Je n’ai rien contre ce gouvernement! Ennhdha a des membres extraordinaires aussi qui n'ont jamais eu la chance de s'exprimer. Le plus affreux de la médiocrité, c'est qu'on finit par l'accepter. Monsieur Marzouki, Monsieur Ghanouchi, Monsieur Hamadi Jebali, etc. sont des politiciens d’une intelligence moyenne. Il est temps qu’ils laissent la place à l’intelligence supérieure à l’intérieur de leurs propres partis politiques. Monsieur Moncef Marzouki est incapable de coordonner ses idées et ses impressions. Son attitude extérieure est très confuse. Ennahdha doit donner la chance aux compétences à l’intérieur d’elle-même pour relever les défis. L’intelligence socio-économique souffre en Tunisie d’une vision archaïque de certains de nos politiciens nahdhaouistes. Il est temps que Monsieur Ghanouchi et tout son clan partent à la retraite. L’intelligence est en train d’étouffer à l’intérieur du parti politique Ennahdha même, à cause de la dominance de Monsieur Monsieur Ghanouchi et de Monsieur Hamadi Jebali….
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Dr. Jamel Tazarki
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#3 Samia 09-06-2012 11:16
Arrêtez Docteur. Le gouvernement sait quoi faire. Laissons le président faire son boulot. On est entrain de vivre une situation lamentable. Donc, arrêtez de faire passer les rumeurs...........
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#2 M Chelli 09-06-2012 11:08
La caravane passe et les chiens aboient, ya Marzouki
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#1 Dr. Jamel Tazarki 09-06-2012 09:35
Un coup de théâtre ?
Dans un communiqué publié le mardi 5 juin 2012, la présidence de la République informe que le président, Moncef Marzouki, a accepté la démission de Mohamed Chawki Abid, de son poste de premier conseiller auprès du président de la République, chargé des dossiers économiques. Bien évidemment, le lendemain cette nouvelle faisait la une des journaux. Monsieur Mohamed Chawki Abid a fait un plaidoyer pour le remplacement de Monsieur Mustapha Kamel Nabli, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), en le traitant de non patriote, malhonnête et ayant un profil très politisé. Il dit en fin de compte ce que le gouvernement n'ose pas dire. De cette façon Monsieur Mohamed Chawki Abid veut nous faire croire avoir changé du côté de l'opposition en souhaitant gagner la sympathie et le soutien de la population tunisienne. Ainsi à la place de Monsieur Kamel Nabli le gouvernement de Monsieur Rached Ghanouchi va nous proposer un faux opposant en tant que nouveau gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT). Le faux opposant est probablement Monsieur Mohamed Chawki Abid !

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Auteur: Dr. Jamel Tazarki
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