Tunisie - "L'économie risque d'être grippée par les départs des hauts responsables"

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La démission du ministre des Finances et le limogeage du Gouverneur de la Banque centrale reflètent une mauvaise, voire même, une absence totale de coordination et d'entente au sein du Gouvernement ce qui risque de mettre l'économie du pays en péril, estime M. Ridha Guiââ, membre de l'Association des économistes tunisiens.


Quelle est votre lecture de la démission du ministre des Finances et du limogeage du gouverneur de la Banque centrale ?

La démission du ministre des Finances et le limogeage du Gouverneur de la Banque Centrale, deux responsables de la bonne santé et de l'équilibre des finances, est perceptible à travers le blocage des rouages de l'Etat.

En effet, dès la présentation des différentes dispositions de la loi de finances 2012, on a remarqué des divergences de points de vue et une faiblesse de coordination au sein du gouvernement, ce qui risque de mettre en péril l'économie nationale déjà affectée par la hausse du chômage et une inflation galopante, outre une croissance du mécontentement de toutes les couches sociales.


Comment jugez-vous le comportement du gouvernement, à un moment où le pays passe par une phase de transition ?

Il est clair que remonter la pente après des décennies de corruption, de centralisation, de déséquilibre régional et de marginalisation des forces vives du pays, semble une tâche ardue nécessitant une cohésion entre les membres du gouvernement et une contribution active et responsable de toutes les compétences nationales.

Si la rapidité d'agir s'impose aujourd'hui, la rationalité des décisions et des choix devient impérative plus que jamais.


Ne pensez-vous pas que le gouvernement mène une politique d'atermoiement, pour ne pas prendre certaines mesures ou lancer des réformes réelles ?

La politique d'atermoiement peut se justifier pour des dossiers particuliers, mais pas pour d'autres. S'occuper du plus urgent avant l'urgent nous semble plus rationnel pour un pays qui traverse une période de transition et une phase de remise en cause générale de ses choix stratégiques et même de ses valeurs économiques et sociales.

A titre d'exemple, le dossier d'indemnisation des victimes des anciennes dictatures pourra se résoudre sur le long terme en fonction des moyens disponibles, d'autant plus que «le montant des indemnisations des victimes de la répression reste impossible à évaluer», comme l'a souligné le porte-parole du gouvernement.

Les problèmes de l'équilibre régional, du chômage des diplômés, de la réforme et de l'adaptation de l'enseignement supérieur aux exigences du marché du travail, ainsi que les réformes de l'administration et des rouages de l'Etat, ne peuvent attendre, car il y va des structures de la société et de l'économie et surtout qu'ils nécessitent un travail de longue halène et une concertation des forces vives du pays.


Quelles solutions préconisez-vous à court et à moyen termes pour sortir le pays de l'ornière de l'instabilité financière et économique ?

A notre avis, il faut utiliser à plein les règles de la démocratie éclairée et clairvoyante et les réformes à court, à moyen et à long termes doivent être entamées selon les priorités et l'urgence. Il s'agit, donc, de garantir l'adhésion de l'ensemble des forces vives du pays, d'adopter une politique économique et sociale transparente et responsable, de booster le système productif, afin de maîtriser l'inflation et impulser l'exportation.

Il est également impératif de contrôler davantage les circuits de distribution dans l'objectif de préserver le pouvoir d'achat des citoyens.


TAP


Commentaires 

#1 libertin 03-08-2012 11:03
A BON ENTENDEUR !!!!!!!!! mais hélas ce qui intéresse les KAPOS c est leur siege ......et le résultat ,on verra apres !!!!
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