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09/05/2011 | Mise à jour : 07:18

Tunisie: Farhat Rajhi est « irresponsable et fourbe » selon Béji Caid Essebsi


Les déclarations faites, récemment, par l'ancien ministre de l'intérieur Farhat Rajhi sont « dangereuses et dépourvues de tout fondement ».


Ces propos émanent d'une « personne irresponsable et fourbe », a indiqué le Premier ministre du gouvernement provisoire Béji Caïd Essebsi.

S'exprimant lors d'un débat télévisé diffusé, dimanche, M. Caïd Essebsi a affirmé que les accusations de Rajhi à propos de l'existence d'un « gouvernement d'ombre » sont « insignifiantes et infondées », précisant que « le seul gouvernement qui dirige, actuellement, le pays est le gouvernement provisoire ».

« Je ne tolère à quiconque de s'ingérer dans mes décisions en tant que Premier ministre », a-t-il averti.

Revenant sur la fin de la mission de Rajhi à la tête du ministère de l'intérieur, le Premier ministre du gouvernement provisoire a expliqué que le départ de Rajhi s'est déroulé de façon civilisée, contrairement à ce qu'il avait prétendu, précisant que son remplacement est justifié par la médiocrité de son rendement à la tête du ministère, en plus de sa méconnaissance des rouages gouvernementaux.

Rajhi, a-t-il ajouté, a nommé un directeur général de la sûreté nationale sans même consulter le Président de la République ou le Premier ministre.

« Il est fort probable que Rajhi est la victime d'une manipulation », a-t-il estimé, faisant remarquer que toutes ses déclarations sont venues affirmer son ignorance et la subtilité de ses analyses notamment en ce qui concerne ses déclarations sur un éventuel coup d'Etat en cas de la victoire du Mouvement « Ennahdha » aux élections et ses accusations portées aux « Sahéliens » de garder une mainmise absolue sur le pouvoir.

« Ces accusations sont très dangereuses et ont pour dessein de semer la zizanie et d'allumer le feu de la discorde dans le pays », a-t-il fait observer.

« La justice, a-t-il encore précisé, doit trancher au sujet de ces déclarations, dès lors que le département de la défense nationale a décidé de confier cette affaire à la justice ».

Le Premier ministre du gouvernement provisoire a indiqué que les déclarations de Rajhi interviennent à la suite du consensus auquel ont abouti le gouvernement et la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique au sujet de l'article 15, ce qui laisse planer plus d'une question autour des intentions de cette personne et de ses complices.

Evoquant la récente dérive sécuritaire dans la capitale et dans plusieurs autres villes de la Tunisie, M. Beji Caïd Essebsi a expliqué que les appareils sécuritaires qui « se sont sentis heurtés et visés », subissent, actuellement, « un choc psychologique et une crise de confiance », faisant état, à ce propos, de la décision du ministère de l'intérieur de poursuivre plusieurs agents dont leur implication dans des actes de violence contre des citoyens et des journalistes à la suite des manifestations organisées, à la fin de la semaine dernière dans la capitale, a été confirmée.

L'établissement carcéral, agents et responsables, a-t-il encore souligné, vit, pour sa part, une crise, face à la poursuite des revendications professionnelles et sociales par le corps des établissements pénitentiaires et de rééducation, ajoutant que l'Etat est, actuellement, dans l'incapacité de satisfaire toutes ces revendications.

Les directeurs de certaines prisons, a-t-il poursuivi, ont réclamé la non poursuite de l'un de leur collègue, accusé d'avoir tué un prisonnier. « Cela est impossible, partant de notre attachement à l'autonomie de la justice et à la non-ingérence dans ses affaires », a-t-il soutenu.

S'agissant des développements de la situation sécuritaire sur les frontières tuniso-libyennes, le Premier ministre du gouvernement provisoire a précisé que la Tunisie a accueilli sur son territoire des frères libyens et leur a apporté toute l'assistance médicale nécessaire sans exclusion, démentant, à cet égard, les rumeurs autour d'une demande formulée par l'OTAN à la Tunisie, afin de lui accorder des facilités sur son territoire pour mener une opération militaire terrestre en Libye.

« Cette question n'est pas envisageable et celui qui y pense n'est pas responsable », a-t-il affirmé.

Traitant du volet économique, le Premier ministre a souligné que le gouvernement provisoire a accordé la priorité aux régions intérieures dans les plans de développement et programmé dans ces régions plusieurs grands projets à haute employabilité.

En cas de poursuite de la dérive sécuritaire et des mouvements de grèves et de protestations à caractère professionnel et social dans les différentes régions du pays, a-t-il dit, « l'économie nationale va beaucoup perdre », ajoutant, en conclusion, que le gouvernement provisoire est résolument engagé à défendre la révolution populaire et à protéger ses acquis.

 


Commentaires 

 
#6 mouwaten 09-05-2011 12:55
ce qui m'a plu dans les déclaration de mr "propre et responsable" c'est la façon avec laquelle il nommait les délégués. "un fax d'un chomeur qui veut devenir délégué, je le nomme"!! c'est cet homme qui peut nous guider dans notre aventure de développement international, de choix stratégiques en temps de paix et de gurre. votons dons mr "responsable".
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#5 mouwaten 09-05-2011 12:34
un homme bon à la limite de la naivité ne peut faire un homme d'état. ce qui nous faut c'est un homme responsable, courageux et qui ne revient sur ses propos en accusant deux jeunes journalistes. Mr rajhi est bon, certe, mais irresponsable.
et puis pourquoi vous n'attendez pas le 14 juillet pour l'élire?
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#4 fantomiald 09-05-2011 12:13
Merci @AJABI. C'est à peu près tout le fonds du problème. A ceci j'ajoute que ce qui a fait la dangerosité des propos de Rajhi n'est pas seulement la teneur de son discours, mais aussi la manière dont le gouvernement a réagi. Il aurait suffi d'une intervention au lendemain à la première heure, déclarer en toute légèreté : "Monsieur Rajhi dit ce qu'il veut, c'est son opinion. Mais ce n'est pas la vérité. Exemple bête : si Rachid Ammar voulait le pouvoir il l'aurait déjà fait la 14 janvier". Honnêtement est-ce que ça aurait rajouté de l'huile sur le feu plus que l'alarmisme du gouvernement et la panique à laquelle il a cédé, montant sur ses grands chevaux et laissant le peuple devant des interrogations ?
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#3 fantomiald 09-05-2011 11:35
Nous avons vu l'interview hier, et les vidéos sont disponibles à qui souhaiterait un compte-rendu, merci.

Qu'avez-vous à commenter sur le fait que Essebsi trouvait insultant les propos de Rajhi tout en l'insultant en retour ?
Qu'avez-vous à commenter sur le fait que Essebsi se dédouane sur le plan administratif de l'éviction de Rajhi tout en assumant la responsabilité sur le plan politicien puisqu'il a affirmé que c'est lui qui a prescrit à Mbazzaa, dont on connaît la passivité et l'illégitimité populaire, de relever Rajhi de ses fonctions ?
Qu'avez-vous à commenter sur le fait que Essebsi affirme que le gouvernement provisoire fait tout ce qui est en ses prérogatives pour maintenir la date des élections du 24 juillet alors qu'il a passé 1 mois et deux semaines à tergiverser sur le fameux article 15 ?

Pourquoi toutes ces questions vous échappent, alors que ce sont des questions que les gens se posent et qu'ils ne resteront pas sur leur faim ?
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#2 AJABI 09-05-2011 10:55
Nous n’avons pas besoin de décerner un brevet de sincérité à Monsieur Béji Caïd ESSEBSI, pas plus qu’un brevet de patriotisme. L’homme est connu et reconnu. Son passé plaide pour lui. C’est la méthodologie qui pose problème. Pour l'heure, il ne manque à ce dernier qu’une équipe de communicants affûtés pour réagir et circonscrire tous les dangers. Il ne faut pas laisser à la rumeur publique le temps d’enfler et d’atteindre des proportions alarmantes sans apporter les précisions qui s’imposent.
Deux évènements majeurs illustrent ces propos :
1) L’agression délibérée ou pas de nos frontières par le voisin libyen qui ne nous veut pas que du bien,
2) Les accusations publiques portées par Monsieur RAJHI à l’encontre de l’équipe gouvernementale actuelle et à l’endroit de notre ARMEE –légaliste et loyaliste- sans le concours de laquelle nous serions aujourd’hui en proie à une guerre civile.
Il eût fallu pour ces deux évènements tragiques une intervention télévisée au plus haut niveau et quasi immédiate afin de dissiper les plus folles rumeurs. Il ne faut pas hésiter à dire la vérité, rien que la vérité mais toute la vérité aux Tunisiens. Intervenir 24 heures après, c’est déjà trop tard et trop long pour un peuple angoissé et inquiet pour son avenir.
Les Tunisiens ont besoin de repères. Ils veulent savoir qu’il y a un pilote dans l’avion qui tient fermement le gouvernail. Un discours ferme et musclé vis-à-vis de KADHAFI aurait été de bon aloi afin de lui démonter que nous continuerons d’apporter-tradition hospitalière oblige- secours et assistance humanitaire à toutes celles et ceux qui fuient la mort et que nous n’hésiterions pas, le cas échéant, à défendre notre pays en cas de récidive.
En Europe lorsque des catastrophes, quelle qu’en soit la nature du reste, surviennent les responsables politiques interviennent in situ pour expliquer, rassurer et donner des gages. Ne rien faire, ou déléguer à un autre le soin d’expliquer ce qui relève des compétences du premier ministre, fût-il, provisoire ; c’est autoriser ipso facto toutes les hypothèses y compris les plus invraisemblable s.
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#1 Mohamed 09-05-2011 08:30
farhat rajhi est un Homme non responsable hahahah
la seul chose vrais c'est qu'il est un Homme Bon et honnête
farhat rajhi nous a donner une bonne partie de la puzzle pour connaitre nos ennemis c'est Kamel Eltaief, et son ami Abdelhamid Echikh ces deux l’homme qui ont conçu "ben ali" et lui ont amener le pouvoir.
Ces deux hommes cache toujours beaucoup de secrets
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