Tunisie: L'avocat de Ben Ali dénonce une "parodie de justice"

L'avocat libanais du président déchu, Akram Azoury a qualifié, vendredi 15 juin 2012, les jugements rendus cette semaine de "parodie de justice".


Deux tribunaux militaires ont condamnés cette semaine, le président déchu, par contumace à 20 ans de prison puis à la perpétuité pour son rôle présumé dans la répression sanglante du soulèvement populaire qui a conduit à la chute de son régime le 14 janvier 2011.

Il est accusé du meurtre des manifestants et d'incitation au désordre, au meurtre et au pillage et d'avoir amené les habitants de la localité de Ouerdanine à s'entretuer par les armes.


Dans un communiqué transmis à de nombreuses agences de presse, Me Azoury estime que "ces soi-disants jugements sont une parodie de justice que la raison et la logique légale ne peuvent admettre".

L'avocat conteste le jugement relatif au grief du meurtre qui, plaide-t-il, "n'a pas été fondé sur les règles élémentaires de l'investigation et des preuves". Selon lui, le tribunal se devait de prendre connaissance des enregistrements des services de renseignements entre la salle d'opération (du ministère de l'Intérieur) et la présidence de la République.


Il joint au communiqué un document présenté comme une transcription d'une communication entre la salle d'opération et l'ancien président mentionnant un ordre de ce dernier de "ne pas tirer" sur les manifestants.

"Vu que la défense n'a pas pu avoir accès au dossier de l'instruction, deux conclusions s'imposent: ou bien le tribunal a pris connaissance de ces enregistrement et ne les a pas pris en compte, ce qui constitue une falsification, ou alors elle ne les a pas consultés pour pouvoir fonder son jugement, ce qui est une erreur monumentale", soutient l'avocat.


Me Azoury juge en outre infondée l'accusation ayant trait à l'incitation au désordre, au meurtre, au pillage et l'appel aux habitants à s'entretuer, dans la mesure où les faits qui lui sont attribués ont eu lieu le 15 janvier 2011, soit un jour après le départ de Tunis du président Ben Ali.

"C'est là que réside la parodie de justice et l'illogisme légal en ce sens que des faits sont imputés à une personne qui ne se trouvait pas (dans le pays) au moment où ils ont été commis", insiste l'avocat.


Le conseil déclare qu'il portera ces jugements au dossier de la plainte qu'il a déjà adressée au conseil des Nations Unies pour les droits de l'Homme à Genève contre l'Etat tunisien pour "violation de la convention internationale sur les droits civils et politiques à travers l'atteinte aux droits de la défense et la proclamation de jugements arbitraires".


Ben Ali a été condamné, jusqu’à présent à un total de 66 ans de prison dans des affaires civiles pour notamment "abus de pouvoir, malversations et trafic de stupéfiants.

 

Agences


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