Tunisie: Le mouvement "3ème Voie" fait entendre sa...voix !

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Au cours d'une conférence de presse, organisée mardi 29 mai, les fondateurs du mouvement 3ème voie ont exprimé leur déception par rapport aux anciennes méthodes qui rappellent le régime déchu et ont proposé leur projet de construire la nation et de gagner la voix des citoyens. Initiative à l’état embryonnaire, le mouvement 3ème voie est constitué de quelques « centaines » de  démissionnaires de Ettakattol.


Contre l'accaparement du pouvoir

Les raisons de la démission des anciens partisans de Ettakattol sont multiples. S’insurgeant contre le monopole du pouvoir et la persistance d'anciennes méthodes du gouvernement déchu, le mouvement 3 ème voie propose un substitut.

Voulant rompre avec les pratiques archaïques du régime déchu, les fondateurs du mouvement combattent cette image et ces procédés encore en vigueur, selon eux, dans nos murs. Leur objectif: militer en vue de changer ces habitudes politiques enracinées et cette culture de la décision arbitraire et unique qui bannit toute ouverture sur l’autre et toute possibilité de dialogue.

Dans ce contexte, le mouvement affirme les causes de l’échec de la Troïka. D’ailleurs, la décision de rester une année au pouvoir en tant que gouvernement provisoire émane, selon le mouvement, d’une décision personnelle qui exclut l’implication d’autres groupes.

Il est à signaler également que ¨les sit- in, les grèves en continue, les flots de revendications, l’insécurité et l’anarchie régnantes sont autant d’indices qui expliquent, selon le mouvement,  l’échec de la Troïka à promouvoir le système politique et social dans le pays.

Un projet pour construire une nouvelle voie

Dénonçant les pratiques arbitraires du gouvernement provisoire, le mouvement estime qu’il faudrait agir à temps et ne rien laisser au hasard. Citant l’exemple de « l’élaboration du budget 2012, qui a été fait par Caîed Essebsi, ce budget ne pourrait faire l’objet d’une bonne gestion de la part de la Toïka, absente dans l’étude du schéma budgétaire du pays ».


En outre, « les autorités ne se fondent pas sur des critères préétablis, mais sur des bases arbitraires », ajoute-t-elle. La nomination des ministres, des délégués qui ne sont pas en mesure de maîtriser la situation actuelle du pays et d’apporter les remédiations nécessaires en est un exemple éloquent.  

La 3ème voie estime qu’il faudrait placer la personne adéquate, en se fondant sur des « compétences » dans le domaine afin de secourir le pays. Cette lacune qui bloque la politique et l’économie n’est pas sans rappeler les grands dépassements du régime révolu.


S’ouvrir à la voix du peuple

Afin de construire le pays, il serait judicieux, selon le mouvement 3ème voie, de gagner les gens par la « voie de la raison et du cœur ». Ce mouvement, encore en phase de construction, s’ouvre sur l’autre, tout en stipulant la pluralité des points de vue, la différence et le dialogue.

Le mouvement a exprimé « son respect au politicien Béji Caid Essebsi, bien que l’initiative de ce dernier et son nouveau parti politique ne soient pas en phase avec le mouvement 3ème voie ».

Parmi les piliers de ce mouvement, Abdelaziz Darghouth a souligné le rôle capital de la femme en tant que membre actif de la société. Il a affirmé qu’il y aura une présence effective de femmes dans le mouvement.Darghouth n'a pas manqué de souligner qu’il faut parler le langage des jeunes en faisant usage de la technologie moderne. Par le biais de la technologie moderne, les politiciens pourront accéder à l’esprit juvénile, en proposant « le combat par l’outil informatique  au lieu du combat par l’outil guerrier et destructeur, le révolver ».

Par ailleurs, le porte- parole officiel du mouvement et député au conseil constitutionnel, Salah Choayeb, a affirmé sa proposition de  candidature spontanée pour les prochaines élections présidentielles, rappelant que « la présidence ressort du droit de tout citoyen tunisien ».



Abid Boudour

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