Tunisie : les raisons du limogeage de M. Farhat Rajhi ?

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Le 14 janvier 2011, ils étaient des milliers de jeunes et de moins jeunes, devant le ministère de l'Intérieur à réclamer le départ  de Ben Ali.


Une foule compacte où se mêlaient chômeurs, ouvriers, syndicalistes, avocats en robe, médecins et infirmiers en blouse, etc. Tout le monde criait «ministère de l'Intérieur, ministère de la terreur» en pointant du doigt le bâtiment sombre qui symbolise dans l'esprit des Tunisiens, les arrestations arbitraires, la torture et les exactions.

Comme par enchantement l’image que l’on avait de ce ministère a radicalement changé en un temps record et ce depuis la nomination de M. Farhat Rajhi, ministre de l’intérieur.

Seulement voilà, deux mois après son arrivée au ministère de l’intérieur,  il a été décidé de démettre M. Rajhi de ses fonctions et son remplacement  par M. Habib Essid.

Cette décision est pour le moins inattendue en raison de la popularité d’un ministre qui a eu le courage de réaliser une opération de nettoyage au sein d’une institution que certains qualifiaient de « mafieuse ».

Bien que nous n’ayons pas encore obtenu la version officielle de ce qui est reproché à M. Farhat Rajhi, nous avons émis quelques hypothèses sur les raisons qui auraient pu amener le Président par intérim, sur proposition du premier ministre M. Béji caid Essebsi, à limoger M. Rajhi.

Certaines personnes ont tendance à penser qu’il ne s’agirait pas d’une sanction de son action au ministère, mais une  conséquence de la nomination de Béji Caïd Essebi au poste de Premier ministre. Ce dernier serait ainsi en train de reconstituer progressivement sa propre équipe. Une hypothèse peu probable pour un homme cartésien qui ne jure que pas les résultats.

D’autres évoquent le « laxisme » de M. Rajhi vis-à-vis de la situation sécuritaire. En effet, les sit-in et les manifestations ne se sont jamais arrêtés à Tunis comme dans les autres régions malgré l’état d’urgence toujours en vigueur.
La goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase, pourrait être l’attaque à Souk Lahad du convoi du ministre du tourisme accompagné d’une quarantaine d’ambassadeurs. Ce voyage dans le sud tunisien visait à encourager les pays de ces diplomates à lever les restrictions de voyage vers la Tunisie.

Pour couronner le tout,  lundi 28 mars 2011, en plein jour (vers 12h20), un braquage de l’agence Amen Bank aux Berges du Lac exécuté par deux individus armés, aurait précipité la décision d’opérer un remaniement partiel du gouvernement.


Bref, en dépit des décisions populaires prises par M. Rajhi et sa volonté affichée de restaurer la sécurité, il faut reconnaître que les résultats se font toujours attendre !  Chaque nouveau jour apporte son lot d’agressions et d’incidents regrettables qui montrent davantage que l’insécurité est le principal chantier sur lequel doivent se pencher les responsables dans notre pays.

Ainsi,  le climat sécuritaire qui prévaut en ce moment en Tunisie aurait vraisemblablement dicté la décision de son éviction au profit d’Habib Essid. Ce dernier  aura pour tâche de reprendre en main une situation qui sans être délétère reste préoccupante.

Le retour de la sécurité ne pourrait qu’être bénéfique pour la relance de l’économie ce qui permettra de passer  à un autre chantier tout aussi urgent, celui de l’emploi. Nous attendons dans tous les cas, des explications de la part du chef du Gouvernement.

 


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Commentaires 

#27 Brahim Meddeb 11-04-2011 11:57
Je formule une hypothèse qui me paraît très plausible. Les Rcdistes de Ben Ali et les Destouriens de Bourguiba constituent les membres d’une seule famille, une famille politique qui veut et tient à conserver le pouvoir. À cette fin, ils se métamorphosent en néo-bourguibistes et croient avoir trouvé un leader, pas encore déclaré, un certain Farhat Rajhi, ex-ministre de l’intérieur. Le remplacement de ce ministre « populaire et “efficace” par un ancien du régime de Zaba » est une action stratégique mise en œuvre sans explication par le premier ministre Essebsi. M. Rajhi pourra ainsi cultiver sa popularité et proposer sa candidature pour la présidence en temps opportun. En effet, en restant ministre, il ne pourra pas aspirer à cette fonction supprème. C’est ainsi qu’on fabrique les vedettes politiques. Les Rcdistes de Ben Ali, les Destouriens de Bourguiba sous le visage de néo-bourguibistes auront ainsi un Homme de la situation qui garantira leurs privilèges. Ce scénario présente beaucoup de similitudes avec celui du parcours de Ben Ali avant 1987. N’était-il pas perçu comme un sauveur?
Ce n’est qu’une hypothèse fort réaliste, car jusqu’à date je n’ai pas vu de réaction de la part de M.Farhat Rajhi quant à son limogeage ou à sa démission.
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#26 om 08-04-2011 20:35
je remerci infiniment MR Rachid ammar pour son courage et je dit a tout les tunisiens qui n oublient pas son geste d un homme responsable que notre pays a besoin des homme comme loui
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#25 molka 04-04-2011 11:15
écoutez, la révolution est en état commateux...
on a temps révé d'être libre... il est temps de se réveiller..c'est la réalité on est pas fait pour être libre et indépendant ..plutôt on est pas préparé à tout ça ... la mafia demeure et demeurera ...ont a pas les moyens de les éliminer ni de les éloigner ...monsieur Errajhi a fait l'impossible pour le peuple tunisien et la révolution , mais la saleté est toujours présente le produit de nettoiment quil a utiliser a beaucoup fait de l'alergie pour les personnes aux mains trops sales...je ne peux que remercier Farhat et lui dire ne te contente pas des miettes ..tu es très très grand dans les yeux de la grande majorité des tunisiens "dit ahrar tounis"...
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#24 proxima 04-04-2011 10:27
On s'en fout de QUI est ministre de telle ou telle chose ! arrêtez de vous focaliser sur les personnes ! arrêtez d'aduler des images ! c'est 'institution qui prime !!
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#23 hassen moncef 01-04-2011 09:48
c'est ainsi qu'on se débarrasse des personnes gênantes, qui risquent d'avoir une certaine popularité
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#22 Mehdi 31-03-2011 18:53
La raison est que Essebsi a besoin d'un ministre de l'intérieur à l'ancienne, criminel et quasi mafieux.
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#21 zied 30-03-2011 20:20
M Rajhi est un homme propre qui n obéit qu à ses convictions donc il a été mal vu par M Essebsi.On parle de banditisme,quan d est ce qu il a cessé en Tunisie.Ce sont des faux pretextes .En tout cas il a fait un acte dont on oubliera jamais :la dissolution du rcd et peut etre il commence a faire revenir sur scene des dossiers genant des ex .
Le peuple saura comment remercier ce grand homme.
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#20 ramondo 30-03-2011 16:48
Monsieur farhat Rajhi a faillit être tué par sa police qui ne veux pas de lui,un homme pour le droit de l'homme qui veux écarter les criminelles,les voleurs,les corrompus ,puisque toute la fonction public et surtout ceux de son ministère sont au pétrin jusqu'au cou,ils craigne la justice,alors ils ont tout saboter,et alors la révolte n'a rien donné pour le peuple ,les arrestations recommencent de nouveaux,la torture.Que peut il faire le pauvre,que de demander congé,ou plutôt il est chassé. Vive les USA la France qui manipule tout,et à demain le peuple n'as pas dit son dernier mot.
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#19 tunisien 30-03-2011 12:23
C'est dommage qu'il n'y a pas eu une vraie révolution aussi au sein des articles que vous proposez.
Cet article est insuffisant et sans bonne analyse. Vous devriez peut être formez vos journalistes à faire des enquêtes et des analyses plus approfondies et à avoir plus de considérations envers vos lecteurs....
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#18 Anis 30-03-2011 11:46
A mon avis si la situation sécuritaire est aussi déletère en ce moment c'est à cause des flics qui veulent nous montrer qu'ils sont indispensables.
Le netoyage de ce ministère prendra sûrement du temps et se fera malgré les résistances internes et sûrement des erreurs.
Maintenant pour lever le doute, il faudrait expliquer les raisons de ce mouvement ministériel ainsi que l'application de la loi par des policiers "propres"
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