Peu après l'allocution du 14 janvier 2011, de M. Mohamed Ghannouchi à la télévision tunisienne constatant la vacance du pouvoir, l'ancien premier ministre avait téléphoné à Samir Tarhouni, chef de la Brigade anti-terroriste (BAT), et lui avait demandé, selon la version du chef de la BAT, : « dans votre programme, est ce que c'est vous qui allez prendre le pouvoir ou est ce que vous avez une autre personne à proposer ? » et M. Tarhouni de répondre, « notre mission s'est achevée après avoir arrêté une mafia et l'avoir délivré aux militaires. »
Peu après 19 heures, l'ex-président Ben Ali appelle Hssan El Ouertani, secrétaire de Ben Ali demeuré à Tunis lui demandant de lui passer Mohamed Ghannouchi.
Selon l'extrait de l'audition diffusé par MEIDAPART du premier ministre Ghannouchi, il s'avère que Ben Ali a demandé à Ghannouchi de démentir son communiqué et a annoncé son retour pour le lendemain matin.
Et Mohamed Ghannouchi de se défendre en disant "nous avons été convoqué au Palais Présidentiel et avons été appelé à lire le communiqué" avant de transmettre l'appareil à Fouad Mebazaa, alors président du parlement. C'est finalement le président de la chambre des conseillers, Abdallah Kallel, qui répond au président que les trois hommes l'attendront à l'aéroport le lendemain matin.
A ce moment, d'après l'extrait de l'audition de Hsen El Ouertani, le colonel Sik Salem, chargé de la sécurité du Palais présidentiel, ordonne au secrétaire, en des termes crus, de ne plus passer aucun appel téléphonique. En d'autres termes, le 14 janvier au soir ni Ghannouchi ni Mbazaa et encore moins Kallel n'ont pris l'initiative de ne plus répondre aux coups de fils de Ben Ali.
Et ce n'est qu'à partir du 15 janvier, après l'annonce de l'application de l'article 57, que Ghannouchi s'est définitivement détaché de l'emprise de son patron décidant de ne plus prendre Ben Ali au téléphone.
D'ailleurs, l'ancien président tunisien a du se faire passer pour un émir saoudien du nom d'«Ahmed» afin que le standardiste du premier ministre le mette en contact avec Mohamed Ghannouchi. Ben Ali lui demande alors de lui faire parvenir vêtements et effets personnels. Par la suite, Mohamed Ghannouchi ordonne à son ministère de ne plus lui transmettre aucun appel provenant d'Arabie saoudite.
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d'après Mediapart
d'après Mediapart
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