Tunisie: récit de l'agression d'un journaliste devant l'UGTT
Dimanche, 06 Mars 2011 00:28Au moment où l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) prend de plus en plus de place dans la vie politique tunisienne, des voix s'élèvent pour
dénoncer l'intrusion de la centrale syndicale dans des affaires qui ne la concernent pas.
En véritable parti politique, l'UGTT collectionne les réunions avec les membres du gouvernement, décide des nominations des hauts responsables, intègre le conseil de la protection de la révolution et s'entretient même avec des personnalités politiques étrangères (mercredi 2 mars 2011, M. Jrad s'est entretenu avec M.José Luis Rodriguez Zapatero, Chef du Gouvernement espagnol). Enfin, vendredi, 4 mars 2011, le Bureau Exécutif de l'Ugtt va encore plus loin et affirme même que parmi ses priorités figure la participation à l'élaboration de la nouvelle loi électorale !
Pour s'opposer à la mainmise de l'UGTT sur la Tunisie, des facebookers se sont passés le mot pour manifester samedi 5 mars 2011 à 10 heures du matin devant le siège de l'UGTT.
Afin de couvrir cet événement, M. Selim Slimi, journaliste auprès notre confrère Gnet, a eu la fâcheuse idée d'aller sur place pour faire correctement son boulot. Des personnes qui seraient éventuellement payées par l'UGTT ne l'ont pas bien accueilli (c'est le moins que l'on puisse dire). Ci-après le récit de M. Selimi:
« Voici ce qui s'est passé ce matin (NDLR: samedi 5 mars 2011) devant le siège de l'UGTT ! Je suis arrivé sur place vers 10h15 pour couvrir la manifestation prévue à partir de 10H. Prendre des photos, vidéos etc...
Il y avait très peu de monde, ou disons de "manifestants". Les visages vus sur place ne ressemblaient en rien à des manifestants. Des hommes âgés habillés presque tous de la même façon en plus de jeunes qui ont exactement le même profil (du moins en apparence) de ceux vus dimanche dernier et qui ont fait ce que nous savons à l'Avenue Habib Bourguiba...
J'ai fais un petit tour. Après avoir lu les slogans sur les banderoles déployées par l'UGTT, j'ai pris place juste devant un commerce de rideaux ! Vers 10h30, deux jeunes manifestants (vraisemblablement des cadres) sont venus pour me demander s'il y avait des manifestants à la coupole. Une fois la discussion engagée, quelques jeunes ont pris place à proximité et tendaient les oreilles...
J'ai sorti mon téléphone pour envoyer un SMS (sans aucun rapport avec l'évènement). L'un de ces jeunes s'est approché (trop) et faisait de son mieux pour voir ce que j'écrivais. Pour en avoir le coeur net, j'ai refais la même chose et j'ai remarqué le même comportement. Pour chasser le doute, je me suis mis à taper pour écrire n'importe quoi et là, il a fait un petit tour et il est revenu avec trois autres jeunes et m'ont entouré.
Jusqu'ici, tout allait bien. Mais quand vers 10h45/10h50 une voiture (407 noire) a fait irruption dans la petite place Mohamed Ali, tout le monde ou presque a tout laissé tomber pour aller "escorter" la bagnole. Et là, je m'adresse d'une façon plus que normale au mec avec lequel je discutais pour lui dire texto : "Saha leha cette 407, malla escort" ! (NDLR: elle a de la chance cette 407 d'être escortée)
Un homme dans la quarantaine, habillé en noir (qui était en face de deux ou trois mètres et qui tendait lui aussi l'oreille) m'adresse alors la parole, le ton menaçant, en disant : " 3andek mochkla avec la 407? (NDLR: Tu as un problème avec la 407), 9all9etek la 407? (NDLR: La 407 te dérange ?), etc..."
Au début je n'ai pas bien réalisé jusqu'au moment ou il m'a poussé. Deux pas en arrière et j'étais dans la boutique des rideaux et je ne voyais plus la porte puisque environ 6 à 7 personnes sont rapidement arrivées et ont bloqué la sortie. Parmi eux, le jeune qui m'espionnait quand j'écrivais mes SMS.
En quelques secondes je me suis retrouvé obligé de m'en sortir tout seul puisqu'il n'y avait pas assez d'autres manifestants et pas de...Police...
Je suis parvenu, par miracle, à forcer la sortie et m'en tirer sous les coups de poings et de pieds. J'en suis ressorti avec des coups sur la tête, sur le nez, et la bouche. Le plus grave, c'était le coup reçu à l'arrière de la cuisse droite et à cause duquel je boitille encore.
Je me suis ensuite adressé au post de Police. J'ai déposé plainte. Ensuite, je suis parti à l'hôpital Charles Nicolle où j'ai passé une visite et j'ai obtenu un certificat médical. Retour lundi au poste de Police pour remettre le certificat. Voilà. »
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Commentaires
ton récit me fait penser du temps où les anciens leaders du psd avec leur milice faisait la pluie et le beau temps il y a une quarantaine d'années.les temps changent mais les esprits ne changent pas.cette institution séculaire doit rajeunir ses esprits et ses cadres ou bien il n'y a pas de retraite chez nos camarades syndiqués :-)
On dirait que nous avons un paysage politique parfait et qu'il n'y avait pas eu de dictature qui a confisqué tous les espaces.
Dénigrer l'UGTT (sous couvert d'attaques contre JRAD) ne peut être expliqué que par une tentative d'affaiblir les principales forces capables de contrecarrer les résidus de la dictature.
La prochaine étape pourrait être l'ordre des avocats et l'ordre des notaires est déjà instrumentalisé .
Vous allez échouer, et nous ne retournerons pas en arrière.
De toute façon ce Jrad est un escroc qui tente de profiter de la situation, mais celui ci a intérêt a se calmer sinon il va subir les foudres des Tunisiens qui ont réussi a se débarrasser du fuyard et ce n'est pas Jrad qui va faire de la résistance.
Il faut que les instances de l'UGTT SE DÉBARRASSENT DES FRUITS POURRIS POUR ÉVITER DE TUER L'ARBRE.
Pour Jrad & co on leurs dit "ساحة الزحف دقت"
Pour les gens qui défendent Jrad en toute bonne foi, on leurs dit nous ne sommes pas contre UGTT! l'UGTT est une institution nationale respectable mais aujourd'hui elle doit être balayée comme toute autre institution en Tunisie et ne tombez pas dans le piège de Jrad qui veut faire croire au monde que nous sommes contre UGTT !
الم نطالب برحيل رموز النظام البائد?? ان جراد اهمها!!