Tunisie : Baghdadi Mahmoudi extradé vers la Libye sans l’accord du président ?

La Tunisie serait prête à livrer Baghdadi Mahmoudi aux autorités libyennes, même sans l’accord du président de la République. C’est ce qu’a laissé entendre le Premier ministre Hammadi Jebali.

Dans une déclaration à l’AFP, Hamadi Jebali affirme, en effet, que la Constitution tunisienne de 1959, imposant la signature du président de la République pour les décisions de livraison des personnes recherchées par la justice en dehors de la Tunisie, a été suspendue et n’est plus en vigueur depuis le renversement de l’ancien président Ben Ali.
Et d’ajouter «Le Tribunal administratif nous a certifié que la signature du président de la République n’était désormais plus indispensable pour l’extradition de Baghdadi Mahmoudi».

Selon Hamadi Jebali, «le gouvernement libyen a fourni des garanties orales et écrites certifiant le respect des droits de l'homme ainsi qu'un procès équitable pour Mahmoudi et qu’un comité tunisien des droits de l’Homme a récemment visité la Libye pour s’assurer des garanties fournies». «La Tunisie ne peut être un refuge pour les criminels, Mahmoudi a commis des crimes odieux. Je ne suis pas prêt à m'aliéner la révolution et le peuple libyen pour ne pas l'extrader», a-t-il ajouté.

De son côté, Moncef Marzouki a affirmé son opposition de principe à l’extradition de l’ancien Premier ministre libyen, emprisonné en Tunisie depuis le mois de Septembre dernier. «Je reste opposé à l'extradition, c'est une position de principe, je ne peux pas signer l'extradition de quelqu'un qui risque d'être torturé ou exécuté», a-t-il déclaré jeudi 7 juin 2012, sur la chaîne Hannibal TV.

Premier ministre libyen jusqu'aux derniers jours du régime Kadhafi, Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, 67 ans, est incarcéré depuis son arrestation fin septembre en Tunisie alors qu'il se rendait par la route en Algérie. Il est sous le coup de deux demandes d'extradition des autorités libyennes auxquelles la justice tunisienne a répondu favorablement.
L'ancien président tunisien par intérim Foued Mbazaa avait refusé de signer le décret d'extradition et les organisations des droits de l'Homme locales et internationales s'y opposent.