Tunisie : Hédi Djilani, victime de ses alliances familiales

Après la chute du régime Ben Ali, M. Hédi Djilani se voit attribuer tous les torts. Au lendemain du 14 janvier les langues se sont déliées et les

attaques personnelles touchant à l'intégrité de cet homme ont fusé de toutes parts.

Et pour cause, deux de ses filles sont mariées à des membres des familles Trabelsi et Ben Ali ! Est-ce pour autant un crime d'avoir des liens familiaux avec l'ex famille régnante ? Est ce une raison suffisante pour que cet homme endosse à titre individuel les erreurs du Président déchu et de tout un système corrompu ?

Dans une lettre ouverte, adressée aux médias et publiée le 24 janvier 2011 sur Espace Manager, M. Hédi Djilani avait écrit qu'il était « prêt à être soumis à un audit/contrôle de tout organisme officiel ». Son vœux a largement été exaucé.

En effet, depuis la publication de sa lettre, M. Hédi Djilani a eu à faire à la commission d’un administrateur judiciaire pour tous ses biens.

Parallèlement, il a été entendu par la brigade économique de Tunis suite à une plainte déposée contre lui concernant la gestion financière de l’UTICA durant sa présidence. Ensuite, 2 rapports d’audit pour la même affaire ont été établis. Et pour couronner le tout, sa résidence familiale a été fouillée, de fond en comble, suite à une descente policière.

Le « problème » est qu'aucun dossier compromettant n'avait été trouvé et aucune charge ne pouvait être retenue contre ce Monsieur. C'est ainsi qu'après audit de tous ses biens et examen de la gestion et des conditions de fonctionnement de toutes ses entreprises la mesure d’administration judiciaire fut levée.

Mais à ce jour, ses détracteurs, et bien qu'ils savent que la fortune familiale des Djilani date de bien avant 1987 et que le groupe Djilani n’a jamais gagné d’appels d’offres dans le cadre des différentes privatisations comme il n’a jamais été client ou fournisseur de l’Etat, ne veulent pas croire que ce monsieur, malgré ses liens familiaux avec l'ex famille régnante, ne soit pas impliqué dans des affaires de corruption. Alors à chaque fois où une nouvelle affaire s'ouvre il faut toujours que le nom de M. Djilani sorte.

Dernière affaire en date, celle relative aux décisions de mise en liberté de Bechir Tekkari et Abderrahim Zouari ainsi que l'autorisation donnée à Saida Agrebi de quitter le territoire national. Ceci n'a certes rien à voir avec M. Hédi Djilani mais il fallait que son nom remonte en surface pour calmer certaines parties !

Certains auraient  aimé l'accuser de « passeur de clandestins » en rapport avec l'affaire Saida Agrebi mais faute de preuves il fallait trouver la parade pour faire oublier les lenteurs de la justice.

L'idée était tout simplement d'émettre une interdiction de voyager à l’encontre de ce Monsieur et relancer par la même occasion une plainte déposée contre lui par le groupe «Sauvons l’Utica». Et c'est désormais chose faite.

Bref, espérons que cette mascarade viendra vite à disparaitre, que la Tunisie dépasse l'étape de la chasse aux sorcières et que notre justice cesse de se soumettre aux pressions imposées par certaines parties. Mais d'abord, commençons par ne plus juger les gens sur leurs fréquentations, leurs noms et leurs alliances familiales serait un premier pas pour tourner la page douloureuse du régime Ben Ali.

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