Tunisie: Les stations-service de Jendouba protestent contre la contrebande

Les stations-service de carburant du gouvernorat de Jendouba ont entamé, lundi, une grève générale de trois jours, à l'appel de la Chambre régionale de vente des hydrocarbures.

Cette grève est un signe de protestation contre "le silence des autorités régionales et nationales et l'absence d'intervention pour faire face au phénomène de la vente anarchique du carburant au bord des routes, qui a conduit à la dégradation de la situation matérielle des propriétaires des stations-service qui ne parviennent plus à payer les salaires, les impôts et les cotisations sociales".

Le président de la Chambre, Noureddine Jouini, a indiqué à la TAP que "le phénomène de la contrebande a eu des retombées négatives sur les propriétaires de stations-service et sur l'économique en général". Il a ajouté que les autorités régionales et centrales ont été informées de la question, "mais elles n'ont pris aucune mesure stricte et légale pour limiter l'extension de ce phénomène".

Le propriétaire d'une station-service de carburant à Boussalem a indiqué que ce phénomène lui a causé une baisse de revenus annuels de 50%. Il a exprimé son mécontentement à l'égard du gouvernement provisoire qui, selon lui, ''n'applique pas la loi interdisant la vente illégale du carburant''.

Deux propriétaires de stations-service, l'une à Fernana et la seconde à Aïn Essoboh, à Tabarka, avaient été contraints d'arrêter leurs activités commerciales, en raison des pertes subies.

Le gouverneur de Jendouba, Mohamed Sidhom, a indiqué, pour sa part, que les efforts intenses déployés à l'échelle régionale, au niveau de la surveillance et de la sensibilisation demeurent inefficaces, tant qu'elles ne sont pas soutenues par des mesures centrales unifiées pour toutes les régions.

Des campagnes de sensibilisation et de surveillance avaient été menées par les services de sécurité, du commerce et de la douane, et des quantités de carburant de contrebande avaient été saisies.