Alors que la fièvre du remaniement enfle, le pays va droit dans le mur

Alors que la fièvre du remaniement enfle, le pays va droit dans le mur

La réunion des signataires du Document de Carthage, hier, sous la présidence du chef de l’Etat Béji Caid Essebsi n’a pas tranché les points restés en suspens dont notamment le remaniement du gouvernement. Le président de la République a, dès le départ, fermé la porte aux spéculations en annonçant dans son mot d’ouverture que « le remaniement ministériel ne figure pas à l’ordre du jour de la réunion du Document de Carthage ». Selon lui, « il faudrait d’abord, parvenir à un accord, sur la politique à adopter, ensuite sur les personnes les mieux habilitées à l’exécuter ». Il a indiqué que « le document de Carthage 2 qui a été élaboré par une commission d’experts, fixe les priorités que le gouvernement s’engagera à concrétiser et comporte des détails qui pourraient être maintenus ou modifiés ».

Pourtant, une certaine unanimité s’est dégagée, parmi les présidents des organisations nationales et les partis politiques sur cette question. Le remaniement est plus qu’une nécessité, il est impératif. Noureddine Tabboubi, secrétaire général de l’UGTT et porte-voix de cette approche, a réitéré son appel à un remaniement après les résultats des élections municipales.  Il est, même, devenu « plus qu’indispensable », selon lui.

L’annonce du chef de l’Etat a, semble-t-il surpris le participants à la réunion d’hier et notamment le secrétaire général de l’UGTT qui, pourtant,  a été souvent consulté sur cette question précise, aussi bien par le chef de l’Etat que par les dirigeants des deux grands partis, Ennahdha et Nidaa Tounes. Selon l’hebdomadaire « Acharaa Al Magharibi », dans son édition de ce mardi 15 mai, des consultations ont eu lieu entre Noureddine Tabboubi, Rached Ghannouchi et Hafedh Caid Essebsi, juste après la proclamation de résultats préliminaires du scrutin de dimanche 6 mai, autour du remaniement du gouvernement. Des noms auraient même été avancés pour faire leur entrée dans la nouvelle équipe.

Ces consultations ont été précédées, selon le même journal, d’une rencontre entre le président d’Ennahdha et le directeur exécutif de Nidaa Tounes, au cours de laquelle, les deux dirigeants se sont entendus sur « la continuité de leur alliance au niveau des municipalités et l’imputation de la responsabilité de la faiblesse de la participation aux municipales à Youssef Chahed », un argument de plus pour opérer un changement y compris à la tête du gouvernement. A l’issue de la réunion, Rached Ghannouchi a déclaré que « le plus important réside dans la portée du programme et la compétence de ceux qui seront chargés de l’exécuter ». Alors que Tabboubi a évité les micros des journalistes.

Le président de la république, qui a reçu Youssef Chahed à la veille de la réunion d’hier, s’il ne fait pas du remaniement la priorité du moment, demeure, toutefois, persuadé de la nécessité d’infuser un sang neuf dans les rouages du gouvernement.

Le projet de document préparé par la commission dite des experts leur a été retourné pour plsu d’affinement au cours de leur réunion annoncée pour ce mardi. Il sera examiné lors de la prochaine réunion des signataires prévue en fin de semaine pour trancher sur les différentes questions.

Cependant, en l’absence d’informations sûres et fiables, les spéculations vont bon train et les rumeurs se font de plus en plus pressantes quant un remaniement ministériel qui pourrait même toucher le chef du gouvernement et son remplacement par un nouveau visage.

Cette fièvre de la « remanite » qui n’est pas sans rappeler d’autres temps, semble occuper beaucoup plus les commentateurs politiques et les observateurs que les maux réels du pays. Au lieu de débattre des perspectives d’avenir, ils se perdent en conjectures et pinaillent sur l’éventualité d’un « renvoi » du gouvernement et la manière dont il serait « éjecté ».

Les bruits qui courent sont nombreux et contradictoires, et les médias s’y mettent à cœur joie pour entrainer l’opinion publique dans un tourbillon de scénarios aussi futiles qu’improbables.

Et le pays droit dans le mur.

B.O

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