Débats télévisés: La Tunisie met la barre très haut !

Débats télévisés: La Tunisie met la barre très haut !

 

Depuis samedi, les Tunisiens se ruent en masse devant leurs téléviseurs non pas pour suivre un match de foot, mais pour vivre au rythme de débats télévisés inédits. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, même les cafés généralement remplis d'inconditionnels du ballon rond ne sont pas en reste.

Il s'agit sans doute d'un exercice démocratique extrêmement rare dans le monde arabe pour ne pas dire unique. Et dont l’initiative revient conjointement à l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), à la chaîne nationale El Wataniya et à la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica), avec l’appui de l’ONG Munathara.

A seulement quelques jours de la présidentielle, les 7 millions d'électeurs Tunisiens ont suivi, pour la première fois de leur histoire, trois débats télévisés où, tour à tour, les 26 candidats répartis en trois groupes ont présenté leur programme et répondu aux questions de journalistes tirées au sort.

De la sécurité à l'économie, en passant par la diplomatie, l'amélioration du niveau de vie, les impôts, l'éducation...tous les sujets ou presque ont été abordés et les candidats n'ont pas manqué de rivaliser à qui mieux mieux pour gagner la confiance des électeurs dont la plupart attendent la fin de cette expérience pour choisir leur président. Et ce devant une pléthore de candidats où l'on ne sait plus où donner de la tête face à des programmes de toutes sortes, des plus utopiques aux plus amusants pour ne pas dire pathétiques.

Selon certains observateurs avertis, ces débats ont leur pesant d'or, en ce sens que cela va "probablement se jouer durant les trois débats télévisés, sur peu de choses, et quelques milliers de voix pourraient changer radicalement le visage du pays".

Pas besoin d'être un foudre d'intelligence pour constater que cette expérience unique dans cette démocratie naissante a plutôt été bien accueillie.

Dans la rue, dans les cafés, les conversations de salons et sur les réseaux sociaux, on ne parle désormais que de ça et de cette exception tunisienne. Si certains tirent à boulets rouges sur les prestations de certains candidats et trouvent le contenu des débats fades, ennuyeux, froids et sans frictions, d'autres les accueillent avec le plus grand enthousiasme, se permettant même de distribuer les points aux candidats.

On peut dire qu'après trois jours de débats, quelques candidats, à l'instar de Chahed, Zbidi, Abbou, Jomâa, Marzouk, Mourou, Fakhfakh, Moussi...ont pu sortir du lot en tirant leur épingle du jeu. D'autres, bien que doctes et la tête bien pleine, ont eu du mal à convaincre. Tandis que d'autres à l’instar, de Omar Mansour, Selma Elloumi, Neji Jalloul, Saïd Aïdi, Sghaier Ennouri, dont le niveau laisse à désirer sont restés au ras des pâquerettes.

En définitive, c'est la démocratie tunisienne qui monte et qui met la barre très haut, car il y a seulement quelques années, nul ne pouvait prévoir une telle avancée démocratique.

Ces débats constituent, à n'en point douter, un "premier pas" qui pourrait servir d'inspiration pour les autres pays du monde arabe et du Maghreb en particulier, quand bien même la Mauritanie aurait connu en 2007 un cas similaire mais dans un contexte bien particulier. Contrairement à la Tunisie où tous les candidats se sont adonnés à cette expérience nouvelle, en Mauritanie le débat n'a eu lieu qu'au second tour de la présidentielle entre les deux candidats en lice: Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et Ahmed Ould Daddah.

A l'issue de ces débats, qui ont explosé les chiffres de l'audimat (plus de trois millions de téléspectateurs ont été devant leur écran le premier jour). Ceux qui s'attendaient à des accrochages indignes et des violences verbales ont été déçus. Et cela ne fait que conforter cette démocratie naissante et balbutiante qui a encore certainement du chemin à faire.

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