ITCEQ : "La résilience de l’économie tunisienne, tributaire du renforcement de son autonomie économique et financière"

« La résilience de l’économie tunisienne reste tributaire de sa capacité à renforcer son autonomie économique et financière et sa gouvernance qui conditionnent sa capacité à amortir les chocs dans le court et moyen terme », a souligné l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives (ITCEQ) », dans une note intitulée « Résilience de l’économie tunisienne : Mesure et Positionnement extérieur ».
Il s’agit, aussi, de « sa capacité à consolider les progrès en matière de cohésion sociale et de capacité de production qui reste, néanmoins, en deçà des performances accomplies par les pays de comparaison », selon les auteurs de ce document, Thouraya Lakoud et Sonia Mahfoudh, économistes en chef et Walid Mensi , Ingénieur statisticien analyste, à l’ITCEQ.
D’après eux, il faut « inscrire la résilience économique comme une priorité dans les stratégies sectorielle, territoriale et nationale de développement, articulant les dimensions économiques, sociales et environnementales ».
Pour renforcer la résilience de l’économie tunisienne, il faut « garantir la cohérence des actions tout au long du cycle de réponse aux chocs et consolider le positionnement international du système économique en matière de résilience, il convient de structurer les réformes à entreprendre selon trois capacités : absorption, récupération et adaptation ».
En premier lieu, l’ITCEQ préconise de renforcer la capacité d’absorption, Il s’agit « d’amortir les chocs sans rupture systémique, réduire les coûts et diversifier les sources de financement, tout en facilitant les conditions d’accès aux crédits pour augmenter les marges de manœuvre des opérateurs économiques, atténuer les chocs dans le court terme et pouvoir engager des investissements nécessaires pour la récupération et préparer la transformation».
Et de recommander, aussi « d’activer les accords commerciaux pour renforcer l’intégration commerciale et diversifier les marchés à l’exportation dans un objectif d’autonomie commerciale et d’augmenter le volume des investissements dans l’infrastructure économique et sociale à travers le budget de l’Etat et les PPP (partenariats public-privé).
L’amélioration des services collectifs en santé, éducation, filet de sécurité sociale, transport et logistique, permet de garantir la stabilité et une cohésion durable qui augmente la capacité d’absorption et d’adaptation ».
En 2ème lieu, l’Institut appelle à « stimuler la capacité de récupération, en restaurant rapidement les équilibres après crise, stabiliser la production agricole par la mise en œuvre d’une politique visant la modernisation des pratiques productives, principalement, l’amélioration de la gestion des ressources en eau et le soutien financier pour faire par face aux aléas climatiques ce qui permet de réduire la dépendance alimentaire et assurer un approvisionnement continu des marchés ».
Parmi les recommandations, figurent aussi, « la simplification des procédures administratives et la stabilisation du cadre règlementaire régissant le climat d’investissement, plus particulièrement, le cadre fiscal pour assurer plus de visibilité aux opérateurs économiques et la mise en place d’un dispositif institutionnel de coordination, de clarification des responsabilités et de suivi/évaluation des risques, tout en renforçant les capacités locales de gestion de crise ».
« Les collectivités territoriales devraient être dotées de compétences et d’outils adaptés, disposer de cellules de réponse rapide et associer les acteurs locaux aux dispositifs de relance ».
En 3ème, l’ITCEQ préconise d’accélérer la capacité d’adaptation, en transformant durablement les systèmes économiques, renforçant les mécanismes de reconversion des travailleurs dans les secteurs en difficulté et promouvant la mobilité professionnelle vers les filières porteuses, afin de soutenir la réallocation efficace des ressources humaines.
Il importe, encore de « développer les compétences d’avenir (numériques, vertes et managériales), en adéquation avec les besoins émergents du marché du travail et des transformations structurelles de l’économie et de retenir les talents en favorisant, notamment, la formation continue et en créant un environnement attractif pour les compétences locales et expatriées (politiques de rémunération compétitives, conditions de travail prometteuses, …) et ce, dans le but d’accompagner la transformation économique ».
Les autres recommandations portent sur « l’accélération de la mise en œuvre des projets de transition digitale et écologique dans une perspective d’adaptation pour réduire la dépendance commerciale, énergétique et technologique, la mobilisation des financements verts, le développement de filières locales et l’adoption de technologies propres dans les secteurs productifs ».
Il s’agit de « promouvoir l’économie circulaire pour optimiser l’usage des ressources et assurer plus d’autonomie au niveau de la chaîne d’approvisionnement et préserver les ressources stratégiques, notamment l’eau et l’énergie, relancer la politique industrielle et technologique, en soutenant les secteurs à haute valeur ajoutée, en stimulant l’innovation des PME et en encourageant la diversification par produit (produit touristique, produit agricole, etc…).
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