Projet de budget - 2027 : les règles strictes du gouvernement pour maîtriser les dépenses et la masse salariale

Le gouvernement a prévu des règles strictes visant à maîtriser la masse salariale et les dépenses de gestion, en orientant les recrutements exclusivement vers les secteurs vitaux et en plafonnant les avancements professionnels à un taux maximum de 40 %. Ces orientations figurent dans la circulaire n°2 publiée le 14 avril courant, adressée par le gouvernement aux ministres et aux secrétaires d’État dans le cadre de l’élaboration des grandes lignes du projet de budget de l’État pour l’année 2027.
La présidence du gouvernement rappelle que la masse salariale avait atteint en 2020, un niveau record de 16,1 % du PIB, ce qui a rendu nécessaire sa maîtrise. Dans ce cadre, la politique salariale prévue pour 2027, devra concilier stabilité financière, amélioration de la qualité des services publics, consolidation du rôle de l’État en matière d’emploi et contribution à la réduction du chômage.
Dans ce document interne, le gouvernement a fixé également un objectif de limitation de la croissance des dépenses de gestion à 3 % au maximum par rapport à 2026, appelant les structures publiques à mettre en œuvre des programmes concrets de rationalisation de la consommation d’énergie, d’eau et de carburant.
Par ailleurs, tout en réaffirmant son attachement à son rôle social et au principe d’équité, le gouvernement annonce son intention de réviser le système de subventions afin d’en renforcer l’efficacité et de garantir une meilleure orientation vers les bénéficiaires réels.
Dans le même cadre, les autorités prévoient d’engager une réforme des systèmes de sécurité sociale et de santé publique, en vue de consacrer le droit constitutionnel à une couverture sociale universelle. Le projet s’inscrit dans une rupture avec les modes traditionnels de gestion des ressources publiques, privilégiant une approche destinée à renforcer la résilience de l’économie nationale face aux chocs internationaux et à consolider la souveraineté nationale.
La circulaire précise que le projet de budget de l’État pour 2027, constitue une étape clé du plan de développement 2026-2030, visant à stimuler les moteurs de croissance et à créer de la richesse à travers la valorisation des ressources nationales et le développement de secteurs à forte valeur ajoutée.
Le document a prévu une feuille de route claire pour la maîtrise de la masse salariale, tout en respectant le cursus professionnel, à travers la modernisation des recrutements qui devront cibler les secteurs prioritaires, vitaux et la transition digitale.
Il a mis l’accent sur le redéploiement professionnel, afin de combler les postes vacants dans les secteurs qui enregistrent un manque d’effectif à partir des secteurs qui sont en surplus et partant éviter de nouveaux recrutements non nécessaires.
Le document en question vient mettre fin à la politique d’intégration de projets fictifs ou en phase de pré-maturation dans le budget de l’Etat et privilégier les projets dont les études techniques et financières ont été parachevées.
Par ailleurs, la circulaire prévoit certaines mesures ciblant la protection de l’environnement dont la généralisation des systèmes économes en énergie, de l’utilisation de l’énergie photovoltaïque dans les administrations publiques et la réactivation des systèmes de géolocalisation GPRS (General Packet Radio Service), pour surveiller les voitures administratives, en vue de réduire sensiblement la consommation de carburants. Il s’agit, également, de rationaliser la consommation d’eau, via la collecte des eaux pluviales dans les établissements publics.
Selon la même source, les ministères sont appelés à transmettre leurs propositions pour le budget de l’Etat 2027, au plus tard le 15 juin 2026, tandis que la date de finalisation des discussions des budgets sectoriels avec le ministère des Finances a été fixée à la fin du mois d’août, et ce, pour garantir la soumission du projet de la loi de finances à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) et au Conseil national des régions et des districts (CNRD) dans les délais constitutionnels (15 octobre 2026).
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