Qui sont ces hommes de l’ombre qui « tirent les ficelles en coulisse » ?

Qui sont ces hommes de l’ombre qui « tirent les ficelles en coulisse » ?

 

Le rapport de l’organisation internationale « Crisis Groupe » publié le 10 mai courant sous le titre for révélateur « La transition bloquée : corruption et régionalisme en Tunisie » a été repris par certains médias et diversement commenté. Il a mis à nue la déliquescence de l’Etat et son impuissance face à la « propagation de la corruption » qui a pris « des dimensions dangereuses » et « la montée des hommes de l’ombre ». On sent la gêne du gouvernement qui n’a pas encore réagi à son contenu.

Pour les auteurs du rapport,  «  le consensus politique entre les deux principaux partis, An-Nahda (islamiste) et Nida Tounes (nationaliste), en place depuis les scrutins législatifs et présidentiel de fin 2014, rend la scène politique de moins en moins lisible. Fragile et peu inclusif, il renforce la lutte entre « hommes de l’ombre » issus du milieu des affaires tirent les ficelles en coulisse pour défendre leurs intérêts économiques, ce qui nourrit la prolifération de l’affairisme et du clientélisme.

Depuis la chute du régime autoritaire qui limitait les affaires juteuses à un cercle restreint, la corruption se répand et se décentralise, alimentée par l’apparition de nombreux marchés lucratifs.

Tous les secteurs vitaux sont gangrénés par la corruption et notamment «  le ministère de l’Intérieur, les douanes et la justice ».

D’influents opérateurs économiques parviennent à marquer de leur empreinte l’agenda médiatique et politique, et des polémiques sur l’éthique douteuse de responsables politiques surgissent régulièrement. Comme l’observe un ancien conseiller à la présidence du gouvernement « en 2011-2015, nous savions que les réseaux du monde des affaires étaient puissants, mais nous savions aussi que nous avions le dessus sur eux. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Un opérateur économique disposant d’abondantes liquidités peut désormais faire éclater un parti politique ».

Avant la révolution, « il y avait, d’un côté, l’Etat et ses représentants sincères qui bénéficiaient d’un certain respect et, de l’autre, les mafieux, notamment la famille Trabelsi, qui étaient haïs. Aujourd’hui, c’est l’Etat lui-même qui est considéré comme mafieux. On n’arrive plus à distinguer l’Etat de la mafia. »

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