Remaniement, qu’on en finisse avec ce feuilleton de mauvais goût !

Remaniement, qu’on en finisse avec ce feuilleton de mauvais goût !

A peine quelque 18 mois nous séparent des deux grandes échéances électorales prévues pour 2019 et le feuilleton du remaniement du gouvernement continue de plomber le paysage politique nationale. Le Document de Carthage 2 annoncé par son initiateur le président de la république Béji Caid Essebsi, au début de l’année en cours n’a pas encore pris forme, puisqu’il n’a pas été adopté par la commission des présidents des organisations nationales et de partis politiques. Il s’agit, en fait, d’une nouvelle feuille de route qui doit fixer les priorités de la prochaine étape et qui seront concrétisées par le gouvernement, soit l’actuel remanié soit carrément un nouveau gouvernement.

Au cours de leur dernière réunion, lundi 14 mai, sous la présidence du chef de l’Etat Béji Caid Essebsi, les signataires du Document de Carthage n’ont pas tranché les points restés en suspens dont notamment le remaniement du gouvernement. Le président de la République a, dès le départ, fermé la porte aux spéculations en annonçant dans son mot d’ouverture que « le remaniement ministériel ne figure pas à l’ordre du jour de la réunion du Document de Carthage ». Selon lui, « il faudrait d’abord, parvenir à un accord, sur la politique à adopter, ensuite sur les personnes les mieux habilitées à l’exécuter ». Il a indiqué que « le document de Carthage 2 qui a été élaboré par une commission d’experts, fixe les priorités que le gouvernement s’engagera à concrétiser et comporte des détails qui pourraient être maintenus ou modifiés ».

Le document a été renvoyé à la commission des experts pour plus d’affinement. Réunie hier, elle a modifié le contenu en application des recommandations de la commission de présidents. La question lancinante du remaniement du gouvernement figure en première place. Les avis divergent entre un simple remaniement qui toucherait particulièrement les ministères défaillants et la suppression de plusieurs secrétariats d’état ou la formation d’un nouveau gouvernement avec un nouveau chef. Nidaa Tounes qui attribue son échec aux dernières municipales à Youssef Chahed en personne a déjà des noms à proposer à la Kasbah et dans d’autres ministères. Il est d’accord sur ce point avec l’UGTT qui voit d’un mauvais œil le maintien de Chahed. Toutefois, les deux centrales syndicale et patronales tiennent à un gouvernement de compétences non concerné par les prochaines échéances.  

La commission des experts est allée, hier, dans le sens d’un gouvernement dont les membres s’engagent à ne pas se présenter aux prochaines élections de 2019. Un point focal autour duquel s’est dégagée une certaine unanimité.

Vendredi ou samedi, la commission des présidents se réunira de nouveau autour du président de la république pour arrêter définitivement sa position. Un remaniement partiel ou un remaniement profond ? Le dernier mot revient à Béji Caid Essebsi qui pourrait tirer de son sous-main un nom surprise comme il l’a fait pour Chahed, ou tout simplement proposer de maintenir ce dernier pour des raisons de stabilité.

Tout est possible dans ce monde politique pourri. Mais qu’on en finisse avec ce feuilleton de mauvais goût !

B.O

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