Rien ne va plus entre Kaïs Saïed et son ministre des Affaires étrangères !

Rien ne va plus entre Kaïs Saïed et son ministre des Affaires étrangères !

Les rapports entre le président de la République Kaïs Saïed et son ministre des Affaires étrangères Othman Jerandi traverse une zone de turbulence pour le moins énigmatique. Une froideur extrême s’est installée entre les deux hommes, ce qui est anormal entre le patron en titre de la diplomatie et celui que ce dernier a nommé pour en être le metteur en musique.

Ce ne sont pas des supputations ou des suppositions qui le laissent entendre mais bien des constatations qui mises à bout à bout constituent un faisceau d’indices rendant incontestables des rapports distanciés entre le Palais de Carthage et la bâtisse du Nord Hilton, alors qu’ils sont supposés être particulièrement étroits.

Comme le constate Abdelwaheb Hani activiste politique bien versé dans les questions diplomatiques, les deux responsables n’ont pas eu de rencontre officielle depuis plus de cent jours. La dernière audience accordée par Kaïs Saïed à Othman Jerandi remonte au 7 octobre 2021, quatre jours avant la formation du gouvernement Najla Bouden où il a été reconduit dans ses fonctions alors que les bruits couraient qu’il sera remplacé.

Selon cette constatation, le dossier des affaires internationales ne fait pas partie à l’heure actuelle des priorités du chef de l’Etat, alors qu’il devait s’y pencher. D’autant qu’à ce moment des interrogations se posent dans le monde concernant la situation intérieure de notre pays au lendemain des mesures exceptionnelles décidées par le président de la République en vertu de l’article 80 de la Constitution mise entre parenthèses puisque la grande partie de ses dispositions ont été suspendues par le décret présidentiel datant du 22 septembre 2021.

D’autre part, on a constaté que le ministre Jerandi a été exclu des réunions restreintes que le chef de l’Etat tenait de temps à autre avec la Cheffe du gouvernement et les ministres régaliens( Justice, Défense nationale et Intérieur). De même au niveau de la préséance le ministre des Affaires étrangères est rétrogradé, puisqu’il est placé derrière la ministre directrice du cabinet présidentiel alors que cette dernière ne fait pas partie du gouvernement.

D’autres indices montrent aussi le peu de cas accordé au ministre des Affaires étrangères puisque des nominations ou des révocations dans le corps diplomatique sont opérés alors qu’il n’en était pas avisé, à l’instar du limogeage de l’ambassadeur en place à Manama ou la nomination du consul général à Paris.

Par ailleurs, le ministère a été étendu à la coopération internationale avec la nomination d’une secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères chargée de la coopération internationale en la personne de Mme Aïda Hamdi. Mais depuis sa nomination, elle n’a pas pris ses fonctions au ministère des Affaires étrangères, alors que les attributions du ministère de la coopération internationale, du développement et de l’investissement ont été transférées au ministère de l’Economie nationale et de la Planification dont le titulaire est Samir Saïed. Du reste la secrétaire d’Etat n’a pas donné signe de vie depuis sa prestation de serment, alors qu’on s’attendait à ce qu’elle prenne en charge les rapports de la Tunisie avec les bailleurs de fonds et à leur tête le Fonds monétaire international (FMI).
Illustration: photo d'archives
RBR

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