La micro-finance, une arme de lutte contre la pauvreté en Tunisie

La micro-finance, une arme de lutte contre la pauvreté en Tunisie
 
 
A l’occasion du Congrès national de la jeunesse, le Chef du gouvernement a fait savoir le 2  décembre 2016, que la création de l’emploi constitue l’une des priorités de son gouvernement, en veillant à l’encouragement des différentes initiatives, et l’aide des jeunes porteurs de petits projets à intégrer le mouvement économique.
 
Pour ce faire, le Premier ministre Youssef Chahed a annoncé que 250 millions de dinars ont été réservés au financement de petits projets, et que ce programme est déjà entré en exécution, au point que plus de 200 contrats pour des petits projets ont été signés à Jendouba.
 
En effet, la lutte contre le chômage et la pauvreté sont un double défi pour l’actuel gouvernement de même que ceux qui l’ont précédé. Dans cette perspective, l’encouragement de la libre initiative par le financement ne devrait se limiter aux titulaires de diplômes supérieures, mais plutôt cibler les couches sociales défavorisées, à travers la micro-finance qui cible les exclus du système bancaire classique en leur proposant des services financiers adaptés.
 
En ce sens, la micro-finance s’impose comme un instrument de lutte contre la pauvreté à travers la création d'emplois et la génération de revenus permanents, en fixant les populations dans leurs localités autour des micro-projets et micro-entreprises. C’est ce qui permet de réduire en premier lieu l'exode rural, tout en contribuant ainsi au développement économique national et local.
 
Les institutions de micro-finance se développent
 
En fait, le microcrédit est un crédit de faible montant, avec intérêts, accordé à des individus  n’ayant pas accès au circuit de financement traditionnel, pour le financement des toute petite entreprise, en vue de réduire la pauvreté et rendre les communautés autonomes. 
 
Pour ce faire, les institutions de micro-finance mettent à la disposition de leur clientèle, une large gamme de services financiers dans un objectif d’aide aux  pauvres à surmonter les crises et à gérer leurs besoins financiers, qui sont souvent d'une grande complexité. 
 
Les performances sociales de ces institution font référence à l'amélioration de la vie des clients pauvres et de leurs familles, par l'élargissement de la gamme d'opportunités socio-économiques pour la communauté. En effet, les objectifs sociaux de ces organismes consistent à servir un nombre croissant de pauvres et d'exclus sur une base durable d’amélioration de la qualité et l'adéquation des services proposés aux clients ciblés, ainsi que la création de bénéfices au profit de ses clients de même que leur famille et communauté.
 
En Tunisie, les institutions de micro-finance se développent depuis quelques années à une vitesse folle, au point qu’elles sont au nombre de cinq, à savoir Tayssir crée en mars 2014, Microcred en octobre 2014, Advans en janvier 2015, le Centre Financier aux Entrepreneurs  en avril 2015, et enfin Zitouna Tamkeen en mai 2016.  Par ailleurs, Enda Tamweel et Asad Tamweel ont reçu en 2015 un agrément de filiation de l’activité de microfinance, sans oublier la Banque Nationale de Solidarité ayant vue le jour en 1997. 
 
Il faut noter que trois autres instituts sont en attente d’un agrément par l’Autorité de Contrôle de la Microfinance, et dont ses agences poussent du nord au sud du pays dans les villages les plus reculés. C’est pourquoi, ces organismes sont appelés les «banques des pauvres».
 
Le dernier venu du secteur est Zitouna Tamkeen, prenant pour cible les citoyens qui porteraient toujours plus sur le financement islamique. En effet, 40% des personnes à la recherche d'un micro-crédit refuseraient les crédits habituels, et ont besoin d'un financement islamique. Pour ce faire, Zitouna Tamkeen intervient sur la base de deux modes de financement islamique, à savoir la mourabaha et le quard hassan, en accordant des prêts pouvant atteindre 20 000 dinars pour les activités génératrices de revenus, et 3 000 dinars pour l’amélioration des conditions de vie avec une durée maximum de 5 ans et un délai de grâce qui diffère selon la nature de l’activité. 
 
Sur le plan juridique, le décret-loi n°2011-117 du 5 novembre 2011 portant sur l’organisation de l’activité des institutions de micro-finance, permet à des sociétés anonymes d’accorder des microcrédits sous la forme d’une «aide à l’intégration économique et sociale», pour financer une activité génératrice de revenus et créatrice d’emplois, ainsi que le financement des besoins visant à améliorer des conditions de vie. 
 
Quant au contrôle du secteur, il relève des attributions de l’Autorité de Contrôle de la Microfinance dont la mission principale consiste à superviser les institutions de micro-finance. Sachant qu’un décret qui plafonne le taux d’intérêt pour les sociétés anonymes devrait être prochainement promulgué.
 
Yemen Seibi 
 

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