Tunisie-Baghdadi Mahmoudi: Réaction virulente du CNLT

Le Conseil National pour les Libertés en Tunisie estime que la Tunisie s’est déshonorée en livrant Baghdadi Mahmoudi. Voici le communiqué publié par le CNLT et signé par sa porte parole Sihem Bensedrine.

Le CNLT est choqué par la nouvelle de l’extradition vers la Libye de l’ancien premier ministre libyen, Baghdadi Mahmoudi, par les autorités tunisiennes.

Le CNLT considère que l’Etat tunisien a contrevenu par cet acte à ses obligations internationales relatives au droit d’asile. En vertu des traités internationaux auxquels la Tunisie est partie – et notamment la Convention de Genève de 1951- il lui est interdit de renvoyer une personne dans un pays où sa vie serait en danger, et où elle risque d’être soumise à la torture et de ne pas bénéficier d’un procès équitable.

Toutes les ONG de droits humains sont unanimes à estimer que la Libye n’offre actuellement aucune garantie de respect de l’intégrité physique des personnes et son système judiciaire n’offre aucune garantie pour un procès équitable. Tout le monde a pu être témoin de scènes de lynchage et de liquidation extra judiciaire qui ont accompagné la chute du régime de Kadhafi.

Le CNLT craint que cette extradition n’ait fait l’objet d’un marchandage indigne de la Tunisie post révolutionnaire qui s’est engagée à respecter les principes fondamentaux de droits humains.

Aucun des pays dans des situations similaires comme la France où se trouve Béchir Salah, le secrétaire particulier de Kadafi, le Qatar où Moussa Koussa, l’ancien patron des services spéciaux a trouvé refuge ou encore la Mauritanie qui détient Abdallah Snoussi, l’ancien chef des renseignements militaires, n’ont livré des personnes, même s’ils sont largement impliqués dans la répression sous l’ancien régime.

Le CNLT considère comme irrecevables les arguments opposés par certains justifiant cette extradition par son implication dans des crimes reconnus par le droit international.

Les autorités tunisiennes se sont déshonorées et ont déshonoré la Tunisie en s’affranchissant des principes et des valeurs de la révolution et de l’obligation de protéger tout étranger qui risque d'être persécuté dans son pays et qui est venu chercher asile sur son territoire.