Zones d’ombre sur l’enquête à propos de l’attentat du Bardo, selon des enquêteurs français

Zones d’ombre sur l’enquête à propos de l’attentat du Bardo, selon des enquêteurs français

 

Des enquêteurs et des avocats français représentant des membres des familles des victimes de l’attentat du musée du Bardo, un certain 18 mars 2015, affirment que d’inquiétantes zones d’ombre pèsent sur l’enquête menée par les services sécuritaires et judiciaires tunisiens

Le journaliste français d’investigation à RTL, Jacques Pradel, a indiqué que selon une enquête menée par deux journalistes du magazine « Sang-Froid », des doutes persistent sur la personnalité du juge d’instruction chargés du dossier, à l’époque à cause de ce qu’ils appellent les curieux "ratés de la justice tunisienne", qui est d’ailleurs l’intitulé de la contre-enquête française.

Tout en déplorant que le fait que près des deux tiers des données de l’affaire n’ont pas été communiqués par la justice tunisienne à son homologue française, les enquêteurs venus de France relèvent qu’une dizaine de personnes, fortement soupçonnés d’être des complices dans l’attentat ont été relâchés et on ne sait plus ce qu’ils deviennent puisque le juge d’instruction les avaient libérés sous prétexte qu’ils avaient été torturés lors de l’interrogatoire et que leurs aveux sont considérés comme nuls. Or, ajoute la partie française, à supposer qu’ils aient été effectivement torturés, ce qui n’a pu être vérifié, à part partiellement pour un seul présumé accusé, on pouvait ouvrir une enquête sur les accusations de torture tout en maintenant les présumés accusés dans l’attentat en état d’arrestation.

A ce propos, on se rappelle de la campagne menée par Ahmed Rahmouni, qui avait mis le paquet en multipliant les sorties sur les plateaux radiotélévisés en faveur des accusés de l’attentat et en plaidant pour l’obligation de les relâcher. Les enquêteurs français précisent, d’ailleurs, que selon des témoignages et autres recoupements concordants, « une partie de la justice et des services de sécurité tunisiens sont entre les mains des Islamistes » tout en relevant le fait curieux de « la promotion accordée audit juge d’instruction devenu Procureur de la République »…

En tout état de cause, l’équipe de journalistes et d’enquêteurs français affirment qu’ils sont déterminés à poursuivre leur mission parce que les proches des familles des victimes sont encore traumatisés et réclament que justice soit faite.

N.H

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