12.000 zéros au bac en langues pour des candidats au bac, ou la descente aux enfers de l'école

12.000 zéros au bac en langues pour des candidats au bac, ou la descente aux enfers de l'école

Au cours d’une conférence de presse sur la programmation, tenue ce vendredi 29 décembre 2017, le ministre de l’éducation Hatem Ben Salem a déclaré que 12.000 candidats au baccalauréat 2017 ont obtenu la note zéro en français(7.000) et en anglais(5.000). Il a, également, que son ministère mettra bientôt en place « un plan de remise à niveau des enseignants et des institutions scolaires ».

Evoquant les réformes de l'éducation entamées par son ministère, Ben Salem a souligné « l'importance d'améliorer l'environnement de l'élève afin qu'il soit adapté à ses capacités d'apprentissage et de création ». « Il faut », a-t-il ajouté « repenser le cadre éducatif afin qu'il puisse permettre à nos élèves de s'épanouir et d'exploiter le maximum de leur potentiel ».

Le constat est amer et prouve à quel niveau notre enseignement est descendu si bas. Les maux de l’école tunisienne sont connus et ils ne datent pas d’aujourd’hui, même s’ils se sont accentués au cours des dernières années. D’autres réformes ont été initiées et qui ont donné des résultats, parfois, mitigés. Elles avaient pratiquement les mêmes finalités, mais elles n’avaient pas réussi à endiguer l’enlisement de l’école dans une situation difficile à cause de l’inconstance des options et la contradiction des décisions successives.

La réforme de l’éducation est la mère de toutes les réformes. Elle nécessite du courage et des moyens. Les forces de résistance sont nombreuses parmi les enseignants notamment qui demeurent la cheville ouvrière de tout changement. Comment pourrait-on  remédier aux lacunes d'un système éducatif devenu obsolète, aux limites d'une pédagogie complètement dépassée et aux carences des enseignants en manque de formation et le plus souvent jetés en classe sans trop savoir comment s'y prendre. C'est le cas des milliers « d'instituteurs provisoires », ou encore de ces « amnistiés » qui ont perdu tout contact avec le milieu scolaire depuis de longues années ? Certes, ils ont le droit d’être réhabilités, mais pas au détriment des élèves.

La formation est le levier principal de toute réforme et au lieu de se tourner vers des dispositifs de rechange, il faudrait s'attaquer aux vrais maux du système éducatif, les programmes et la formation, l’amélioration de l’infrastructure scolaire et des conditions de travail avec l’implication de toutes les composantes de l’école, administration, syndicats, parents et société civile.

L'école est un tout qui gravite autour d'un élément central qui est l'élève. Or, cet élément central semble de plus en plus sacrifié sur l’autel des caprices de certaines composantes de la famille éducative.  Aux grands maux, les grands remèdes, dit-on. Et aux grandes réformes, les gros moyens. Or, et il n'est un secret pour personne, les caisses de l'Etat sont vides. Le budget du ministère de l'Education se réduit comme peau de chagrin et de 30% du budget général de l'Etat, il est tombé à 15% actuellement dont 95% vont aux salaires. Comment alors va-t-on s’y prendre pour financer cette nouvelle réforme et comment la faire aboutir dans un climat politique morose et dans une conjoncture économique et sociale difficile ? Dégraisser le mammouth et mobiliser les moyens, sans cela, la réforme risquerait de demeurer un vœu pieux.

B.O

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