22.000 sociétés étrangères « fictives » en Tunisie !

22.000 sociétés étrangères « fictives » en Tunisie !

Les malheurs s’enchaînent sur notre pays déjà confronté à des difficultés internes d’ordre social et économique et au bouclage du budget de l’année 2018.  A peine sorti de la liste noire « des paradis fiscaux » des ministres des Finances européens, qu’il entre dans une autre qui va lui flanquer, pour une durée d’au moins un an, celle des « pays tiers susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme ». La décision est tombée au moment où le gouvernement déploie une opération séduction pour attirer les investisseurs étrangers afin de boucler son budget et s’apprête à sortir sur le marché monétaire international pour obtenir de nouveaux crédits. Cette réputation « sulfureuse » qui, certes ne vaut pas « sanction », risque d’entraver ses démarches et d’impacter la décision du FMI pour débloquer la nouvelle tranche du crédit. Elle envoie, également, un mauvais signal aux investisseurs et aux créanciers du pays.  Le vote du parlement européen met, en effet, en cause l'existence de « failles dans le système financier du pays qui pourraient permettre l'introduction d'importantes sommes d'argent dont l'origine serait difficile à contrôler ». Cet argent pourrait servir au « financement du terrorisme ».

Pourtant, le vote du parlement était prévu et connu depuis plus de deux mois. Le Groupe d'action financière(GAFI), qui est un organisme intergouvernemental créé en 1989 « surveille les progrès réalisés par ses membres dans la mise en œuvre des mesures requises, examine les techniques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme ainsi que les mesures permettant de lutter contre ces phénomènes, et encourage l’adoption et la mise en œuvre des mesures adéquates au niveau mondial ». Il a appelé, en 2012, la Tunisie, à se conformer au nouveau   « cadre des mesures devant être mises en œuvre » pour « lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que le financement de la prolifération des armes de destruction massive ». Ce groupe a alerté, en 2017, le gouvernement tunisien sur une « aberration » relevée par l’Organisation de coopération de développement économique (OCDE) concernant les 28.000 entreprises étrangères installées en Tunisie. En effet, 22.000 de ces entreprises ne font travailler aucun employé. Ces statistiques ont été reprises par dans un article publié ce samedi dans la Presse par un l'expert Mohamed Hammadi Jarraya qui est président de l'Observatoire Tunisia Progress. De quoi susciter de fortes doutes quant leurs vrais desseins. Des sociétés « fictives », en fait.

 Ce nouveau « blacklistage » traduit, en fait, « les maux qui gangrènent l'économie et les finances publiques ». Selon les statistiques officielles, le secteur informel représente près de 54% de l’économie nationale alors que, selon l’instance de lutte contre la corruption (INLUCC), 25% des marchés publics ne sont pas conformes à la réglementation en vigueur.  De quoi donner le tournis au gouvernement.

B.O

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