Abdelkrim Zbidi a-t-il mis Youssef Chahed dans de mauvais draps ?

Abdelkrim Zbidi a-t-il mis Youssef Chahed dans de mauvais draps ?

Comme attendu, le ministre de la défense Abdelkrim Zbidi a déposé, ce mercredi 07 août, sa candidature à l’élection présidentielle anticipée. Il a été parrainé par plusieurs députés de tous bords dont certains membres du groupe parlementaire du mouvement Tahya Tounes. Dans la foulée, Zbidi a annoncé sa démission pour éviter tout soupçon d’utilisation des moyens de l’Etat au cours de sa campagne électorale. Ce faisant, il a acculé le chef du gouvernement Youssef Chahed et l’a mis dans de mauvais draps.

En effet, si Chahed va se présenter à l’élection présidentielle, ce qui est fort probable, il sera confronté non seulement à d’autres candidats sérieux, mais également à l’un de ses ministres qui de surcroit se trouve soutenu par plusieurs partis et   personnalités dont des députés de son groupe. Le ministre de la défense démissionnaire est réputé proche du président défunt Béji Caid Essebsi et il a été le dernier à l’avoir rencontré trois jours avant sa mort. Alors que Chahed a vu son rendez-vous avec BCE prévu pour le 19 juillet dernier, annulé sans explication. Les accusations de félonie qu’il récuse fermement, ne semblent pas l’avantager chez une bonne frange de la société, notamment chez ceux et celles qui portent encore le président défunt dans leur cœur.

Sur un autre plan, la démission de Zbidi de son poste de ministre de la défense est un message à Youssef Chahed qui, en cas de candidature devrait soit démissionner soit déléguer ses pouvoirs à l’un de ses ministres. Et bien que ni la Constitution ni la loi électorale ne l’obligent à quitter son poste, il serait mal vu de rester à la primature, alors qu’il est déjà accusé d’utiliser les moyens de l’Etat pour sa propre personne et pour son parti. Les ministres et les conseillers du chef du gouvernement désignés à la tête de listes électorales dans les élections législatives sont, à leur tour, appelés à démissionner pour éviter toute confusion et à suivre l’exemple de Mohamed Fadhel Mahfoudh, le ministre chargé des relations avec la société civile, les instances constitutionnelles désigné tête de liste de Mashrou Tounes à Sfax. Alors que le conseiller du chef du gouvernement Kamel Haj Sassi, a bénéficié, à l’âge de 72 ans, d’une année supplémentaire de maintien en activité deux jours avant sa désignation à la tête de la liste de Tahya Tounes à Sfax. Chose qui a été dénoncée par l’organisation I Watch.

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