Bourde de Sadok Gahbich durant l'émission "Data Sport" : Le dérapage de trop !

Bourde de Sadok Gahbich durant l'émission "Data Sport" : Le dérapage de trop !

Alors qu'il abordait l'actualité sportive durant l'émission de Diwan FM, "Data Sport", le chroniqueur Sadok Gahbiche a tenu des propos déplacés en direct. La séquence a été marquée par un écart de langage assez préoccupant en lien avec le parcours du club de football de la Jeunesse Sportive Kairouanaise.

La radio a jugé bon de supprimer la vidéo, croyant que l'incident passerait inaperçu. C'était sans compter sur les réflexes des internautes. Désormais, des milliers de vidéos de quelques secondes reprenant le passage exact circulent sur les réseaux sociaux.

De son côté, Sadok Gahbiche a présenté des excuses publiques à l'intention des auditeurs, du public et des dirigeants de Diwan FM, mais pas à l'égard de la Jeunesse Sportive Kairouanaise.

L'incident a bien évidemment fait l'objet de plusieurs débats enflammés sur la Toile. Certains ont pointé du doigt une certaine schizophrénie, considérant que le langage utilisé par Monsieur Gahbiche était commun et utilisé par tout le monde. Néanmoins, l'utilisation d'un mot considéré comme grossier par la majorité des citoyens de sexe masculin justifie-t-elle son usage à la radio ou à la télévision ? Incontestablement, non !

On ne peut taire l'affaire et la faire passer pour un simple incident, car cet écart de langage témoigne de la défaillance des médias et de leur incapacité à faire appel à des intervenants maîtrisant les règles les plus élémentaires de l'audiovisuel.

Depuis quelque temps, on ne voit plus de techniciens du football ou d'anciens entraîneurs de renom donner leur avis, entamer une véritable analyse d'une rencontre ou évaluer un joueur. Les plateaux de football font de plus en plus appel à des personnes qui se limitent à des analyses superficielles, similaires aux échanges que l'on a l'habitude d'entendre dans les bars et les cafés.

À force de vouloir concurrencer les réseaux sociaux et de chercher le buzz, les émissions sportives se sont transformées en espaces de bouffonnerie, d'insultes gratuites et d'incitation à la haine. Le problème est devenu systémique, car les plateaux font du copier-coller sans trop se soucier de la qualité du contenu ni de la pertinence de l'information.

Malheureusement, ce phénomène ne s'est pas limité aux pelouses de football. Il s'agit d'une pathologie médiatique généralisée qui ronge l'intégralité de la vie publique. De la politique au sport, en passant par l'économie, la compétence semble être devenue un critère secondaire.

Les plateaux de radio et de télévision ouvrent désormais leurs portes à des charlatans et à des pseudo-experts dont le rôle est de désinformer, de créer des conflits ou de générer du contenu viral avec une audace et une assurance inversement proportionnelles à leur savoir. 

Malheureusement, en installant des imposteurs derrière des micros, les médias brouillent les repères des citoyens : les paroles d'un expert sont mises sur le même plan que celle d'un polémiste de café et c'est la vérité elle-même qui s'efface ou mute.

 

S.G

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