Ce qu’il faut savoir sur le XVIIIe Sommet de la Francophonie de Djerba

Ce qu’il faut savoir sur le XVIIIe Sommet de la Francophonie de Djerba

Le XVIIIe Sommet de la Francophonie a débuté du 19 au 20 Novembre 2022 sur l'île de Djerba, au sud-est de la Tunisie, avec la participation de 31 chefs d'État et de gouvernement, 5 députés (Premiers ministres), un grand nombre de ministres des Affaires étrangères et ministres en charge de la Francophonie, ainsi que des ambassadeurs et des représentants des organisations internationales et régionales.

Depuis 1986, le Sommet de la Francophonie se réunit tous les deux ans au niveau des chefs d'État et de gouvernement des pays francophones, affiliés à l'OIF. L'organisation dont le siège est à Paris, réunit 88 pays, et ses principales missions sont axées sur la promotion de la langue française, la diversité culturelle et linguistique, la paix, la démocratie, les droits de l'homme et le soutien à l'éducation.

Conférence ministérielle de la Francophonie

Cette ouverture a été précédé par les travaux de la 43e session de la Conférence ministérielle de la Francophonie qui ont débuté le Vendredi  18 novembre à Djerba.
Pendant ces travaux, le projet de l'ordre du jour du sommet, ainsi que des projets de résolutions et recommandations à adopter au sommet, ont été examinés par les ministres, selon les organisateurs.
Sous la présidence du ministre tunisien des Affaires étrangères, Othman Jerandi, ils ont abordé plusieurs points liés notamment à la coopération multilatérale francophone et aux questions administratives et financières relatives à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

La Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, a présenté le rapport des travaux du Conseil permanent de la Francophonie, qu'elle préside, ainsi que les actions menées en 2022 et les ambitions de la Francophonie en faveur de la langue française.

Ouverture du Sommet de la francophonie


 

La cérémonie d'ouverture a vu la passation de pouvoir entre le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, dont le pays a abrité le précédent Sommet en 2018, et le président tunisien Kaïs Saïed, désormais président en exercice du Sommet de la Francophonie.

A la suite des allocutions des deux chefs d'Etat, la Secrétaire générale de la Francophonie a pris la parole. Louise Mushikiwabo a d’abord tenu à saluer l’engagement de la Tunisie dans la Francophonie et le rôle visionnaire d'un de ses pères fondateurs, l'ancien président tunisien Habib Bourguiba.

Se projetant sur l’avenir, Louise Mushikiwabo a évoqué trois grands objectifs sur lesquels la Francophonie devrait se focaliser à l’issue de ce Sommet : l’action pour les jeunes et les femmes autour de projets à fort impact, l’influence sur la scène internationale et l’attractivité, notamment en termes économiques et culturels.

Le président tunisien Kaïs Saïed a déclaré, à l'ouverture du sommet, que "nous devons rêver d'un monde meilleur pour le bien de toute l'humanité, un monde fondé sur la justice, la liberté et des idéaux que nous sommes appelés à partager avec toute l’humanité".

Il a souligné que "la tenue de ce sommet est le fruit d'un travail collectif continu avec une volonté solide de l'organiser dans les meilleures conditions et de le faire aboutir, afin d'obtenir des résultats tangibles et concrets".

"Malgré tous les obstacles et tous les changements, la Tunisie a été fidèle à ses engagements avec la tenue de ce sommet", a ajouté Saïed.

Le Premier ministre arménien, Nikol Pashinyan, qui a cédé la présidence du sommet au pays hôte, la Tunisie, a déclaré que "face aux crises multiples, nous saluons l'engagement des francophones pour un ordre mondial fondé sur des règles qui respectent la souveraineté des États".

Pashinyan a souligné que le monde vit une situation exceptionnelle et des guerres, qui ont eu des répercussions sur les approvisionnements en énergie au niveau international.

Les travaux du XVIIIe sommet de la Francophonie sont été suspendus et ont repris le lendemain. 

Concert d’Ouverture par Amine Bouhafa 

C’est avec un morceau musical de Djerba, terre d’accueil des assises du Sommet de la Francophonie ouvert le Samedi 19 Novembre 2022 en présence du Président de la République Kais Saied et son épouse, de la Cheffe du gouvernement Najla Bouden, de la Secrétaire générale de l’OIF Louise Mushikiwabo, de membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique et de plusieurs personnalités et membres des délégations participantes, que le spectacle d’ouverture a été donné Samedi soir au théâtre de plein air de l’Ile.

Réalisé par Amine Bouhafa, ce concert a mis en valeur la richesse culturelle du monde francophone. De nombreux chanteurs et musiciens, comme Eya Daghnouj, Mohamed Ali Chebil, Houcine Miloud, Skander Ben Abid, Lina Chemamien (Syrie), Angélique Kidjo (Bénin), Lionel Swarez, Henri Dorina (France), Mokhtar Samba (Sénégal) et Lvon Minassian (Arménie), ont participé à cette performance culturelle.

Par la suite, les chefs de délégation invités ont eu un dîner avec la Secrétaire générale.

Clôture du Sommet de la francophonie

Le XVIIIe Sommet de la Francophonie s’est achevé le 20 novembre 2022 à Djerba. Au bilan, l’adoption de plusieurs textes qui engagent la Francophonie à l’horizon 2030, la réélection de Louise Mushikiwabo au poste de Secrétaire générale et la désignation de la France pour accueillir le prochain Sommet en 2024.

Lors du sommet, les participants ont abordé la question du numérique comme vecteur de développement et de solidarité – thème du Sommet, le rôle des femmes et des jeunes en tant que vecteurs de paix et acteurs de développement, ou encore le contexte de défiance citoyenne croissante.

Plusieurs textes normatifs ont été adoptés, dessinant les contours de la Francophonie de l’avenir:  

Le « Cadre stratégique 2023-2030 », qui fixe de nouveaux objectifs stratégiques pour une coopération multilatérale francophone toujours plus pertinente.

La « Déclaration sur la langue française dans la diversité linguistique de la Francophonie », dans laquelle les signataires s’engagent à promouvoir davantage l’usage du français dans l’espace francophone et au-delà 

Le « Règlement relatif à la procédure d’adhésion ou de modification de statut d’un État ou gouvernement auprès de l’OIF », qui entérine la réflexion sur l’identité et l’appartenance à la Francophonie.

Deux textes politiques reflètent également les échanges et la recherche de consensus entre les Etats et gouvernements de l’OIF sur les grands enjeux mondiaux et les situations de crise dans l’espace francophone :
 
La « Déclaration de Djerba »
 
La « Résolution sur les situations de crise, de sortie de crise et de consolidation de la paix dans l’espace francophone » (disponible le 23 novembre)

Les chefs d'Etats et dirigeants des pays francophones ont réélu, lors d'une séance à huis-clos, la secrétaire générale de l'OIF, Louise Mushikiwabo, à l'unanimité, pour la période 2023 - 2026.

Mushikiwabo a indiqué qu'elle voulait exprimer sa gratitude à la Tunisie pour l'accueil, l'hospitalité, la bonne organisation et son soutien en tant que secrétaire générale, en offrant à Kaïs Saïed, trois livres d'une grande valeur, à l'occasion du cinquantenaire de l'Organisation. Il s'agit de livres du Québec (Canada), du Rwanda et de France et de Palestine, qui ont été produits au cours des trois dernières années (2019, 2020, 2021) et publiés, cette année, pour célébrer le 50ème anniversaire de l'OIF.

Après la passation effectuée avec l’Arménie, la Tunisie assurera la présidence du Sommet pour les deux prochaines années.

Ouverture du Forum Economique de la Francophonie

Lors du démarrage de la 4ème édition du Forum économique de l’OIF, le Dimanche 20 Novembre, le président de la République, Kais Saïed, a souligné que ce Forum garantit une croissance commune aux Etats membres de l'OIF, à travers des mesures concrètes pouvant être mises en œuvre sur le terrain.

Ces mesures devraient permettre, aussi, de créer une valeur ajoutée pour le financement et la création d'une zone de libre-échange numérisée et des investissements multisectoriels.

Saïed a estimé que malgré la diversification de l'espace francophone, quelques pays ne parviennent pas à réaliser leur décollage économique, estimant que la mise en place d'une nouvelle stratégie économique de l'Organisation doit répondre aux demandes des peuples, soutenir les institutions économiques et assurer une reprise du développement.

Ce Forum placé sous le thème « Pour une croissance partagée dans l’espace francophone », se veut un cadre d’échange pour renforcer le dialogue et d’identifier de nouvelles opportunités de coopération et de partenariat entre les pays de l’espace francophone.

Clôture du Forum Economique de la Francophonie

Najla Bouden, cheffe du gouvernement a annoncé que la Tunisie avait soumis une proposition lors du Sommet de la Francophonie pour créer un fonds destiné à financer les entreprises émergentes travaillant dans le domaine de la numérisation dans l’espace francophone. Cette proposition a été acceptée, ce qui contribuera à réduire la fracture numérique entre les pays francophones.

L’intégration numérique sera une opportunité pour de nouveaux horizons et permettra à nos jeunes, sans aucune discrimination, de développer un réseau qui inclut leur potentiel et développe leurs idées innovantes, projets, entreprises et startups.

Elle a appelé tous les participants au forum à saisir les opportunités qu’offre le « Terre de Tunisie », en mettant à profit sa situation géographique, la qualité de ses infrastructures, son capital humain et l’attractivité de son climat des affaires, qui en fait l’un des pays qui contribuent de manière essentielle à l’atteinte des objectifs communs de l’espace francophone.

La cheffe du gouvernement a consacré hier 8 startups tunisiennes “qui ont brillé chacune dans son secteur d’activité”, d’après la présidence du gouvernement. Ces prix FEF Djerba 2022 ont été reçus par:  Karim Beguir, (cofondateur de InstaDeep); Karim Jouini, (cofondateur de Expensiya); CyrineChaalala, (cofondatrice de Next protein); Marwen Amamou, (fondateur de Paymee); Khaled Bouchoucha, (fondateur de Beekeeper Tech); Ayhem Ghanmi, (fondateur de Hack Up); Olfa Kilani, (cofondatrice de Kyto-Prod); et Amira Cheniour, (cofondatrice de Seabex).

Malek Chouchi

Votre commentaire