De grâce, l’ère des « mounachadat » est bien révolue !

De grâce,  l’ère des « mounachadat » est bien révolue !

 

Néji Jalloul a ouvert le bal. Il s’est dit favorable à un second mandat de Béji Caïd Essebsi. En tout cas, il serait heureux que l’actuel chef de l’Etat brigue un second mandat et il le soutiendra. On comprend que le ministre de l’Education, mis en difficulté par les syndicats qui cherchent à l’éjecter de son poste a besoin de soutiens de haut niveau. On sait aussi qu’il a beaucoup de considération pour le « possesseur de la patente » grâce à qui il a adhéré au mouvement Nidaa Tounés.

Jalloul n’est plus seul. Puisqu’un autre dirigeant nidaïste lui a emboité le pas, quand bien même il a tenté d’y mettre les formes. Raouf Khammassi, membre de l’instance politique du parti présidentiel a dit qu’il est du droit de Béji Caïd Essebsi de briguer un second mandat comme la Constitution le lui permet. Il a ajouté qu’il est, c'est-à-dire BCE « le plus habilité à diriger le pays dans les prochaines étapes décisives ».

Au cours des prochains mois, d’autres diront la même chose. Certains y iront par des phrases encore plus insistantes. On ne serait pas loin des « mounachadat » ces sollicitations adressées à l’endroit de l’ancien président Ben Ali et qui ont accéléré les sentiments de rejet à son égard.

Nonobstant le fait que Béji Caïd Essebsi ait déclaré qu’il se contentera d’un seul mandat et qu’il remettra le flambeau à une génération plus jeune, il est pour le moins prématuré que cette question soit évoquée maintenant.

Néanmoins seul le président de la république peut en parler sans arrière-pensée. De grâce, ne donnons pas l’impression que des pressions seront exercées sur lui.

L’on sait en effet que les entourages sont souvent enclins à pousser dans des directions qui servent leurs intérêts. On en a même la certitude. C’est même de cette façon que Bourguiba puis Ben Ali ont été poussés vers leur perte.

Le premier lorsqu’on lui a présenté les bienfaits d’une présidence à vie qui a transformé la nature du régime. Le second quand les sollicitations ont commencé à pleuvoir alors qu’il venait d’entamer le mandat de trop.

L’histoire est un éternel recommencement à moins qu’on cherche à apprendre les leçons qu’elle nous sert sur un plateau d’argent.

RBR

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