Financer l’expansion africaine des entreprises tunisiennes : le private equity au cœur des débats ATIC–TABC

Financer l’expansion africaine des entreprises tunisiennes : le private equity au cœur des débats ATIC–TABC

Le Tunisia Africa Business Council (TABC) vient d’organiser une conférence-débat ATIC–TABC, suivie de l’Assemblée Générale Ordinaire du TABC. Cet événement a réuni des décideurs, investisseurs et dirigeants d’entreprises autour des enjeux liés au financement de l’expansion africaine des entreprises tunisiennes.

La conférence-débat a permis d’établir un diagnostic sans concession des défaillances structurelles qui freinent encore le déploiement panafricain des entreprises tunisiennes. Les échanges ont mis en évidence plusieurs obstacles récurrents, au premier rang desquels figurent l’aversion systémique au risque d’un secteur bancaire peu présent sur le continent africain, les rigidités persistantes de la réglementation des changes entravant la fluidité des transferts de devises et la réactivité des investissements, ainsi que le gap de financement entre les besoins en fonds propres et en garanties des opérateurs et les instruments de dette conventionnels.

Dans ce contexte, l’ingénierie financière s’impose comme un levier stratégique majeur d’expansion, avec un recours croissant au private equity pour structurer l’internationalisation, optimiser les structures de capital et mettre en place des véhicules de co-investissement permettant de mieux mitiger le risque-pays. L’émergence des Fonds d’Investissement Spécialisés (FIS), conjuguée au déploiement du fonds de fonds ANAVA à travers ses Child Funds, offre des solutions particulièrement adaptées. Ces mécanismes permettent de lever et de déployer des financements directement en devises, de s’affranchir des contraintes de transfert pour les opérations de développement à l’international et de sécuriser les sorties pour les investisseurs institutionnels internationaux.

Ces instruments se distinguent également par leur flexibilité opérationnelle, facilitant le sourcing et l’exécution de transactions transfrontalières sans subir les délais réglementaires du marché local. Par ailleurs, les fonds de dette constituent une alternative agile et complémentaire, en apportant des solutions de dette privée adaptées au profil de risque des marchés africains, sans dilution excessive du capital. Il ressort de ces échanges que la réussite de l’expansion africaine des entreprises tunisiennes passe nécessairement par un changement de paradigme en faveur du private equity et des fonds de dette, adossé à une modernisation du cadre réglementaire des changes, condition sine qua non pour libérer pleinement l’efficacité de ces instruments.

La rencontre s’est poursuivie par la tenue de l’Assemblée Générale Ordinaire du TABC, marquée par la présentation du Bilan d’Activités 2025, du Rapport Moral 2025, des états financiers, ainsi que du Programme d’actions du TABC pour l’année 2026.  

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