Immigration: L’Espagne décide de régulariser un demi-million de sans papiers

 Immigration: L’Espagne décide de régulariser un demi-million de sans papiers

 

« C’est un jour historique » a déclaré mardi la ministre espagnole de l’Inclusion et de l’immigration, Elma Saiz. Après être parvenu à un accord avec la gauche radicale de Podemos, le gouvernement de coalition (socialistes-extrême gauche) donne son feu vert à la régularisation des immigrés arrivés sur le territoire espagnol avant le 31 décembre dernier et ne présentant aucun antécédent judiciaire.

Dès le mois d’avril, ils pourront entamer la procédure pour l’obtention d’un permis de résidence d’un an, renouvelable. Entre 500 000 et 800 000 étrangers en situation irrégulière pourront bénéficier du nouveau décret. Il leur permettra d’avoir un travail dans n’importe quel secteur et dans n’importe quelle région », indique la ministre, qui estime que le travailleur et les entreprises y gagnent en sécurité juridique.

Car pour la première fois depuis 2008, le taux de chômage vient de passer sous la barre des 10 %. Or, l’Espagne manquait déjà de main-d’œuvre dans les transports, la santé, le bâtiment ou encore l’agriculture…

Cela fait déjà longtemps que nous dépendons de l’immigration pour occuper des postes. La terre, c’est dur, et tout le monde ne veut pas y travailler, explique Alfredo Berrocal, président de l’Union des agriculteurs et éleveurs d’Espagne. C’était absurde d’avoir des gens qui voulaient travailler mais ne le pouvaient pas à cause de papiers, alors que nous manquons de main-d’œuvre.

Cette nouvelle loi découle d’une initiative citoyenne qui avait recueilli 700 000 signatures l’année dernière, mais aussi d’un accord conclu entre les différentes gauches espagnoles. Car s’il veut aller au bout de son mandat en 2027, le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, doit donner des gages à ses partenaires de gauche radicale.

Depuis plusieurs mois, il cumule les casseroles, entre des enquêtes judiciaires impliquant son frère et son épouse, soupçonnés de trafic d’influence ; l’incarcération préventive de ses plus proches conseillers dans une affaire de corruption et des cas de harcèlement sexuel au sein de son parti. De quoi faire tanguer la coalition gouvernementale, qui demande plus de mesures sociales. La droite, elle, dénonce un écran de fumée et craint un appel d’air.

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