Investissements : Perspectives prometteuses pour la Tunisie à la lumière de la nouvelle conjoncture mondiale

Investissements : Perspectives prometteuses pour la Tunisie à la lumière de la nouvelle conjoncture mondiale

 

Les dernières évolutions sécuritaires dans la région du Moyen-Orient entraineront des répercussions économiques sur l’ensemble des pays de la région et ceux d’Afrique du nord, comme la Tunisie qui devrait renforcer sa position en tant que destination attractive pour les investissements.

Pour le Directeur général de l'Agence de promotion de l'investissement extérieur (FIPA) Jalel Tebib, les derniers développements survenus dans les pays du Golfe pourront renforcer la position de la Tunisie en tant que site attractif, voire un « refuge » pour les investisseurs étrangers, notamment ceux orientés vers les grands marchés européens.

Dans une récente interview télévisée réalisée au studio de l'agence TAP, le responsable a expliqué que grâce à sa proximité géographique avec l’Europe, la Tunisie se positionne naturellement comme une destination stratégique pour ces investissements étrangers, notamment, en provenance d'Asie du Sud-est, de l’Europe et de l’Europe de l’Est, qui ont déjà exprimé leur volonté d’investir en Tunisie afin de rapprocher les chaines d’approvisionnement du consommateur européen.

Ces prévisions interviennent dans un contexte géopolitique caractérisé par une escalade des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis. Alors que les répercussions économiques de ce conflit se font sentir à l’échelle régionale et mondiale, plusieurs scénarios pourraient être envisagés pour tenter d’y mettre fin, selon plusieurs analystes et experts économiques.

S’agissant des répercussions de ce conflit sur le secteur énergétique en Tunisie, le secrétaire d’Etat chargé de la transition énergétique Wael Chouchane a déjà affirmé que son département, en coordination avec celui des finances, est prêt sur les plans financier et logistique à faire face à la hausse des prix de pétrole sur le marché mondial en cette conjoncture de guerre contre l’Iran et les tensions actuelles.

A la fin de l’année 2025, la Tunisie est parvenue à attirer des flux d’investissements dépassant les 3,5 milliards de dinars et les prévisions tablent sur 4 milliards de dinars (MD) pour l’année 2026, grâce notamment à l’attractivité du secteur industriel qui a accaparé la plus grande part de ces investissements outre les projets dans le domaine des énergies renouvelables.

Les données publiées révèlent que la répartition par pays du flux des investissements directs internationaux hors énergie place les partenaires traditionnels de la Tunisie, la France, l’Allemagne et l’Italie en tête de liste. Les mêmes indicateurs dévoilent, en outre, l’entrée de nouveaux acteurs économiques à la recherche d’un climat d’affaires pourvoyeur de compétences logistiques et capable d’accéder rapidement aux marchés mondiaux, ce qui permettra d’augmenter la contribution de l'investissement étranger au produit intérieur brut (PIB), laquelle (contribution) devra osciller entre 3 et 4%.

Dans ce contexte, les cadres législatifs jouent un rôle de premier plan pour rassurer l’investisseur étranger à travers notamment la mise en place de garanties légales, des incitations financières et fiscales attractives. Pour ce faire, la Tunisie a entrepris plusieurs mesures visant à améliorer le climat d’investissement, notamment, la simplification des procédures pour les investisseurs, notamment, à travers la suppression de plusieurs autorisations et la révision en cours de la loi sur l’investissement.

// Stratégie globale pour renforcer l’investissement étranger et développer l’infrastructure et les services

En termes de promotion, les structures gouvernementales œuvrent à concrétiser une nouvelle stratégie visant à attirer les IDE directs qui prend en considération les changements survenus sur la scène internationale en matière d’investissement.

Cette stratégie vise principalement à doubler les investissements pour atteindre 4 milliards de dinars en 2026 tout en se focalisant sur les secteurs à haute valeur ajoutée comme les industries de composants automobiles et d’avions, les industries de médicaments, l’économie numérique et les industries alimentaires mécaniques et électriques ainsi que le textile-habillement.

La même stratégie a pour objectif de renforcer le taux d’intégration dans le secteur automobile qui devra passer de 40 à 55% en 2026, outre l’adoption d’une approche sectorielle basée sur la matrice pays/secteur afin d’orienter les efforts vers les activités les plus rentables.

Cette approche cible également le renforcement des outils de communication directe avec les investisseurs et le ciblage des entreprises capables de créer des chaînes d’approvisionnement intégrées. Il s’agit, également, d’adopter une approche basée sur des canaux numériques modernes sous le slogan » Investir en Tunisie ».

L’objectif recherché est d’unifier les programmes promotionnels et d’élargir leur portée conformément au programme économique et social du gouvernement pour l’année 2026. Dans le cadre des efforts déployés pour améliorer l’expérience des investisseurs, les autorités concernées œuvrent à développer des services d’accompagnement en organisant des visites régulières auprès des entreprises étrangères et en simplifiant les procédures administratives relatives aux permis, aux visas et aux opérations de dédouanement, outre l’appui aux plans d’élargissement et les moyens de faciliter l’accès au financement et aux biens fonciers.

Cette stratégie mettra en exergue les atouts compétitifs du pays, notamment ses ressources naturelles, sa situation géographique et son capital humain contribuant ainsi à orienter les investissements vers des secteurs prometteurs tels l’agriculture, le tourisme, l’industrie et les services. Ces efforts s’inscrivent dans le cadre d’une vision globale visant à attirer des investissements qualitatifs et à développer les partenariats entre les entreprises locales et étrangères.

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