La maison brûle et notre président s'emmure dans un silence assourdissant!

La maison brûle et notre président s'emmure dans un silence assourdissant!

La Tunisie s’enfonce de plus en plus dans une crise multiforme sans précédent. Sociale, économique et politique, mais également morale. Les Tunisiens sont épuisés par cette ébullition, excédés par ces querelles de clochers, dégoutés par ces débats politiques interminables, fatigués par cette expectative qui n’a que trop duré, et angoissés face à un avenir qui ne s’annonce pas sous de bons auspices. L’économie est exsangue, avec une dette extérieure qui a franchi le cap des 90%, le glissement du dinar qui ne pèse plus rien devant les principales monnaies, une balance commerciale largement déficitaire, une inflation qui frôle les 6% et des prix qui suivent une courbe ascendante. La situation économique calamiteuse et le climat est tout simplement délétère. Ceux qui tiennent les rênes du pouvoir sont dans l’incapacité de faire miroiter un message d’espoir.

On a cru que la résolution de la crise d’El Kamour allait ouvrir de nouvelles perspectives devant d’autres régions où le taux de pauvreté a atteint des sommets. Mais on a vite déchanté. L’approche vantée par le chef du gouvernement Hichem Méchichi qui a péché par un manque de communication flagrant a comme mis le feu aux poudres. Et voilà que le président de l’ARP Rached Ghannouchi en rajoute une couche en déclarant que « . “الصدقة ما تجوز الاّ ما يتززوا امّاليها”, ( l’aumône n’est valable que lorsque ceux qui la font en ont les moyens). Entendre chaque région devait d’abord trouver des solutions à ses propres problèmes avant de contribuer à la résolution des questions d’ordre national

Et voilà que la « kamourisation » s’est mise en marche. les habitants de plusieurs régions ont entamé des sint ins et fermé les sites de production. 

Pendant ce temps, le président de la République, le seul qui a été élu au suffrage universel direct et qui se prévaut de la légitimité populaire, pratique la politique de l’autruche. Comme s’il refusait de voir le danger arriver et les menaces de l’effritement de l’Etat dont il est le garant et l’unité du pays dont il est le premier responsable. Les Tunisiens se demandent d’ailleurs où est passé leur président et pourquoi il se complait dans un silence complice.

Le président doit se réveiller et  s’adresser aux Tunisiens pour leur transmettre un message d’espoir et les tranquilliser face aux menaces qui guettent le pays de toutes parts. Il doit réunir tous les partenaires politiques, économiques et sociales, autour de la même table pour tenter de s’entendre sur les contours d’une sortie de crise. Et non s'emmurer dans un silence assourdissant.

Car « quand la maison brûle, il ne faut pas regarder ailleurs ».

B.O

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