« La souveraineté économique » selon Samir Majoul

« La souveraineté économique » selon Samir Majoul

A la veille de la réunion des signataires du « Document de Carthage », prévue pour mardi 13 mars, le président de l’UTICA Samir Majoul annonce la couleur en postant sur sa page Facebook un statut sur « la souveraineté économique ».

« Un pays qui tend vers la souveraineté économique, c'est un pays où l'informel est minoritaire, car le secteur formel aura été rendu plus intéressant que l’informel : baisse des taxes, simplification des procédures administratives, accès au financement, accès aux marchés, application ferme d'une loi simplifiée, moderne et inclusive.
Un pays qui tend vers la souveraineté économique, c'est un pays où l'importateur a les incentives(motivations) nécessaires pour se transformer en producteur et où le petit producteur grandit pour exporter et s'internationaliser.
Un pays qui tend vers la souveraineté économique, c'est un pays qui gère les excédents et non les déficits, basculant ainsi le rapport de force entre les financiers et les financés.
Un pays qui tend vers la souveraineté économique, c'est un pays qui produit plus et mieux, s'ancre résolument dans l'économie du savoir afin de capter davantage de valeur ajoutée.
Un pays qui tend vers la souveraineté économique crée de l'emploi, de l'emploi réel et non fictif, et pour le créer, lever toutes les barrières à l'initiative privée et à la création d'entreprise.
Un pays qui tend vers la souveraineté économique, c'est un pays fort d'une monnaie que ses opérateurs choisissent parce qu'ils lui font durablement confiance, et non parce que le régime des changes leur impose.
Sommes-nous entrain d'avancer vers cette souveraineté économique ou de reculer ? Aujourd'hui, l'informel progresse au dépend du formel, nos comptes sont aux rouge, le producteur est tenté de se transformer en importateur, le savoir et la culture sont délaissés, et pour éviter un enfer social nous créons davantage d'emplois fictifs que réels. 
Chacun sait que cela ne pourra pas durer, et la souveraineté c'est une valeur que nous avons tous en partage, et c'est par l'ancrage de cette valeur que nous sortirons de cette situation : Comment retrouver le chemin de notre souveraineté économique ?
Comment formaliser l'informel et relancer le formel avec tous ses secteurs et salariés ?
Doper nos exportations ? 
Comment remettre nos comptes durablement au vert ? 
Comment créer de l'emploi réel et non fictif ?

La réforme, ou tout simplement la bonne gestion, le partenariat responsable entre employeurs et décideurs publics est la seule voie pour nous en sortir. 
Et la réforme, pour qu'elle ait lieu, elle n'a pas lieu d'être inspirée d'une quelconque idéologie, mais doit être ancrée sur cette simple valeur, la souveraineté, et sur cette simple question : par nos décisions ou absence de décisions sommes-nous entrain d'avancer ou de reculer sur le chemin de la souveraineté économique ?

L'Utica a été fondée en 1947, pour rassembler les privés au service d'une cause qui nous dépasse et qui nous réunit avec l'ensemble des tunisiens : la souveraineté de la patrie.
Et c'est au service de cette souveraineté que nous devons réunir l'ensemble des acteurs sociaux pour faire les réformes heureuses et sortir de la situation douloureuse d'aujourd'hui ».

 

 

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