Le recouvrement et le problème de liquidités en Tunisie

Le recouvrement et le problème de liquidités en Tunisie
 
 
A cause des effets de la crise financière à laquelle le monde fait face depuis quelques années, ainsi que la crise économique que la Tunisie connait depuis l’année 2011, l’Etat ainsi que nombre de ses sociétés (comme la STEG et la SONEDE), affichent un problème de liquidités ayant d’importantes répercussions sur son état financier, voire  sa survie.
 
En fait, ce problème trouve sa raison dans les paiements tardifs et les factures irrécouvrables. En effet,  les créances amorties de la STEG avoisinent le 1 milliard de dinars. Quant à l’Etat, 20 milliards d’euros est la dette globale moyenne de la Tunisie, soit 55 %  le taux moyen d’endettement par rapport au PIB national. 
 
Il faut souligner que les trajectoires des dettes publiques ont une tendance à la hausse sur une période longue en faisant référence aux dérapages budgétaires ayant trait à des mutations sociétales exigeant plus de richesses sans avoir effectué les réformes structurelles adéquates.
 
Dans une telle conjoncture, une question centrale suscite une réponse concrète, à savoir, comment faire face au risque de liquidité? 
 
Dans un temps  de tension,  le recouvrement de créances se manifeste comme un processus de gestion de risque de liquidité, ayant pour objet de recouvrer des sommes prêtées à des clients ne respectant pas leurs engagements.
 
Pour ce faire, une entreprise doit instaurer une politique de recouvrement à la fois rationnelle et rigoureuse en vue d’obliger les mauvais payeurs à s’acquitter de leurs obligations.
 
En fait, les entreprises font recours au crédit en tant que mode de financement suite à des négociations avec leurs clients ou fournisseurs sur les modalités de paiement en fonction de leurs capacités financières.
 
Ensuite, lors de l’étape de remboursement du crédit en fonction de l’échéancier mis en place, quelques problèmes peuvent voir le jour en raison des difficultés financières du débiteur. Ainsi, le créancier est en mesure de parvenir à un nouvel accord sur la base de négociations pour allonger les délais de paiement face à de légers retards.
 
Lorsqu’il s’agit d’une situation financière plus compliquée, le créancier procède à l’application de sa stratégie de recouvrement, ou faire appel à une société de recouvrement en vue de conclure un accord à l’amiable prévoyant des remboursements échelonnés, ou un allongement du délai de paiement avec la constitution d’une garantie, dans un objectif de permettre au fournisseur de recouvrer plus facilement sa créance en cas de défaut de paiement.
 
En pratique, en fonction de la nature des relations entretenues entre le créancier et son débiteur, la première partie est en mesure de procéder au recouvrement du crédit en appliquant une procédure qui débute par une étape précontentieuse dite «amiable» en exposant les faits, la présentation des documents, l’envoi de lettres de relance, et la conduite de négociations entre le gestionnaire  de recouvrement et le débiteur pour pouvoir parvenir à un accord amiable en vue de déterminer les modalités de remboursement du crédit.
 
De cette perspective, la médiation commerciale permet de simplifier le règlement du litige par voie extra judiciaire. En second lieu, si le règlement amiable s’avère impossible, l’étape de recouvrement judiciaire commence, et le dossier sera traité par le service contentieux du créancier, par une société de recouvrement, ou un cabinet d’avocats.
 
En temps de crise, les sociétés tunisiennes privées et étatiques sont de plus en plus sensibles à la gestion des créances, en interne ou en externe d’une façon planifiée et réfléchie. En effet, beaucoup d’entreprises tunisiennes passent par de sérieux problèmes financiers leur conduisant à faire plus rapidement au recouvrement de créances, dans une conjoncture lors de laquelle il demeure plus difficile de recouvrer une créance au profit d’une société dont les attentes sont plus importantes. 
Yemen Seibi

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