Migration : la Tunisie demande plus de soutien de l’UE pour les retours volontaires

La Tunisie a réaffirmé son « engagement indéfectible envers les principes universels de protection des réfugiés » et son attachement aux conventions internationales relatives aux droits humains et au droit international humanitaire, lors de la séance d’ouverture de la 95e session du Comité permanent du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés à Genève.
La Mission permanente de la Tunisie auprès de l’ONU a souligné les efforts déployés pour garantir des conditions adéquates d’accueil temporaire des réfugiés et renforcer les mécanismes juridiques assurant leur protection, tout en réitérant le rejet de toute forme d’installation irrégulière et en dénonçant l’instrumentalisation politique et médiatique de la question migratoire.
La délégation tunisienne a appelé à un engagement accru de la communauté internationale pour favoriser le retour des réfugiés dans leurs pays d’origine lorsque les conditions le permettent et accélérer les procédures de réinstallation dans les pays tiers, dans le cadre du principe de responsabilité partagée.
Selon le ministère tunisien des Affaires étrangères, le programme de rapatriement volontaire des migrants subsahariens en situation irrégulière a permis le retour de plus de 21 000 personnes au cours des quatre dernières années. Depuis début 2026, 1 262 migrants ont quitté volontairement la Tunisie, tandis que le gouvernement prévoit le rapatriement de 10 000 migrants d’ici la fin de l’année.
Le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a indiqué que les départs volontaires ont atteint 1 614 en 2022, 2 557 en 2023, 7 250 en 2024 et 8 853 en 2025.
Selon les autorités italiennes, 66 296 migrants sont arrivés en Italie par la mer en 2025, un chiffre stable par rapport à 2024 mais en forte baisse par rapport à 2023. La Libye reste la principale zone de départ, tandis que les arrivées depuis la Tunisie ont fortement diminué, avec 4 841 migrants contre près de 98 000 en 2023.
Tunis appelle l’Union européenne à renforcer son soutien aux programmes de retour volontaire, considérés comme la solution la plus appropriée pour protéger la dignité des migrants. Cette position a été réaffirmée par M. Nafti lors d’un entretien avec la commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, tout en rappelant que la Tunisie n’acceptera pas de devenir un pays d’installation ou de transit.
La délégation tunisienne a enfin insisté sur la nécessité d’une approche internationale fondée sur la solidarité et le partage des responsabilités face à l’augmentation des flux migratoires et aux défis liés aux conflits, au changement climatique et aux crises sanitaires.
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