Taïeb Zahar: "La santé 4.0 n’est pas une évolution, mais un changement de paradigme"

Taïeb Zahar: "La santé 4.0 n’est pas une évolution, mais un changement de paradigme"

Le coup d’envoi de la 11ᵉ édition du Forum international de la santé numérique a été donné ce vendredi 3 avril 2026 en présence du directeur général de la Santé, Walid Naija, ainsi que de représentants du ministère de la Santé, d’organisations internationales, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et de nombreux experts et acteurs du secteur.

Dans son allocution d’ouverture, Taïeb Zahar, président du Forum Médical de Réalités, a posé d’emblée le cadre : la transition vers la santé 4.0 ne relève pas d’une simple évolution, mais d’une transformation profonde des systèmes de santé.

Selon lui, la médecine entre aujourd’hui dans une nouvelle ère, marquée par un basculement progressif d’un modèle traditionnel, centré sur l’hôpital et le médecin, vers une approche plus globale, centrée sur le patient. Cette mutation s’accompagne également d’un passage d’une médecine réactive, qui traite la maladie une fois déclarée, à une médecine prédictive, capable d’anticiper les risques avant leur manifestation.

Au cœur de cette transformation, plusieurs leviers structurants s’imposent : la numérisation des données de santé, le développement de la télémédecine, l’exploitation du big data, l’intégration de l’intelligence artificielle et l’essor des objets connectés. Autant d’outils qui redéfinissent les pratiques médicales et les modes de prise en charge.

Dans cette dynamique, Taïeb Zahar a insisté sur un point central : la donnée devient désormais un véritable outil médical, tandis que la connectivité permet de réduire les distances et d’élargir l’accès aux soins. L’intelligence artificielle, quant à elle, ne se limite plus à l’assistance, mais s’oriente progressivement vers des capacités d’anticipation et d’aide à la décision.

Pour autant, cette transformation ne saurait être uniquement technologique. Elle implique également un changement culturel profond, qui redéfinit les compétences attendues des professionnels de santé. « La technologie ne remplacera jamais le médecin. Mais un médecin qui maîtrise la technologie remplacera celui qui ne la maîtrise pas », a-t-il souligné, mettant en évidence l’enjeu de formation et d’adaptation.

Le président du forum a également mis en garde contre les défis qui accompagnent cette transition, notamment en matière d’éthique, de protection des données, de souveraineté numérique et d’équité d’accès aux soins. Autant de questions qui conditionnent la confiance dans ces nouveaux systèmes.

S’agissant de la Tunisie, Taïeb Zahar a estimé que le pays dispose d’atouts réels, notamment en termes de compétences humaines et de dynamisme de son écosystème numérique. Toutefois, le véritable enjeu réside désormais dans la capacité à structurer ces ressources et à les traduire en impact concret pour les citoyens.

 

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