Tunisie : Les banques publiques font mieux que celles privées sur tous les fronts  

Tunisie : Les banques publiques font mieux que celles privées sur tous les fronts  

 

« A l’image de 2018, les banques publiques ont fait preuve d’une meilleure dynamique par rapport à leurs consœurs privées sur tous les fronts. Un bémol mérite cependant d’être soulevé : leur ratio de transformation global stagne, depuis une année à un niveau relativement élevé comparativement à la concurrence ». C’est ce qui ressort d’une analyse réalisée par l’intermédiaire en bourse, Tunisie valeurs.  

En effet, l’activité de collecte bancaire confirme sa montée en charge pour le deuxième trimestre de suite (voir graphique ci-contre). Les banques prouvent encore leur résistance face à une croissance économique en deçà des attentes et à un resserrement continu des liquidités sur le marché. L’encours de dépôts a cumulé une progression de 6,9% à 65,4 milliards de dinars, depuis le début de l’année. Les efforts de collecte ont été concentrés sur les dépôts à terme (+10,5% à 21 milliards de dinars) et les dépôts à vue (+6,5% à 25 milliards de dinars). 

La part des dépôts à vue dans la collecte du secteur reste minoritaire comparativement aux autres ressources rémunérées (38% pour les dépôts à vue contre 62% pour les dépôts rémunérés). Cette évolution atteste de la sous-liquidité du secteur bancaire et devrait, à notre avis exercer une pression à la hausse sur le coût des ressources des banques d’ici la fin de l’année.

Toutes les banques de la place ont affiché une amélioration des dépôts ce qui représente une performance en soi pour le secteur coté dans cette conjoncture difficile. ▪ 2019 s’annonce un bon cru pour les banques publiques qui ont affiché une meilleure dynamique commerciale par rapport à leurs consœurs privées. Avec une croissance cumulée de 10% à 22,8 milliards de dinars, soit 36% de la collecte bancaire (contre +6% à 42 milliards de dinars pour le secteur privé), les banques publiques confirment leur place incontournable dans le paysage bancaire tunisien.

La BH semble démarrer une nouvelle politique de collecte plus vigoureuse en 2019. La banque étatique a vu son encours de dépôts s’apprécier de 12,7%, effleurant 7,4 milliards de dinars. Cette performance a été essentiellement boostée par les dépôts à terme (+22% à près de 3 milliards de dinars). Dans les prochaines années, la BH compte poursuivre sa politique de proximité avec l’ouverture de 7 agences par an pour atteindre 171 agences d’ici 2022 et cibler davantage le segment des particuliers. La banque pourrait capitaliser sur son leadership sur le segment des crédits logement pour attirer davantage de dépôts d’épargne.

La STB confirme sa bonne dynamique commerciale et clôture le troisième trimestre sur une augmentation cumulée des dépôts de 9,3% à 6,9 milliards de dinars ; un rythme plus rapide que l’année passée. Grâce à la stratégie de relance commerciale, la collecte de la banque affiche une physionomie intéressante : une contribution des dépôts d’épargne de 42%, la plus élevée du secteur. Un atout de taille qui permet à la banque publique d’assurer une stabilité au niveau de ses ressources et d’autofinancer la croissance de ses crédits.

L’atterrissage du T3 2019 a été conforme aux promesses pour la BNA. La banque publique qui a opéré une injection de fonds propres de 167MDt cet été, a réalisé une progression de son encours de dépôts de 8,1% à 8,4 milliards de dinars. Avec une part des dépôts à vue la plus faible du secteur (29% au T3 2019), la banque étatique devrait mettre les bouchées doubles en matière de collecte pour mieux contrôler son coût des ressources (un coût facial de 5,4% à fin 2018 contre une moyenne sectorielle de 4,8%).

 

 

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