Vague de manifestations : Ces voleurs qui ont faim !

Vague de manifestations : Ces voleurs qui ont faim !

 

A l’approche du 7ème anniversaire du 14 janvier 2011, la Tunisie s’embrase ! Des régions à l’instar de Kasserine, Sidi-Bouzid,Gafsa, Djerba, Béja, La Manouba, Ariana,Tebourba, Ben Arous ...ont été le théâtre de scènes de protestation et de manifestation aux couleurs violentes. 

Encore une péripétie qui divise le pays pourtant bien fragmenté par les œuvres affligeantes des gouvernants et politiques de la place. Foyer de la discorde et des revendications suspicieuses -selon certaines voix- la Loi de Finances et plus précisément les hausses « incongrues » et « malsaines » des prix de biens de première et seconde nécessité, serait à l'origine de cette explosion.

L’inflation, en ce début d’année, a dépassé le seuil des 6%. Cela ne peut plus être toléré pour une frange significative du peuple sinon une majorité écrasante. Oui car comment tolérer que les ventres soient creux et les bourses vides par surcroît dans cette Tunisie « post-révolutionnaire » ? Cela se dit le sacrifice absolu que de souffrir pour la renaissance du pays.

Youssef Chahed, actuel chef du gouvernement, n’a-t-il pas clamé à gorge déployée qu’il faut que l’on « se tienne pour la Tunisie » ! C’est carrément devenu LE slogan de la période Chahed ! 

Chahed fustigeait la prolifération de la gangrène : corruption ! Il annonçait alors la guerre contre toute entité ayant de près ou de loin une accointance avec mère corruption. Des démarches ont, à cet effet, été entreprises et des résultats dont on dirait qu’ils sont « discutables » ont été affichés avec fierté non dissimulée dans le tableau de chasse de Chahed.
 
Mais cela n’a pas été suffisant pour vendre l’image du sauveur miraculeux et tant attendu qu’aurait, vraisemblablement, voulu avoir aussi le chef du gouvernement ainsi que ses suiveurs partisans. 

Et pour cause ! Aux premières appréciations affichées, les dispositions de la Loi de Finances afférentes aux augmentations des prix de bien de consommation courante, les ventres creux, les paumés, les laissés pour compte et les sans-emploi se sont « révoltés », encore contre le système. Ils ont, à nouveau, investi les rues et brandi les pancartes porteuses de désespoir et de déception insondables. 

Manifestations nocturnes, et actes de vandalisme ont attiré les projecteurs des plus avisés et des plus anti « anti-système ». C’est alors que des voix consciencieuses et patriotes se sont élevées en chœur pour dénoncer une tentative de déstabilisation du pays et du gouvernement en place. 

A regarder de plus près la vie que mènent les manifestants – en tous cas une bonne tranche- il sera très vite conclu qu’ils en ont fichtre rien de faire tomber le gouvernement dont le successeur ne porte pas l’insigne de la différence ni les espérances d’une gouvernance nouvelle. Ces manifestants traités de voleurs et de saccageurs en raison des actes de vandalisme ne sont pas tous des « ventres creux » qui voient en leur acte de protestation une lutte contre l’indifférence éhontée des gouvernants sept années durant. 

Les gens ont faim, les gens ne peuvent plus aspirer à une vie digne et un avenir un tant soit peu adouci. Alors les gens se révoltent et tentent tant bien que mal de dire « Non ! » à ces mesures douloureuses mais surtout injustes. Injustes car elles sont imposées dans le but de faire face à une carence criarde en matière de ressource causée par des gouvernants dont le moins que l’on puisse en dire est qu’ils sont irresponsables et égoïstes. 

Oui, les prétendants à un droit n’en ont pas à faire du mal dans l’accomplissement de leur acte. Ils n’ont pas le droit de spolier en prônant une justice à la Robin Hood. Ils n’ont pas le droit de prendre ce qui ne leur revient pas de droit et ce, quel qu’en soient les motivations se trouvant derrière leur mouvement. Ils n’ont pas le droit de proférer des menaces à l’encontre de la sécurité et de la stabilité du pays car il y va de leur patriotisme. 

Oui, ils n’ont pas une ribambelle de droits non pas parce qu’ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone mais parce que les gouvernants en ont décidé ainsi. C’est tout le moins pour le bien du pays et du peuple. 

Oui, ils n’ont pas ces droits car cela est de notoriété générale et même universelle : il ne faut pas combattre le mal par le mal. Les ventres creux ont, quant à eux, le droit de crever en silence et de ne pas déranger les gouvernants, toutes sensibilités politiques confondues, dans leur sommeil ignorant. Il ne s’agit pas d’une lutte contre le pouvoir pour se dire simplement « anti-système ». Il s’agit d’une lutte pour survivre ! 

 
Nadya B’chir 
 

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