ARP : l’absentéisme et l’indiscipline, les deux maux du Parlement

ARP : l’absentéisme et l’indiscipline, les deux maux du Parlement

 

Il est rare que les horaires de démarrage des travaux du Parlement soient respectés. Cela n’a eu lieu pendant les 4 années et demie de la législature qu’à des occasions qui se comptent sur les doigts d’une seule main. Nos (chers) députés arrivent quand ils veulent et s’en vont quand cela leur chante.

Rien n’y fait. Ni les menaces de leur retirer une partie de l’indemnité parlementaire qui n’ont été mises à exécution qu’à de rares occasions, ni les remontrances d’une opinion publique qui en a ras le bol de ce comportement qui ne fait pas honneur à des hommes ou femmes politiques ni à des quasi-fonctionnaires qu’ils sont par la force des choses.

Mais non contents d’avoir montré le mauvais chemin à une classe politique qu’il faut changer, voilà que nos élus donnent une autre dimension de leur savoir-mal-faire en prenant le chemin de l’indiscipline par rapport aux partis qui les ont fait élire.

Si on ne sait plus quel parti les a faits rois, à, cause d’une transhumance partisane qui ne cesse de donner du fil à retordre à une opinion publique ébahie et forcément mécontente, la question qui se pose est : les députés ont–ils le droit de ne pas respecter la parole donnée par leurs formations politiques lors des consensus sur les personnes.

Notre parlement, élu sur la base de la meilleure Constitution du monde (sic) a décidé souverainement que le vote sur les personnes se fasse à bulletins secrets. De la sorte, personne ne peut savoir pour qui a voté ce député ou l’autre.

Ainsi sur la base de cette trouvaille bien tunisienne, on ne pourrait faire élire une personne qu’après moult tergiversations et un parcours du combattant. D’autant qu’un autre verrou est sorti de la tête bien-pensante des initiateurs de cette Constitution : le vote pour les membres des instances constitutionnelles, car c’est là que le bât blesse doit se faire à la majorité qualifiée des trois quarts des députés soit 145 sur 217.

Déjà qu’il est difficile sinon impossible de réunir ce beau monde, comment pourrait-on en plus imaginer que 145 députés donnent leurs suffrages à des personnes quand les tiraillements partisans le disputent à l’indiscipline des élus.

Ainsi sous l’empire de cette Assemblée des représentants du Peuple, si on exclut le vote sur le président et les membres de l’ISIE, une opération qui s’est faite aux forceps dans les conditions que l’on sait, aucune des instances constitutionnelles n’a vu le jour pour les tares que l’on vient de souligner.

Le dernier en date est le vote sur les membres de l’Instance de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption. Bien que les représentants des blocs soient parvenus à un consensus sur les 9 membres à choisir et malgré la présence, rare de plus de 150 députés dans l’hémicycle aucun membre de ladite instance n’a eu les 145 voix indispensables pour y siéger. Le pire c’est qu’il s’est trouvé des députés à voter blanc ou dont le suffrage a été annulé.

Comment dans ces conditions espérer que la Cour Constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays puisse voir le jour ? Notre classe politique est à changer de fond en comble, cela est certain. Mais la Constitution doit être amendée pour que des circonstances pareilles ne puissent plus se reproduire.

Ce qui vient de se passer est pour le moins scandaleux, mais nos (chers) députés ne semblent pas en être conscients.

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