Bonne fête Mesdames, le combat pour l’égalité des droits continue

    Bonne fête Mesdames, le combat pour l’égalité des droits continue

 

La Tunisie célèbre non pas une, mais deux fois ses femmes  dans l’année: le 8 mars (journée internationale des Droits de la Femme)  et le 13 août, à l’échelle nationale pour célébrer le Code du statut personnel (CSP).

Le 8 mars n’est pas la journée de la femme mais surtout la journée internationale pour les droits des femmes. C’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de revendiquer l'égalité et de faire un bilan sur la situation des femmes dans la société

S’il nous appartient de faire avancer les droits des femmes, chacun et chacune dans nos pays, nous savons bien que ce combat est aussi profondément internationaliste, fondé sur une solidarité qui ne s’arrête pas aux frontières.

C’est pourquoi je voudrais d’abord que nous ayons toutes et tous une pensée à toutes les femmes modernes du monde entier qui mènent le combat contre les violences, les injustices, l'obscurantisme et la soumission. La femme est le meilleur de l'Homme et son avenir.

La Femme Tunisienne aux premières loges des combats nationaux

Présentes aux premières loges lors du combat pour l’indépendance, dans la construction de la Tunisie moderne et lors de la Révolution qui a chassé Ben Ali, les femmes tunisiennes dont le statut avant-gardiste a toujours été  considéré comme un cas à part au Maghreb, dans les pays arabes redoutent sa remise en cause et mis en danger par les islamistes qui veulent la renvoyer au foyer et à la soumission.

Suite aux nombreux évènements qui ont endeuillé et bouleversé la Tunisie, les tentatives de faire reculer les  droits de la femme, le 8 mars sera encore une fois l’occasion de faire entendre sa voix. Mais au-delà de ce symbole, il s’agit d’un message adressé à tous ceux qui doutent encore aussi bien de la  volonté de la femme tunisienne que de ses capacités à affronter tous les défis actuels et à venir.

Dans ce geste héroïque, se mêlent le courage, la ténacité et l’amour de la patrie qui sont autant  de qualités que possède la femme tunisienne. Celle-ci  doit plus que jamais être considérée comme un acteur politique économique et social à part entière, ayant les mêmes droits et les mêmes devoirs que  l’homme, particulièrement dans cette période de reconstruction du pays.

La femme Tunisienne et la décision politique ?

Historiquement, les femmes ont été tenues à l’écart des instances du pouvoir. Même si ce constat de la sous-représentation des femmes en politique est aujourd’hui largement partagé et déploré, la politique reste un univers largement dominé par les hommes, que ce soit au niveau local ou national.

Car la « domination masculine » en politique ne va pas de soi. L’absence de représentation égale des femmes et des hommes dans le processus de prise de décision politique est une violation du droit fondamental à l’égalité hommes/femmes.

Encore aujourd’hui, les femmes doivent affronter une multitude d’obstacles pour entrer en politique. Des études expliquent la sous-représentation des femmes par des entraves structurelles causées par des pratiques discriminatoires :

·         Les barrières socioculturelles : poids des préjugés et perceptions culturelles concernant le rôle des femmes ;

·         Le fonctionnement des partis politiques : manque de promotion des candidates, difficulté à obtenir une position éligible ;

·         Le système électoral qui limite le renouvellement du personnel politique.

Là où se concentre le pouvoir et les influences, les préjugés ont la vie dure. Les femmes ne seraient pas assez ambitieuses, n’auraient pas les qualités requises pour être de bons politiques nous expliquent les hommes politiques tenants le pouvoir.

Détenant le taux de participation le plus élevé de femmes au parlement dans le monde arabe, la Tunisie a reçu le prix du Forum mondial des femmes parlementaires au titre de l’année 2015. L’Assemblée des Représentants du Peuple compte 67 femmes sur un total de 217 députés soit un taux de 30,88% qui représente le taux le plus élevé dans le monde arabe mais aussi en Afrique. Le gouvernement  Youssef Chahed compte 8 femmes (6 ministres et 2 secrétaires d'Etat) sur 41. Ca fait presque les 20% !!! On est encore loin de la parité parfaite.

Si l’objectif fixé par la constitution est une représentation paritaire, qui s’accomplisse naturellement par la voie de l’élection, vu les chiffres, je demeure convaincu qu’il ne suffit pas d’attendre l’évolution des mentalités et des habitudes. Il faut imposer les quotas obligatoires faute de quoi le parti fautif sera déclaré illégible.

Il nous semble que la représentation paritaire des femmes et des hommes à la vie politique est l’un des fondements de la démocratie. Il ne saurait y avoir de démocratie sans un véritable partenariat entre hommes et femmes dans la conduite des affaires publiques où hommes et femmes agissent dans l'égalité et la complémentarité, s'enrichissant mutuellement de leurs différences. Et sa réalisation est une question de volonté politique.

Les partis politiques devraient prendre conscience que les femmes constituent une clientèle électorale importante, dont il est nécessaire de prendre en compte les préoccupations et qu’il convient d’associer aux postes de prise de décisions.

Mesdames ne vous laissez pas voler votre place dans les cercles de décision politique. On n’a rien sans rien. La révolution, une chance pour les femmes Tunisiennes. Chacune de vous est la Tunisie.

Chacune de vous est la mère patrie. Vous êtes la fierté et l'avenir de la Tunisie.  

Bonne fête à vous Mesdames. Le combat pour l’égalité des droits continue.

A.Klai

 

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