Hezbollah « organisation terroriste » : La position officielle en porte à faux par rapport à « la position populaire »

 Hezbollah « organisation terroriste » : La position officielle en porte à faux par rapport à « la position populaire »

 

L’approbation par la Tunisie de la célébration du conseil des ministres  arabes de l’intérieur au cours de sa réunion à Tunis, mercredi 2 mars 2016, déclarant le parti libanais Hezbollah, « une organisation terroriste »  a été vivement critiquée par la société civile et plusieurs partis politiques. Dans une déclaration commune, rendue publique jeudi 3 mars, plusieurs organisations et associations considèrent que cette décision s’inscrit dans le prolongement de l’agression internationale contre la Nation arabe et la mise en œuvre d’un agenda impérialiste visant les forces de résistance nationale.     
C’est, aussi, une réaction à la résistance menée par Hezbollah 
dans la guerre injuste contre le Yémen et la Syrie, ont-elles estimé. Elles appellent, à cette occasion, toutes les forces en Tunisie et dans le monde arabe à rejeter cette décision et à assumer leurs responsabilités.
La place de la Tunisie ne peut être qu’aux côtés de l’ « axe de la résistance », celui qui, réellement, combat « le terrorisme takfiriste et sioniste ». 
Elle ne peut, en aucun cas, être partenaire de « l’axe de l’agression contre la Nation et ses forces de résistance nationales ».
Les signataires rappellent les sacrifices consentis par Hezbollah dans la lutte contre le terrorisme sioniste, relevant qu’aujourd’hui, il participe, activement, dans la résistance contre l’agression internationale sur la Syrie.
Les signataires sont :
- Parti Al-Ghad
- Comité national de soutien à la résistance arabe et de lutte contre la normalisation avec le sionisme 
- Ligue tunisienne pour la tolérance
- Forum international de la jeunesse contre le sionisme, le racisme et l’impérialisme
- Rassemblement arabe islamique de soutien à la résistance
- Le Forum Est-Ouest 

Dans la politique des axes
Par ailleurs, plusieurs partis politiques ont rejeté la position de la Tunisie appuyant la décision du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur de classer le parti libanais « Hezbollah » comme organisation terroriste.
Le Mouvement Echaâb s’est dit catégoriquement opposé à la voie empruntée par la diplomatie tunisienne qui, a-t-il estimé, s’est embourbée à nouveau dans la politique des axes.
Cette politique compromet les intérêts des peuples arabes et sert explicitement le projet sioniste, a-t-il regretté.
Qualifiant la position tunisienne de «honteuse », le parti de l’Alliance démocratique a, quant à lui, jugé imprudent de confier la politique étrangère de la Tunisie à la coalition au pouvoir, a-t-il déploré, l’a concédée à des forces régionales « conspiratrices » qui cherchent à semer la discorde sectaire et à diviser la Nation.
A cet égard, l’Alliance a appelé l’opposition à faire face à la coalition au pouvoir qui tend à impliquer la Tunisie dans des axes suspects agissant au nom de la guerre contre le terrorisme.
Le parti Ettakatol s’est déclaré, de son côté, opposé à la soumission « aveugle » de la Tunisie aux décisions du Conseil de la coopération du Golfe (CCG) et son implication dans un conflit sectaire wahhabite/chiîte, en faisant fi des constantes de la diplomatie tunisienne.
A ce propos, il a appelé le pouvoir exécutif à restaurer le prestige de la diplomatie tunisienne qui, a-t-il dit, est connue pour ses positions souveraines, solennelles et pondérées.
Le parti Al-Jomhouri a, pour sa part, dénoncé la décision des ministres arabes de l’Intérieur, y compris le ministre tunisien, de classer le parti libanais de Hezbollah comme organisation terroriste, alors qu’il est le seul mouvement qui fait face au terrorisme nourri par les sionistes et Daech.

Revenir sur la position de la Tunisie
Cette décision représente une soumission aux « politiques déséquilibrées » des pays du Golfe et risque de compromettre la sécurité de la nation arabe, a-t-il indiqué, appelant à ce propos, le gouvernement tunisien à réviser sa position à ce sujet.
Pour le parti du Courant populaire, la décision de classer Hezbollah comme organisation terroriste vient dissoudre le peu qui reste du régime officiel arabe et annoncer la fin du pouvoir de décision arabe désormais totalement soumise à l’ennemi sioniste et à ses alliés.
Le Courant populaire a appelé les forces progressistes arabes à dénoncer cette décision et à œuvrer à son annulation, dans la mesure où elle représente un tournant dangereux dans l’histoire du conflit arabo-sioniste et ouvre la voie vers l’élimination de toutes les forces anti-sionistes.
Tout en rejetant la position du gouvernement tunisien qui s’oppose aux valeurs de la révolution tunisienne et aux principes de la Constitution, le Courant populaire a affirmé que la Tunisie de la révolution ne peut être que dans le camp s’opposant à l’ennemi sioniste.
De son côté, l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) a exprimé, hier, son opposition à cette décision.
Cette décision qui n’est qu’«une soumission au diktat sioniste», est une grave atteinte à la lutte nationale, a souligné l’organisation syndicale, dans un communiqué.
L’Ugtt a, à ce propos, appelé le gouvernement à revenir sur sa position qui conduit la Tunisie à s’immiscer dans des affaires qui ne servent ni son intérêt ni celui du monde arabe, soulignant, la  nécessité de former un front national pour faire tomber cette décision.
Le gouvernement tunisien post-révolution est censé ne pas  adopter la position officielle arabe qui a «toujours obéi à des agendas politiques extérieurs», indique la même source, affirmant que seuls l’intérêt du pays et la défense des causes justes telles que le droit du peuple palestinien à l’autodétermination doivent primer.

Avec TAP

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