La Bourse de Dubaï en hausse pour la première fois depuis la crise
La Bourse de Dubaï a fait un bond de 7% jeudi, au terme d'une séance très agitée, finissant dans le
vert pour la première fois depuis l'annonce des difficultés financières de l'émirat le 25 novembre, grâce à l'envolée des actions du géant immobilier Emaar.
Le marché boursier a fermé en hausse de 107,4 points à 1.640,76 points. Les actions d'Emaar ont grimpé de 14,84%, soit près du maximum autorisé qui s'élève à 15%.
Le groupe a profité de l'annonce mercredi de l'annulation de son projet de fusion avec la société publique Dubai Holding.
"Nous estimons qu'il s'agit de nouvelles positives pour Emaar", a affirmé dans un communiqué la banque régionale d'investissements EFG-Hermes. "Avec l'annonce de l'annulation de cette fusion, un grand degré d'incertitude et de menaces (...) s'est dissipé", selon la banque.
Emaar, promoteur de certains des plus grands projets de Dubaï, a expliqué que le projet de fusion était "économiquement irréalisable pour le moment". La société avait commencé à ressentir les effets de la crise financière mondiale dès la fin 2008.
L'agence de notation Standard and Poor's Corp avait abaissé dès le 26 novembre les notes d'émetteur de dette de six sociétés gouvernementales de l'émirat de Dubaï, dont Emaar et la compagnie d'eau et d'électricité (DEWA) au rang d'investissements spéculatifs.
La Bourse de Dubaï a connu de fortes fluctuations au cours de la journée, de jeudi accusant une baisse de près de 4,5% peu après l'ouverture avant de se reprendre pour progresser.
Elle avait fermé mercredi en baisse de 6,39%, perdant depuis l'annonce des difficultés financières de Dubaï tous les gains accumulés depuis le début 2009.
Depuis l'annonce par les autorités de Dubaï de sa demande d'un moratoire de six mois sur la dette du conglomérat Dubai World, qui s'élève à 59 milliards de dollars, la Bourse n'a pas cessé de plonger, à l'exception d'un seul jour, dimanche, où elle avait connu une légère hausse de 1,18%.
Les actions d'Emaar avaient chaque jour dégringolé, souvent de plus de 9%, alors que le maximum de baisse autorisée à la Bourse de Dubaï avant la suspension d'une valeur est de 10%.
La société, détenue partiellement par le gouvernement de Dubaï, est le promoteur de Burj Dubai, un gratte-ciel qui culmine à plus de 800 mètres, dont l'inauguration, initialement prévue en 2008, a été repoussée au 4 janvier 2010.
Par ailleurs, la compagnie d'eau et d'électricité de Dubaï a démenti dans un communiqué les informations de presse selon lesquelles elle serait "en défaut de paiement" et affirmé que ses créanciers n'avaient pas demandé à être payés avant terme.
Le Financial Times avait affirmé que la compagnie pourrait avoir à rembourser ses créanciers avant 2036 comme prévu, et qu'elle aurait à les rembourser dès le 14 décembre.
Le 14 décembre est la date à laquelle des obligations islamiques d'une valeur de 3,5 milliards du géant immobilier Nakheel, l'une des compagnies en difficulté de Dubai World, viennent à maturité.
Dubai World a annoncé le 30 novembre qu'il allait restructurer certaines des 10 compagnies composant le groupe, dont Nakheel, et renégocier avec les créanciers leur dette d'une valeur de 26 milliards de dollars.
Ailleurs dans la région du Golfe, les autres Bourses ont connu une légère amélioration: celle de Qatar a fermé en hausse de 1,19%, celle de Koweït en hausse de 0,21%, alors que le marché boursier saoudien était fermé pour le week-end.