La France et la FAO renforcent leur partenariat

La France et la FAO renforcent leur partenariat

(Crédit photo France Diplomatie: De gauche à droite:  José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO et Jean-Yves Le Drian, Ministre français de l’Europe et des affaires étrangères)

La France et la FAO viennent de redonner plus de vigueur à l’agenda de leur collaboration en plaçant le changement climatique, l’agriculture durable, l’éradication de la faim, le développement rural et l’utilisation efficace des ressources naturelles au centre de leurs actions stratégiques pour les prochaines années. 

En marge du «One Planet Summit» qui se tient à Paris, le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva et le Ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, doivent parapher un nouvel accord-cadre relatif à la coopération entre les deux parties jusqu’en 2021.

«L’élimination de la faim est une exigence de base pour atteindre les objectifs de développement durable mondiaux et ceci ne peut se réaliser que si nous relevons les défis que le changement climatique pose à l’agriculture et à la sécurité alimentaire», souligne  Graziano da Silva.

Et d'ajouter «Protéger la biodiversité, réduire le gaspillage et les pertes alimentaires, conserver et restaurer la fertilité des sols, créer des opportunités d’emplois décents dans les pays en développement sont autant d’éléments auxquels nous devons nous attaquer et qui nécessiteront des partenariats cohérents et intégrés et, surtout, des partenaires forts». 

Graziano de Silva participe, aux côtés de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, du Secrétaire général de l’ONU et du Président de la Banque mondiale, à ce Sommet de haut niveau sur le climat voulu par le Président français M. Emmanuel Macron. Cette réunion intervient deux ans, jour pour jour, après la conclusion, lors de la COP21, de l’Accord de Paris. Il y a deux ans, la communauté internationale avait pris des engagements concrets pour contenir la température sous le seuil de deux degrés d’ici à la fin du siècle.

Le «One Planet Summit» du Président Macron vise à accélérer les mesures concrètes sur le climat tout en encourageant et habilitant les gouvernements, les Nations Unies et les organisations à déployer des solutions aussi rapidement que possible. 

Il complète le message de la FAO selon lequel une action rapide pour aider les pays en développement pauvres à s'adapter au changement climatique et en atténuer les effets constitue un investissement essentiel pour le Programme de développement durable à long terme et notamment l’objectif d’élimination de la faim d’ici à 2030. 

Votre commentaire

  • Soumis par Jean-Pierre CANOT le 14 Décembre, 2017 - 18:45
    Il y a quelques années jacques Diouf, Directeur Général de la F.A.O n’arrêtait pas de clamer haut et fort : « Nous ne sortirons de la famine qu’en aidant ces pays à assurer en priorité leur autosuffisance alimentaire ». Au lieu de faire cela par le développement du secteur primaire, ce qui permettrait aux populations de vivre dignement dans leurs meubles et dedans le respect de leur culture, nous avons depuis les indépendances recherché dans ces pays des marchés permettant d’assurer notre sacro-sainte croissance, en qualifiant au besoin ce qui était fait avant, dans le sens préconisé par Jacques Diouf, de crime contre l’humanité. Voilà enfin que la France et la F.A.O entendent placer au centre de leurs actions pour les années à venir : le changement climatique, l’agriculture durable, l’éradication de la faim, et le développement rural. Le seul problème est que cette déclaration de circonstance intervient au moment où l’on risquerait en France de porter gravement atteinte à l’environnement et à l’agriculture si l’on décidait de poursuivre le projet de Notre Dame des Landes. Cela signifierait donc pour l’Aide au Développement en Afrique : « Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais ». Mais il y a plus grave dans cette déclaration, elle intervient en effet quelques jours après que le Président de la République ait posé la première pierre du métro d’Abidjan, réalisé par des seules entreprises françaises, grâce à un financement de la France de 1,4 milliard d’euros, représentant 45 % de notre Aide Publique au Développement , pour toute l’Afrique, de l’année record 2015. Ce projet qui rappelle Notre Dame des Landes et qui permettra d’améliorer la mobilité dans une ville de 5 millions d’habitants soit plus de 20% de la population du pays, ne peut que favoriser l’exode rural. Cet énorme financement qui eut été mieux utilisé dans le secteur indispensable et prioritaire de l’agriculture, conduira donc à en accélérer la disparition et accroitre la situation de famine. C’est une Sénégalaise, menant un combat impossible pour développer de petites exploitations dans la vallée du fleuve, qui écrivait en 2006 : « En Afrique les projets de lutte contre la pauvreté appauvrissent les populations ! ».